Féérie parisienne – Les Enchantements d’Ambremer (Pierre Pevel)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Après le moment émotion 💗 d’hier, je reviens avec une toute nouvelle chronique livre que je n’avais pas prévue si tôt. 🙂

J’ai poursuivi sur ma lancée magique initiée avec les Magicians, pour me jeter sur Les Enchantements d’Ambremer, premier tome du Paris des Merveilles de Pierre Pevel, sorti en poche le mois dernier. En effet, la trilogie parue chez Bragelonne me faisait de l’œil avec ses couvertures magnifiques, mais n’ayant pas les fonds nécessaires à l’achat d’un Bragelonne ces temps-ci… je devais attendre. 🙂 C’est finalement ma mère qui lors d’une sortie à la Fnac, m’a pris l’édition poche pour me remonter le moral. Merci Maman!

  • Trafic magique et autres tracas

Dans un Paris du début du XXe siècle fantasmé où les arbres des Champs-Élysées émettent une douce lumière le soir, où évoluent gnomes, mages et fées, le mage Hippolyte Griffont entame, à la demande d’un homme tenant un cercle de jeux, une enquête sur ce qui semble être un trafic d’objets magiques… qui va l’amener à collaborer avec Farroux, inspecteur de la criminelle, sur le meurtre d’un diplomate dont le coffre a été dévalisé.

Ce faisant, il va bientôt se heurter et devoir s’associer à une fée libre comme l’air qu’il connaît depuis bien longtemps, la merveilleuse baronne Isabel de Saint-Gil, qui a le don de se plonger dans les ennuis. Leur enquête évoluant du trafic magique aux machinations diplomatiques de Paris, poursuivis par des gargouilles qui veulent les tuer, nos fins limiers vont découvrir qu’une magie beaucoup plus sombre est à l’œuvre dans la capitale…

  • Paris sublimé

Je ne vous le cacherai pas, ce n’est pas le genre de lectures dont j’ai l’habitude. D’ailleurs en général, je ne suis pas du tout attirée par l’univers de la magie, tant que ça ne concerne pas la légende arthurienne ou la mythologie. Il m’a fallu l’étrange The Magicians pour m’y intéresser un tant soit peu, ainsi que quelques chroniques sur la blogo quant au Paris des Merveilles de Pierre Pevel. J’étais assez curieuse bien qu’un peu rebutée par le côté « fées et licornes » (comme vous le savez, la fantasy et moi…). En revanche l’aspect « Paris – 1900 » avec ses petits relents de Steampunk m’inspirait beaucoup. Je me suis donc jetée à l’eau et je n’ai pas été déçue: cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi vite!

Car ce fameux Paris des Merveilles est un monde foisonnant, où les Parisiens évoluent dans une ville encore plus merveilleuse qu’elle l’est en réalité. Où dans les squares et les parcs, les arbres parlent, où les chat-ailés virevoltent entre les toits, où de petites fées voltigent telles de petites lucioles… Les arbres émettent la « lumière étrange » et dispensent les Champs-Élysées de réverbères, tandis que la tour Eiffel, construite dans un bois blanc magique, s’illumine et chante à la pleine lune. La raison de cette magie ambiante: un passage vers l’Outre-Monde, royaume des fées où règne la reine de celles-ci, Méliane, aux alentours de Paris. Il y a même un train depuis la Porte Maillot en direction d’Ambremer, capitale de l’Outre-Monde! Imaginez donc Paris, où circulent fiacres et les premières « autos » mais avec chats volants et parlants! 🙂

Cette atmosphère féérique ne m’a guère dérangée, puisque s’inscrivant dans le « monde des mortels », et une période historique qui me passionne: le début du XXe siècle. Le protagoniste principal, Hippolyte Griffont, est un sympathique magicien un brin casanier qui partage une pittoresque demeure parisienne avec Azincourt, le chat-ailé à l’accent d’Oxford, et retrouve régulièrement ses confrères magiciens au Cerle Cyan, dont il fait partie (il existe différents cercles de mages, nommés d’après des couleurs), mais aussi de simples mortels intéressés par l’Outre-Monde comme l’ancien diplomate Falissière, un bonhomme grisonnant et affable.

