Semaine « Parade des Monstres » – La fiancée de Frankenstein (James Whales, 1935)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,
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Affiche du film – Source: Imdb.com

Je poursuis sur la lancée de cette semaine « Parade des Monstres », avec un autre classique des studios Universal: La Fiancée de Frankenstein, sorti en 1935 et dirigé par James Whales.

C’est à ce même réalisateur que l’on doit le succès du premier opus de la série, Frankenstein, en 1931, adapté du roman culte de Mary Shelley. Forts de ce bon accueil, dû à la fois à la réalisation expressive de Whales, au maquillage de Jack Pierce et à la prestation de Boris Karloff en créature, les studios Universal décident de produire une suite…

  • La créature à la recherche de l’amour

Le film s’ouvre sur une scène assez curieuse: au début du XIXe siècle, par une angoissante nuit d’orage, le poète anglais Lord Byron (Gavin Gordon) fait salon avec son ami Percy Bysshe Shelley (Douglas Walton) et son épouse Mary (Elsa Lanchester) qui a tout juste rédigé Frankenstein. Encouragée par ses deux compagnons, la jeune femme entreprend de leur raconter la suite qu’elle planifiait…

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Frankenstein et Pretorius dans leur laboratoire – Source: Imdb.com

L’histoire reprend alors directement à la fin du film précédent: la Créature (Boris Karloff) a survécu à l’incendie du moulin. Pourchassée par des paysans locaux, elle s’enfuit à travers les bois et trouve refuge chez un vieil aveugle (O.P. Heggie) qui lui apprend à parler. Elle découvre ainsi pour la première fois l’amitié et la gentillesse.

Pendant ce temps, son créateur Henry Frankenstein (Colin Clive), secoué par sa mésaventure, reçoit la visite de l’étrange docteur Pretorius (Ernest Thesiger). Celui-ci lui montre de minuscules êtres humains emprisonnés dans des bouteilles et souhaite le voir reprendre ses expériences pour donner la vie, en créant une compagne au monstre… Si Frankenstein s’y refuse, Pretorius l’y contraint en enlevant son épouse Elisabeth (Valérie Hobson) et en remettant la main sur la Créature, qui aspire elle aussi à de l’amour après avoir expérimenté l’amitié avec le vieil aveugle…

  • Une suite aussi culte que le premier film

On pourrait trouver étrange que l’histoire donne lieu à une suite quand on connaît la fin du roman… Il est clair que l’adaptation de Frankenstein sortie en 1931 prend pas mal de libertés avec l’œuvre originale. Cela se voit surtout avec la Créature, qui devient un être arriéré, alors que dans le roman elle fait preuve de capacités intellectuelles tout à fait étonnantes – elle apprend à lire presque seule, quand même!… Cette injustice est quelque peu réparée dans la suite qui se rapproche un (tout petit) peu plus de l’esprit du roman. Il est d’ailleurs amusant que le film s’ouvre sur une séquence mettant en scène Mary Shelley, peut-être pour cautionner ces libertés prises avec l’histoire originale et calmer les puristes…

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Le vieil aveugle et la créature – Source: Imdb.com

Ainsi, l’histoire met un peu plus l’accent sur la Créature, sur ses aspirations en tant qu’être humain. Je trouve cela très louable de la part de la réalisation, car ce pauvre être laissé à lui-même et n’ayons pas peur des mots, traité comme de la m***e par son créateur et son infâme assistant dans le premier opus, méritait quand même qu’on s’y attarde un peu plus. Je pense cet aspect de l’histoire a séduit les spectateurs, en leur offrant quelques jolis moments d’émotion. En effet, le vieil aveugle qui accueille la Créature ne fait pas attention à l’apparence du nouvel arrivant et va prendre soin de lui sans se poser de question. L’une des scènes réputées les plus émouvantes est celle où la Créature apprend à parler, en même temps que le concept d' »ami »: le vieux lui enseigne que la solitude n’est pas bonne et qu’il est toujours doux d’avoir quelqu’un sur qui compter, et avec qui parler. Quelque part, les aspirations à être aimé, à partager des moments avec d’autres nous sont familières et ne peuvent que nous toucher…

La créature n’est pas la seule à s’humaniser: pour ma part, si j’ai détesté la façon dont Frankenstein délaissait puis maltraitait sa créature dans le premier opus, le docteur nous paraît un peu plus humain en homme acculé, qui ne souhaite plus jouer avec un pouvoir qui le dépasse et qui s’y voit contraint pour sauver celle qu’il aime. Quelque part, le spectateur le comprend un peu mieux.

