Comité d’accueil pour l’Antéchrist – Le Jour de la Bête (Alex de la Iglesia, 1995)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens en ce jour avec une nouvelle chronique cinéma. Avec la dernière, qui revenait sur un bijou d’humour noir, j’ai réfléchis à quelque chose de sombre et drôle. Je pensais attendre l’été et la période des vacances pour parler de la Famille Adams, aussi j’ai choisi un film… un peu particulier, avec un humour des plus sombres, qui me fait toujours beaucoup, beaucoup rire.

Il s’agit de l’inimitable Le Jour de la Bête d’Alex de la Iglesia, sorti en 1995. Évidemment, comme j’étais un peu jeune lors de sa sortie, je ne m’en suis pas vraiment préoccupée à l’époque, pas plus que mes parents, plus portés S.F. et action à ce moment-là. Je vous invite donc à suivre les péripéties d’un prêtre qui décide de faire barrage à l’arrivée de l’Antéchrist…

  • Piéger le diable

Le père Ángel Berriartúa (Alex Angulo) a réussi à décrypter la date de naissance de l’Antéchrist: celle du 25 décembre 1995. Afin de s’attirer les faveurs du Diable pour mieux le piéger et empêcher la naissance de son enfant, le prêtre décide de faire le plus de mal possible. Pour l’aider dans sa quête, il fait appel à José Maria (Santiago Segura), un fan de death metal et d’esthétique bien sombre, afin de kidnapper le Professeur Cavan (Armando de Razza) faux médium vedette d’une émission de télé, et entamer un rituel d’invocation. À eux trois, ils recherchent le lieu de naissance de l’Antéchrist dans les rues de Madrid…

Cependant, cette nuit de Noël va s’avérer beaucoup plus mouvementée que prévue!

  • Des rebondissments rocambolesques

Sorti dans les années 1990 qui on vu de nombreuses superproductions d’aventures, d’action ou de S.F, Le Jour de la Bête est un véritable OVNI du cinéma, récompensé du Grand prix du jury au Fantastic’Arts de 1996. Les rituels sataniques montrés dans le film ont d’ailleurs valu au réalisateur des menaces de divers groupuscules satanistes…

Nos trois compères en vadrouille dans Madrid – Source: AlloCiné

Mais Le Jour de la Bête vaut surtout pour son ambiance si particulière entre quotidien de gens simples et phénomènes extraordinaires. Le film début d’ailleurs sur un comique de situation cartoonesque qui n’aurait rien à envier au premier chapitre de La Stratégie du Bouffon de Serge Lentz (l’un des protagonistes meurt dans son sommeil le crâne fendu par le crucifix accroché au-dessus de son lit – excellent roman, au passage), lorsqu’un confrère du père Ángel meurt aplati sous une croix qui s’écroule d’un autel. Le scénario enchaîne d’ailleurs les situations rocambolesques, et les gags sombres: qu’il s’agisse de nos trois lascars suspendus au-dessus du vide, tentant de trouver une vierge pour son sang, ou retenant prisonnier le professeur Cavan pour l’obliger à participer en des rites auxquels il ne croit pas… J’ai un goût prononcé pour les passages ou le père Ángel fait le mal, ne serait-ce qu’on poussant juste, l’air de rien, un type debout sur une rambarde pour le faire tomber. Et là encore, hormis la scène du vide, pas de décor spectaculaire style crypte ou église en ruines, nos personnages évoluent dans la rue, les bars repaires de la faune nocturne madrilène ou simples appartements de gens normaux.

Si le fond de l’histoire s’inscrit dans un quotidien somme toute assez réaliste malgré une galerie de personnages secondaires hauts en couleurs (je pense notamment à la mère de José Maria), nos protagonistes ne sont visiblement pas dans leurs petits souliers. En effet, il est très vite évident pour le spectateur qu’ils ne sont pas bien méchants et que faire le mal n’est pas sans leur poser de petits soucis. Le père Ángel, par exemple, est tout sauf le genre de cureton qui va vous terrifier avec force gesticulation et grands discours sur l’Enfer à la messe, mais plutôt un type timide et sympathique, inoffensif en temps normal, ce qui explique ses quelques loupés dans sa tentative d’être méchant. José Maria est un peu l’archétype du métalleux vaguement brutasse et surtout primaire, en réalité une sorte de gros nounours pas hyper malin qui vit chez sa maman au caractère bien trempé qui joue facilement du fusil. Quant au dernier, le professeur Cavan, s’il est un charlatan et peut-être un peu plus tordu que les autres, mais cette nuit de Noël va remettre en cause ses convictions, jusqu’à en faire un membre réellement actif du trio!

Le père Ángel – Source: Imdb.com

Enfin, le film ne se départ pas d’une certaine noirceur, puisqu’il ne faut pas perdre de vue le but de nos personnages. L’apparition du Diable, notamment, si elle est simple, n’en reste pas moins efficace et étonnante, vaguement inquiétante, par sa simplicité. C’est d’ailleurs l’un des moments-clé du film, à prendre à plusieurs niveau, car si l’on peut y voir du fantastique, d’autres disent que notre prêtre et ses deux acolytes sont en fait sous acide et tripent complètement. Ceci dit, il n’en reste pas moins que le sujet du film et les objectifs de nos trois compères, donnent lieu à des scènes quelques fois horrifiques flirtant avec le surnaturel…

  • Conclusion – À redécouvrir

Et voilà, après des blockbuster comme Stargate ou Le Cinquième élément, ou la comédie fantastique La Mort vous va si bien, je vous ai encore une fois ramenés dans les glorieuses années 1990 – ça ne me rajeunit pas, au passage – pour un film complètement barré et bien loin des canons hollywoodiens, où trois bras-cassés un brin crédules décident de sauver le monde. Inutile de vous répéter à quel point je me régale à chaque visionnage devant ce film d’une drôlerie sombre, d’une causticité assez rare.

Je vous laisse donc avec son intrigante bande-annonce, et je vous souhaite une excellente découverte de ce film à l’univers décalé qui, que vous adoriez ou détestiez, aura au moins le mérite de ne pas vous laisser de glace, et de vous changer les idées après les grosses machines que je vous ai présentées récemment! 🙂

Je vous dis à très bientôt pour de nouvelles chroniques, et je vous souhaite une excellente fin de semaine.

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Le Jour de la Bête (El día de la bestia)
Année de sortie: 1995
Réalisation: Alex de la Iglesia
Origine: Espagne, Italie
Durée: 1h43
Distribution: Alex Angulo, Santiago Segura, Armando de Razza…

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

8 réflexions au sujet de “Comité d’accueil pour l’Antéchrist – Le Jour de la Bête (Alex de la Iglesia, 1995)”

    1. Pour le coup, c’est vraiment dark. Du même réalisateur, je te conseille également « Mes chers voisins »: ce n’est pas du fantastique, mais c’est un bijou d’humour noir. Je crois qu’il est encore plus drôle que « Le Jour de la Bête ». 🙂

      Aimé par 1 personne

  1. Je ne connaissais pas du tout ce film, et pour te dire la vérité j’ai hésité à ouvrir ce billet, vu le titre… mais je ne regrette pas, car apparement c’est plein d’humour noir! bref, merci pour cette découverte 🙂

    Aimé par 1 personne

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