Les personnages, principaux ou secondaires, très pittoresques, semblent marqués par une perception très positive, voire positiviste, de la Belle Époque. Quant à la baronne de Saint-Gil, celle-ci circule dans une voiture bleu nuit, toujours flanquée de son chauffeur Auguste, et de Lucien Labricole, un sympathique gnome titi parisien. Les psychologies ne sont pas très, très fouillées, un peu à l’image des romans de Jules Verne, mais on croise des messieurs en costume et des dames dans de magnifiques toilettes, dans une ambiance très policée. Somme toute, même le personnage de femme libre de la baronne semble un peu cliché. Le lecteur sera surpris de croiser, travaillant avec l’inspecteur Farroux, quelques membres des brigades mobiles, dites « Brigades du Tigre » (d’après le surnom donné à Clemenceau), déjà vu dans les épisodes de la vielle série télé Les Brigades du Tigre: le commissaire Valentin, avec ses moustaches en guidon de vélo, mais aussi les inspecteurs Terrasson et Pujol. Pourquoi pas, après tout, puisque le livre se veut un hommage aux romans-feuilletons du début du XXe siècle, ne pas aussi rendre hommage aux fictions qui se passent à la Belle-Époque (quoique Les Brigades du Tigre se terminent bien après, dans les années 20, avec le mariage de Terrasson).

La narration a, disais-je, un petit je-ne-sais-quoi de Jules Verne, avec l’humour en plus (parce que le Ju-jules, il reste assez sérieux quand j’y pense), et un rythme assez soutenu qui arrive à maintenir l’intérêt du lecteur. Sous la plume enlevée de Pierre Pevel, ce sont les joutes verbales d’Auguste et Lucien dit « Lulu » qui nous font gentiment sourire, ainsi que les disputes qui éclatent entre Griffont et la Baronne de Saint-Gil, la seule à faire sortir de ses gonds notre mage si calme, à la limite du flegmatique. En somme, autant que les situations parfois absurdes induites par la présence du magique – excentricité des gnomes, présence d’un hôpital psychiatrique pour patients venus de l’Outre-Monde, gargouilles qui s’attaquent au personnages –  l’humour et le rythme de l’action, entre poursuites, debriefings entre gentlemen bien polis, découvertes insolites et retrouvailles explosives (je ne pas vous en dire plus mais certains personnages ont un passé commun mouvementé).

  • Conclusion – un Agréable moment de lecture

Pour ma part, même si je n’ai pas été complètement ébahie par cette gentille petite féérie qui rend hommage au Paris de 1900, j’ai bien accroché à cet univers  magique et vaguement Steampunk,. En effet, je ne pouvais m’empêcher de dévorer ces pages pour connaitre la suite. Après tout, des fées en Spyker bleu, ça me botte plus que des sorcières sur des balais, tout comme le gnome titi-parisien et le mage qui fait des expériences dans l’arrière-cour de son hôtel particulier m’enchantent un peu plus qu’un vieux barbu en chapeau pointu qui cuisine des potions dans une antre sombre. Je n’ai certes pas pris de grosse claque, mais je lirai volontiers la suite – d’autant plus que le tome 2 vient de sortir en poche, et que le tome 3 ne va pas tarder. De plus, le roman s’assortit en fin de livre d’un court récit qui met en scène Griffont et la baronne de Saint-Gil… aux prises avec une réplique du Nautilus dans la Seine pendant la Grande Crue de Paris. Les Enchantement d’Ambremer étaient juste le genre de lecture dont j’avais besoin dernièrement, et m’ont bien remonté le moral. 🙂

Après, petit bémol que j’évoquais plus haut, les personnages sont fort sympathiques, mais je trouve qu’ils manquent un peu de relief. J’aimerais donc, à la faveur des suites, en apprendre un peu plus sur eux, faire des découvertes les concernant. Nous verrons bien ce que L’Elixir de l’Oubli aura à nous offrir à ce sujet! Bref, je vous conseille Les Enchantements d’Ambremer pour une petite séance de lecture sans grosse prise de tête! 🙂

Je vous dis donc à bientôt pour de prochaines chroniques et créations!

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal pour l’accompagner: Pourquoi pas un petit thé noir Kenilworth pour copier nos fées et nos mages? 🙂

Titre: Paris des Merveilles, t. 1: Les Enchantements d’Ambremer 
Auteurs: Pierre Pevel
Editions: Folio
Collection: Folio SF
432 p.
Parution: Mars 2017
Prix: 8,20 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

6 réflexions au sujet de « Féérie parisienne – Les Enchantements d’Ambremer (Pierre Pevel) »

    1. Je ne sais pas pourquoi, mais commençant à cerner les goûts et les univers de la blogo, je me disais que les robes à corset et les messieurs classes, ça te parlerait! 😉 Les couvertures des éditions Bragelonne sont sublimes.

      Aimé par 1 personne

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