Archéologie par-delà les étoiles – Stargate, la porte des étoiles (Rolland Emmerich, 1994)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser encore du rythme haché de cette semaine… Je suis un peu préoccupée – comme à chaque fois qu’une phase se termine, je nage un peu dans une sorte d’irréalité et l’avenir me préoccupe au point de m’ôter toute concentration. 😉 Mais nous verrons…

Aujourd’hui, je vous offre une chronique cinéma un peu particulière puisqu’il figurait parmi les premiers films que je voulais présenter sur ce blog… mais dont j’ai complètement oublié de parler. Il s’agit de l’une de mes madeleines de Proust, datant d’une époque où je m’étais prise de passion pour l’Égypte ancienne, j’ai nommé: Stargate, la porte des étoiles de Rolland Emmerich. Et oui, comme vous le savez si vous suivez ce blog depuis ses débuts, je suis une grande fan de l’univers de Stargate, et cela a commencé dès l’enfance avec le film dont la série Stargate: SG-1 est la suite.

En fait, c’est quand vers 8-9 ans j’ai commencé à me passionner pour l’Égypte, que des amis de mes parents leur ont parlé de Stargate, pensant que cela leur plairait, ainsi qu’à moi. Je ne sais plus s’ils leur ont prêté la VHS (eh oui, c’est que ça date, cette histoire), toujours est-il que le film fut un carton plein pour toute la famille, mes parents étant assez fans de blockbusters, à cette époque. Aussi ne pouvais-je pas l’ignorer sur ce blog!

  • Une mission hors du commun

Daniel Jackson (James Spader) est un rat de bibliothèque binoclard, brillant archéologue moqué par ses pairs pour ses théories excentriques quant à l’âge et à la fonction des pyramides de Gizeh. Or à la sortie d’une conférence où on l’a encore raillé, il est abordé par Catherine Langford (Viveca Lindfors), intéressée par son travail. Celle-ci le recrute pour un projet secret du gouvernement. Jackson comprend le lien avec l’égyptologie lorsqu’il découvre, gardé dans la base militaire de Creeks Mountain, un immense anneau de pierre retrouvé à Gizeh dans les années 1920. L’archéologue parvient à déchiffrer le nom de l’artéfact, la « Porte des étoiles », et découvre la signification des différents signes sur le pourtour de l’anneau. Il apprend que cette « porte des étoiles » est une sorte de portail capable d’ouvrir des vortex dans l’espace pour voyager vers d’autres planètes.

Daniel Jackson, ébahi face à la porte des étoiles – Source: AlloCiné

Après l’envoi d’une sonde, Daniel Jackson est intégré à l’équipe d’exploration commandée par l’énigmatique général Jack O’Neill (Kurt Russell). Arrivé sur place, alors qu’ils cherchent un moyen de rentrer sur Terre, il découvrent des traces de civilisation et rencontrent les gens du cru, qui semblent vivre comme en Égypte ancienne. Ce faisant, ils se heurtent à un tyran (Jaye Davidson) qui opprime son peuple…

  • Un monde Entre archéologie et S.F.
Vaisseau spatial pyramidal – Source: AlloCiné

Le moins que l’on puisse dire est que ce blockbuster satisfait mes penchants pour l’égyptologie et pour la science-fiction. 🙂 Le scénario de Roland Emmerich et Dean Mevlin s’inspire d’une théorie ufologique assez connue, selon laquelle les pyramides ont été construites par des aliens et serviraient de base pour leurs vaisseaux. Si, si… Certaines versions de cette théorie vont même jusqu’à voir des structures analogues sur Mars et sur la Lune (oui, bon, j’aime bien acheter des magazines complotistes de temps en temps, histoire de me tenir au courant et de trouver de l’inspiration pour des écrits de S.F. – j’ai d’ailleurs appris au passage que nous sommes cernés par les reptiliens… méfiez-vous!). Bref, imaginez qu’en effet, les Égyptiens aient construit ces monuments de toute beauté sous la houlette d’aliens qu’ils prenaient pour des dieux… C’est de ce postulat que partent les scénaristes du film, la porte des étoiles servant à voyager entre des mondes, mais condamnée et enterrée par les anciens Égyptiens révoltés contre ces « dieux ».

