Un merveilleux cauchemar – Faërie (Raymond E. Feist)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Me revoici en ce début de semaine avec une chronique livre digne de ce nom. 🙂 Elle est un peu particulière car cette dernière lecture ne faisait pas partie de ma PAL personnelle.

Il y a peu, j’ai eu comme une panne de lecture, et je ne parvenais à accrocher à rien au bout de six-sept chapitres… J’ai fait une pause jeunesse avec les Livres des Merveilles, et me suis à nouveau tournée vers la magie avec Faërie, signé Raymond Elias Feist, emprunté à mes parents. Ils m’en parlaient depuis longtemps déjà. J’ai donc pensé qu’au vu de mon état d’esprit du moment, un roman fantastique made in the 1980’s ne pourrait que me faire du bien…

  • D’Hollywood à la colline des fées

Phil Hastings, scénariste à Hollywood et auteur d’une série de films à succès, décide d’acheter une vieille ferme vers Pittsville, afin de mener une vie plus tranquille et de se remettre à l’écriture d’un roman. Il s’y installe avec Gabrielle, sa fille aînée issue d’un premier mariage, Gloria, sa seconde épouse et leurs jumeaux Sean et Patrick. Cette nouvelle existence se révèle des plus agréables et a de quoi plaire à chacun: Phil apprend en effet que non-loin de là vit Agatha Grant, son mentor à l’université, et son assistant Jack, thésard qui tape dans l’œil de la jolie Gabrielle, ainsi que l’expert en folkore Mark Blackman qui a des projets dans la région. Les jeunes jumeaux s’amusent au grand air et ne tardent pas à s’intégrer aux activités des autres enfants.

Cependant les jeunes garçons ne tardent pas à éprouver une vague impression de menace, et même une terreur sans nom lorsqu’une « Chose noire » visite leur chambre… Tandis que leur demi-sœur, la belle Gabrielle, attire l’attention de créatures lubriques dans les bois alentours. Les Hastings apprennent en effet que leur demeure se trouve près d’une colline aux fées. Ils vont être confronté à un monde aussi cruel que merveilleux, qu’ils ne pensaient être que légendaires…

  • Noirceur et enchantements

Je me suis un peu renseignée sur l’ouvrage avant de m’y mettre. Raymond Elias Feist est surtout connu pour son œuvre en fantasy, notamment les Chroniques du Krondor. Faërie est son seul roman purement fantastique, paru en 1988 aux États-Unis – bien qu’à mon sens le monde féérique dépeint s’apparente aussi à la fantasy. Mais bon, ça passe quand même bien auprès de moi qui ne suis pas fan de ce genre littéraire. 🙂 La seule et unique question que j’aie posée à ma mère avant de me lancer: « On retrouve bien l’esprit fantastique des années 80 que j’affectionne? » Réponse de Maman: Oui. Ma pensée du moment: YES! 🙂

J’ai malheureusement un peu trainé en route car j’étais occupée autrement, mais une fois dedans… Oh lala! 🙂 Pourtant, de prime abord, le schéma est plutôt classique: une famille qui s’installe dans un nouvel endroit pour changer de vie, souvent des urbains bien branchouille dans une ville d’Amérique profonde, et qui se heurte à des phénomènes étranges. Genre fantômes dans une maison où les anciens occupants ont été assassinés, trésor, cimetière indien… Et pourtant ici, l’ambiance est assez différente. Cela est dû à la fois aux personnages nombreux et aux personnalités variées, et au lien avec la mythologie féérique et celtique.

  • Les personnages et leur appréhension du surnaturel

Tout d’abord, les personnages principaux sont assez nombreux. Je ne sais pas s’il est possible, dans cette histoire, de parler de personnages secondaires tant chacun apporte sa petite touche à l’histoire – peut-être Jack, l’amoureux de Gabrielle, un bon gars certainement pas trop couillon, mais surtout occupé à aider sa belle, et à préparer ses oraux de thèse. En effet, cette diversité apporte toute une variété d’enjeux quant aux relations qui lient ces différents protagonistes, et quant à leurs points de vue par rapport aux  phénomènes extraordinaires en cours.

Nous avons d’un côté les savants tels que Phil lui-même, rationnel, Agatha Grant, Mark Blackman et leurs assistants Jack et Gary, qui raisonnent en termes de folklore: Blackman travaille sur le défunt habitant de la maison des Hastings, Kessler, dont le père était arrivé d’Allemagne aux États-Unis au XXe siècle, juste après une série de phénomènes étranges dans sa région natale, assimilés à un retour des cultes païens. Il reste persuadé que d’intéressants secrets restent à découvrir dans la maison, où la famille Hastings l’invite à faire l’inventaire de la bibliothèque. On se doute que ces personnages rationnels vont avoir le choc de leur vie lorsque vont se dérouler des événements qu’ils ne pensaient pas être vrais!

Nous avons les personnages plus hésitants. C’est le cas de la jeune et jolie Gabrielle, victime d’une tentative de viol par une créature enchantée qui en veut à sa beauté, et de Gloria qui ressent l’angoisse de ses deux fils. Je pense que ce n’est pas par hasard si cette femme est originaire d’Irlande, comme si son esprit se rappelait certaines croyances, et ne pouvait, par principe, écarter les menaces surnaturelles.