Le film est également marquant visuellement d’une part, par ses effets visuels et de par ses créatures (et oui, on parle tout de même de films de monstre cette semaine, on ne va tout de même pas les négliger!). Tout d’abord, nous avons les petites créatures du docteur Pretorius, qui se balade avec des êtres humains en miniature dans des bocaux, et qu’il montre à Frankenstein pour le convaincre de travailler avec lui pour créer la vie à taille humaine. La scène est assez époustouflante avec une petite ballerine, un roi et un mini-évêque dans leurs bouteilles, bien qu’à mon sens, ce petit intermède rigolo me paraît un peu en décalage avec l’esprit de l’ensemble. 🙂

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Elsa Lanchester, fascinante dans ce rôle! – Source: Imdb.com

Si l’on retrouve avec plaisir Boris Karloff avec son crâne cubique signé Jack Pierce, les spectateurs sont surtout marqués par l’apparition de sa fiancée, qui a profondément marqué la culture populaire, devenant une icône du cinéma et la mode  gothiques: silhouette drapée de clair, teint pâle, grands yeux écarquillés ourlés de longs cils, cheveux en l’air traversés par une longue mèche blanche… La belle se meut avec raideur, ne s’exprime que par spasmes et par cris, comme si elle était choquée – en même temps, réveillée d’entre les morts, c’est un sacré choc, quand en plus on voit la tête du gars qu’on lui impose! Elle est campée par la convaincante Elsa Lanchester, qui incarne également Mary Shelley au début du film. Je la trouve absolument fascinante, et même presque belle alors qu’en temps normal (je sais, c’est subjectif!) je ne suis pas subjuguée comme devant une Theda Bara ou une Vivien Leigh. Elle est littéralement transfigurée par l’image expressive, voire expressionniste du film. Il est d’ailleurs assez amusant d’apprendre que, si j’en crois le livret des films reçu avec ma collection, Elsa Lanchester mesurait moins d’1,65 m et avait l’air d’en faire presque 2 à l’écran, ce qui doit en partie être dû à cette corbeille autour de laquelle on avait coiffé ses cheveux. Elle avait en outre une partie des paupières collées pour que ses yeux soient plus ouverts… Je n’ose pas imaginer son inconfort. Bref, j’aime beaucoup ce charme à l’ancienne qui transparaît à travers elle à l’écran.

  • Conclusion – Un film culte à savourer

Et oui! J’avais déjà beaucoup aimé le premier film, qui titille en moi cet amour pour les vieux films en noir et blanc, le grain de l’image, la lumière tout en contrastes. C’est un petit coup de foudre que j’ai donc eu pour cette suite, digne du premier, quand bien même de grandes libertés sont prises avec l’œuvre de Mary Shelley. Je suis fan de cette image expressive, de l’histoire qui explore avec plus d’humanité l’âme de la Créature, un monstre qui me touche beaucoup.

C’est à mon sens une véritable petite perle du 7ème art à redécouvrir pour cette simplicité, cette esthétique, mais aussi pour cette petite part d’émotion suscitée par ces pauvres créatures qui n’ont rien demandé. Je vous laisse méditer là-dessus et vous souhaite un excellent visionnage si vous avez envie de regarder d’un peu plus près à cette œuvre! 🙂

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de journée, et vous dis à demain à la même heure pour l’un de mes « monstres » favoris: Le Fantôme de l’Opéra!

Blanche Mt.-Cl.


Titre: La fiancée de Frankenstein
Année de sortie: 1935
Réalisation: James Whale
Origine: États-Unis
Durée: 1h15
Distribution: Boris Karloff, Elsa Lanchester, Colin Clive, Valérie Hobson, Ernest Thesiger, O.P. Heggie…

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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