Il aurait pu s’agir d’une épopée antique, mais c’est de nos jours (enfin, nos jours dans les années 1990) que cette affaire refait surface, alors que l’Armée américaine décide de se servir de l’artéfact. J’aurais aimé savoir comment les « Yankies » ont mis la main sur la Porte des étoiles, ou quel était l’intérêt à s’en servir, mais passé ce genre de considération, nous voyons sous nos yeux ébahis se dérouler un film d’aventure comme il n’y en avait pas eu depuis les années 1980. Honnêtement, malgré certaines facilités propres aux blockbusters d’Hollywood et certains poncifs de patriote américain, je dois avouer que cette histoire me séduit encore. Simple mais efficace, elle reprend le schéma S.F. classique d’aventuriers débarquant sur une autre planète, ou classique des films d’aventure s’agissant d’un recoin exotique perdu, qui découvrent un secret de folie tout en tentant de libérer les gentils locaux d’un tyran. Un peu comme les explorateurs de Planète interdite qui tentent de libérer la fille du professeur de l’emprise de son père, ou Indiana Jones et le Temple maudit (pas le meilleur de la série, au passage), lorsqu’il est question de délivrer les enfants d’un village indien, envoûtés et exploités par un prêtre-mage noir qui vénère Kali.

Rê trônant au milieu de ses enfants – Source: AlloCiné

Le côté Égypte antique mélangé à de la S.F., conduit à une ambiance visuelle très typée, très légèrement kitsch. Cela est particulièrement vrai pour le « palais-vaisseau » du tyran Râ qui se pose sur la planète peu de temps après l’arrivée d’O’Neil, Jackson et consort. L’univers égyptien se teinte de technologies avancées: c’est de cette grande pyramide sombre, à la fois palais et vaisseau-mère, que sortent de plus petits vaisseaux chasseurs qui tirent arbitrairement sur la population pour la punir  d’avoir accueilli à bras ouverts les étrangers. Outre le décor monumental et légèrement plus dark que l’idée que l’on se fait de l’Égypte pharaonique, un très grand travail a été fait sur les costumes. On retrouve pagnes et plastrons, cheveux noirs nattés d’or, et pour les enfants de Râ, cette tradition antique qui veut que jusqu’à leur puberté, les gamins portent le crâne rasé à l’exception d’une épaisse natte sur le côté de la tête. Les costumes sont somptueux, tout comme les accessoires – bijoux du feu de dieu, masques coiffés du nemes à la Toutankhamon, masques d’animaux pour les gardes royaux (parmi eux, vous reconnaitrez peut-être Djimon Hounsou en Horus!)… L’univers est donc très travaillé, et c’est un vrai dépaysement pour le spectateur.

Skaara et Daniel Jackson – Source: AlloCiné

Le tout se déroule évidemment sous le soleil, au milieu des dunes – le Nil en moins. Les habitants dont nos aventuriers font la connaissance – le chef de la communauté Kasuf (Erick Avari), père du jeune Skaara (Alexis Cruz) et de la ravissante Sha’uri (Mili Avital) – sont amicaux, et prennent d’abord les visiteurs pour des envoyés de Râ, à cause d’un pendentif en forme d’œil de Râ porté par Daniel Jackson. C’est un vrai choc des cultures entre nos militaires et ce peuple du désert, et l’hospitalité donne lieu à de vrais comiques de situations, notamment lorsqu’il s’agit de communiquer – je revois James Spader caqueter pour dire aux autochtones que la viande a le goût de poulet. L’arrivée de l’archéologue et des militaires va perturber le statu quo installé avec Râ, le tyran qu’ils vénèrent comme un dieu et pour qui ils extraient du minerai, puisque ces gens vont eux aussi vouloir se débarrasser du joug de Râ et ne pas subir sa cruauté. Et bien évidemment, s’attacher à la bande de terriens, jusqu’à une romance quelque peu clichesque et téléphonée.

  • Les personnages
Daniel Jackson et Jack O’Neil – Source: AlloCiné

Parmi les Terriens, je vais m’attarder sur l’improbable duo Daniel Jackson/Jack O’Neil, campés par James Spader, fils de professeurs considéré par Roland Emmerich comme un type sérieux et cultivé, et Kurt Russell, connu pour ses rôles dans des films d’action. On ne pas va se mentir, ce sont des archétypes: le savant un peu gauche, humaniste et enthousiaste, et le colonel à coupe en brosse hyper-procédurier, volontiers interventionniste (on ne changera pas la « team America ») qui laisse planer l’image d’un certain impérialisme américain (haha! je parle comme une Soviet!). Ben oui, les Américains sont les plus forts, même qu’ils ont le droit d’aller les premiers sur une autre planète, et à tout régenter dessus. Soit… Bon…

Ceci dit, je dois avouer ma sympathie pour Daniel Jackson, le seul à tenter de s’adapter aux us locaux, de comprendre les habitants, jusqu’à craquer pour l’une d’entre eux (même si c’est cliché), par laquelle il va comprendre le lien entre cette peuplade humaine à l’autre bout de l’univers et la civilisation égyptienne sur Terre, et voit avec enthousiasme ce qu’il a étudier prendre vie devant lui.