Enfin, nous avons les « croyants », comme le vieux Barney Doyle, Irlandais de souche émigré aux États-Unis des années auparavant, persuadé d’avoir déjà vu le « Bon Peuple » – fées, lutins, etc… Si Agatha, qui le connaît car c’est un peu le bricoleur du coin qui répare tout, ne le croit pas parce qu’il boit, elle considère le vieil homme comme inoffensif. Aussi personne ne voit d’objection à ce que les jeunes jumeaux Hastings, Sean et Patrick, lui rendent visite pour entendre ses histoires sur les êtres surnaturels. Tous deux âgés de huit ans, les deux garçons perçoivent un danger dès le début du roman, une présence menaçante sous le pont du Troll derrière chez eux. Sans doute est-ce dû à leur jeune âge et à leur innocence qui les rend plus réceptif. Chacun a sa manière d’appréhender le danger: Patrick, fier-à-bras qui préfère l’ignorer et qui souhaite se venger de la « Chose noire » qui s’en prend à lui, et Sean, plus craintif et sensible que son frère, mais qui va trouver en lui-même une force insoupçonnée pour affronter ses peurs.

  • Le monde des fées

Car tous nos protagonistes vont connaître la peur à un moment ou à un autre. Qu’il s’agisse des membres de la famille Hastings ou de leurs voisins si cultivés, la confrontation avec le monde des fées, aussi merveilleux que cruel, va être assez brutale, entre agressions, tentative de viol et autres joyeuseté. Les Hastings vont croiser des êtres surnaturels, d’une dangereuse beauté, nimbés d’une odeur de fleurs et d’épices très perturbante pour nos mortels. J’ai d’ailleurs trouvé ce détail très original, assez envoûtant: qu’il s’agisse de l’homme si sexy que croise Gabrielle dans les bois ou de l’adolescent qui tente de la violer, ou encore de « l’Homme Lumière » connu sur le nom du Fou ou du Roi des Elfes. 🙂

Le but de cet être à l’armure étincelante et au heaume couronné d’andouillers, et de ses servants comme la « Chose noire », est juste de répandre leur propre noirceur, en pervertissant les mortels par la torture, comme c’est le cas pour Gabrielle qui sera couverte de brûlures et de plaies suite à son agressions, pour Patrick violemment griffé par la « Chose noire ». Les deux petits garçons sont les cibles privilégiées des créatures maléfiques car totalement innocents, d’un point de vue aussi moral que physique, et le Fou n’aura de cesse de provoquer en eux des désirs qu’ils sont normalement trop jeunes pour éprouver. C’est d’ailleurs assez dérangeant.

Ceci dit, cet univers n’est pas exempt d’une certaine beauté. Les fées apparaissant dans un endroit du monde différent tous les six mois, le 1er Mai et le 1er Novembre, avec leurs cours et leur bestiaire, bon ou mauvais. Une scène est particulièrement magnifique, celle où Mark, l’universitaire, se lance dans les bois à la poursuite de celui qu’il croit être l’agresseur de Gabrielle, assiste à une cavalcade bien particulière: des cavaliers aux armures magnifiques, montant des chevaux blancs iridescents, et dont les heaumes ont la forme d’animaux… leur chef n’étant autre que le Fou coiffé d’une tête de cerf. Mais je ne peux vous en dire plus sans vous gâcher le plaisir de la découverte… 🙂

  • Conclusion

Que vous dire, si ce n’est que je suis conquise? J’ai passé avec Faërie un très agréable moment de lecture, car cette histoire m’a vraiment passionnée. Entre noirceur et merveilles parfois oniriques, le courage et la débrouillardise des petits jumeaux, je me suis régalée.

Cela peut paraître étrange, mais j’imaginerais assez une adaptation de ce livre sous la forme d’une mini-série, et ambiance eighties oblige, tournée un peu à la façon de Stranger Things. D’ailleurs, je pense que quelque part, les amateurs de la série se retrouveraient dans l’esprit du livre, bien que l’on soit plus dans le féérique et et les sociétés secrètes que dans les expériences qui tournent mal. Je recommande également cet ouvrage aux amateurs de fantastique en général.

J’espère sincèrement vous avoir donné envie de découvrir Faërie, et je vous dis à très bientôt pour de nouvelles chroniques et créations! (Au passage, ça y est, j’ai reçu mon diplôme de graphiste! 😉 Espérons que ça va porter bonheur cette fois-ci!)

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal pour l’accompagner: Un tschaï bien épicé pour que le monde des fées vous chatouille littéralement les narines et vous brûle un peu la gorge…

Titre: Faërie
Auteur: Ramond Elias Feist
Editions: Bragelonne
Collection: 10 ans
460 p.
Parution: Juin 2015
Prix: 17,50 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

6 réflexions au sujet de « Un merveilleux cauchemar – Faërie (Raymond E. Feist) »

  1. Je l’ai dans ma PAL depuis un moment… Je l’ai acheté sans trop savoir à quoi m’attendre, et c’est carrément encourageant ! En tout cas, tu m’as donné envie de m’y mettre 😉 Il faut que je lise prochainement.

    Félicitations pour ton diplôme !

    Aimé par 1 personne

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