Il est clair que la capacité de Jackson à comprendre vite leur langue peut étonner, voire faire rire, tant cela paraît peu crédible. Mais je pense, en toute honnêteté et modestie, que c’est possible, quand on est sur une même famille de langues. Je m’explique avec une petite parenthèse linguistique. Bref, à partir de la structure d’une langue, de « racines sémantiques » similaires, en retravaillant un peu sur la prononciation (Sha’uri apprend à Daniel à prononcer convenablement la langue), il est possible d’apprendre et de comprendre assez vite plusieurs langues de même famille. Pour ma part, c’est ce qui m’est arrivé avec les langues germaniques dans ma formation de germaniste: sur Wikipedia, je peux lire l’allemand et différents dialectes alémaniques (il faudrait sûrement que je m’habitue à les entendre pour les comprendre une fois parlées), traduire de très courts et très simples textes néerlandais même si je ne l’ai pas appris, et certaines de mes camarades germanistes ont eu en un temps record un niveau de néerlandais et d’afrikaans plus que correct. De plus, Daniel Jackson a la « chance », si je peux me permettre, de tomber sur une peuplade complètement isolée, dont la langue n’a pas été trop déformée par des apports extérieurs par rapport à l’Égyptien qu’il a dû étudier depuis des années. L’Égyptien ancien, comme toutes les langues, a évolué et a plusieurs formes comme le Moyen-Égyptien des lettrés ou le néo-Égyptien de la période du Nouvel Empire, jusqu’à sa langue-fille, le copte, langue liturgique des chrétiens d’Égypte. C’est une langue chamito-sémitique ou « afro-asiatique », cousine à la fois de langues sémitiques comme l’arabe et l’hébreu, ou d’autres dialectes ouest-africains. James Spader étant connu pour mener pas mal de recherche pour peaufiner ses rôles, je pense qu’il a dû potasser le sujet. Je stoppe là pour la minute linguistique.

Toujours nos deux compères aux relations houleuses – Source: AlloCiné

Concernant le personnage du colonel O’Neil, avec le recul, si je vois un symbole d’un espèce de rêve universaliste américain des années 1990 où toute la galaxie devrait adorer les States, je vois quand même quelque chose au-delà. Au début de la mission, on voit un type méprisant envers Jackson qu’il prend pour un rat de bibliothèque pas très dégourdi, obsédé par sa mission – s’assurer qu’aucun danger ne peut arriver sur Terre depuis cette planète. Et pourtant, lorsque le film commence, on voit un type brisé et rongé par la culpabilité, dont le petit garçon s’est accidentellement tué avec son arme à feu. Scénaristiquement parlant, en faire un papa l’humanise quelque peu, et le rend même parfois attendrissant. Notamment dans ses relations avec les jeunes gens rencontrés lors de la mission, en particulier Skaara, qui montre beaucoup de curiosité à son égard et se prend immédiatement d’affection pour le colonel.

Mais le pauvre garçon se fait crier dessus dès qu’il approche d’un fusil – le papa endeuillé refaisant surface. Bref, si cette carapace percée par l’innocence d’un ado est aussi cliché que la romance entre Sha’uri et Daniel Jackson, mais ça reste mignon. Maintenant que je suis adulte, je regrette que le scénario ne se soit pas plus penché sur les personnalités des habitants de ce monde, ou si peu: il y aurait par exemple pu avoir des tensions entre eux, pour savoir s’il fallait soutenir les étrangers face à Râ ou rester fidèle au dieu… par exemple. Ce sera avec la série Stargate: SG-I que l’on en saura un peu plus sur ces personnages, notamment Skaara, toujours admiratif d’O’Neil.

Admirez un peu ce qu’on trouve dans le dressing de Râ – Source: AlloCiné

Un personnage se dégage de tout cela, c’est Râ, un méchant assez atypique pour un blockbuster. Il doit beaucoup de son côté insolite à son interprète, Jaye Davidson. Acteur et mannequin au physique particulier, et au style volontairement androgyne – la première fois qu’enfant, j’ai vu le film, avec ses cheveux longs et ses traits fins, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une fille – il campe un méchant aussi froid et cruel qu’il est grâcieux. Son étrange beauté est sublimée par ses costumes somptueux. Un acteur plus âgé avait été pressenti pour incarner le tyran extraterrestre à l’apparence humaine, mais Roland Emmerich a immédiatement sélectionné Davidson, remarqué dans The Crying Game, un film que je n’ai pas vu, où il incarnait une jeune femme transsexuelle. Il incarne un méchant d’un genre assez rare, fascinant, mégalo, mais imbu de sa puissance et assez détestable. J’aimais d’autant plus le détester quand j’étais ado qu’il ressemblait presque comme un jumeau à la nana la plus méchante que j’ai connue de ma vie. 😉 Donc, grande mention à ce méchant stylé.

  • Conclusion – Un divertissement monumental

Si le film a eu un grand succès au box-office, les critiques ont été mitigées, à cause de différents clichés plus ou moins pro-américains qui émaillent Stargate. Je ne peux évidemment nier qu’ils sont là. C’est certes regrettable, cela et quelques raccourcis dans le scénario, mais je trouve néanmoins que cette aventure pleine d’exotisme est assez rafraichissante et sympathique – pour ma part, je ne vais pas forcément au cinéma pour faire de la philosophie. Après, je suis certes biaisée, parce que je l’ai vu enfant, à une époque où l’archéologie me passionnait… il n’en reste pas moins que je n’ai que rarement, depuis, vu un film qui m’ait divertie de la sorte. Même La Momie qui m’a bien faite marrer en 1999, ne m’a pas autant enthousiasmée.

Il est bon de savoir que Stargate devait initialement être prévu pour une trilogie, son univers devait donc être étoffé – ce qui aurait sans doute compensé certaines faiblesses du film. Cependant, lorsque la MGM a racheté les droits, c’est finalement une série qui a vu le jour, Stargate: SG-1. Je me rappelle son lancement sur Série Club quand j’étais au collège, c’était vraiment quelque chose! 🙂 Mes parents étaient fans, et nous avons à la maison la série complète en DVD. C’est bien sûr une grosse machine pour geek, mais je fais partie des fans de la première heure. Cet univers m’a beaucoup inspirée lorsque jeune ado, j’écrivais des fictions rétro-futuristes en Égypte, et dessinais des costumes d’inspiration égyptienne de folie. Quand bien même certaines origines de mythes me paraissent parfois capillotractées dans la série, je suis assez bon public pour avoir aimé suivre les aventures des différents personnages avec nombres de civilisations à travers la galaxie. Qui sait, je parlerai peut-être de la série un jour… 🙂

Je vous laisse sa bande-annonce du film comme mise en bouche, afin de voir ce qui se passe une fois le « chevron sept enclenché »! 🙂 Je vous souhaite un excellent week-end, et vous dis à très bientôt pour de nouvelles chroniques!

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Stargate, la porte des étoiles
Année de sortie: 1994
Réalisation: Rolland Emmerich
Origine: États-Unis
Durée: 2h01
Distribution: James Spader, Kurt Russell, Viveca Lindfors, Jaye Davidson…

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

5 réflexions au sujet de « Archéologie par-delà les étoiles – Stargate, la porte des étoiles (Rolland Emmerich, 1994) »

  1. Oh purée, j’adore Stargate aussi ! Enfin, le film, la série, j’ai beaucoup apprécié le visionnage complet mais je préfère le film ^^
    Bref, encore un billet qui me rappelle de bons souvenirs ! 🙂 Merci ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Étant fan du film, je me suis empressé de lire ton article. Certes a plusieurs reprises tu cite les diffèrent clichés, cela contribue à le rendre intéressant. Je rajoute que les effets spéciaux sont sublime pour l’époque de sa sortie. J’ai pu lire un article dernièrement qui expliqué le projet de reprendre le film et d’en faire la trilogie prévu. A surveiller…

    Aimé par 1 personne

    1. Il est vrai que je ne me suis pas penchée sur les effets spéciaux au profit de l’histoire. En revanche, je ne sais pas si une reprise serait aussi sympa, car le film était quand même marqué par la présence de bons acteurs, du moins avec un fort capital sympathie. Personnellement j’ai également peur du trop-plein de CGIs qui parfois sont à peine regardables et qui aseptisent un peu les réalisations. Après, comme j’adore ce film, je suis forcément biaisée! 🙂
      Il existe par contre une série de cinq romans, jamais sortis en français, écrits à partir des notes de Rolland Emmerich et Dean Mevlin, qui retracent la suite qu’ils avaient imaginée. Je pense que ça peut aussi une piste sympa pour commencer. 🙂
      Merci pour ton commentaire.

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