Semaine « Parade des Monstres » – Trois films monstrueux à redécouvrir!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Lon Chaney Jr en loup-garou dans le film de George Waggner en 1941 – Source: Imdb.com

Cette thématique dédiée au cinéma fantastique « à l’ancienne » s’ouvre sur un triptyque de classiques qui, bien que considérés comme cultes, nous viennent moins vite à l’esprit que des Dracula ou Frankenstein. Comme je l’expliquais récemment lorsque j’ai commencé à parler des films que j’ai reçus dans le coffret des Universal Monsters à Noël, les studios Universal ont déjà dans les années 1920 une solide réputation de « fabrique de l’horreur ».

Mais c’est véritablement dans les années 1930, avec le changement de direction d’Universal que s’inaugure la parade des monstres. En effet, les grands succès de Dracula, Frankenstein et La Momie donnent lieu à pléthore de films fantastiques, avec son cortège de créatures effrayantes et de jolies femmes qui hurlent à pleins poumons à la vue du monstre. Ceux que je vais vous présenter ici sont un peu moins connus, bien que considérés comme très influents, et sont clairement à retenir pour vos soirées film! Je vous les présenterai dans l’ordre chronologique de leur sortie.

Et maintenant, c’est l’heure du goûter, et je vous invite à me suivre pour un petit voyage au pays des monstres…

  • L’Homme invisible (James Whale, 1933)
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L’une des affiches du film – Source: Imdb.com

Tout commence dans un petit village anglais, par une froide nuit, lorsqu’un mystérieux visiteur tout emmailloté arrive dans l’auberge locale. Guère avenant, et tout sauf poli avec ses hôtes, il s’installe dans une chambre et ne souhaite pas être dérangé. Il ne paie pas son hébergement et étale tout un bric-à-brac dans sa chambre. Lorsque la police intervient pour aider l’aubergiste et son épouse à l’expulser, il retire les bandages lui entourant le visage… qui se révèle invisible. Il s’enfuit sous les regards stupéfaits des habitants.
Il s’agit en fait du Docteur Jack Griffin (Claude Rains), un chimiste qui a découvert le secret de l’invisibilité alors qu’il testait une drogue appelée monocaïne. Pendant ce temps-là, son entourage s’inquiète de son absence: sa fiancée Flora (Gloria Stuart), fille du Docteur Cranley (Henry Travers), l’employeur de Griffin, et Kemp (William Harrigan), l’assistant de celui-ci, découvrent les notes de Griffin, et par la même, son usage de la monocaïne. En effet, il ne connaissait pas la dangerosité de cette substance, capable de le rendre fou. Il s’agit donc de le retrouver avant qu’il ne nuise davantage…

Que dire sur cet opus? Honnêtement, si j’ai lu le roman d’H.G. Wells dont le film est inspiré, cet ouvrage m’a si peu marquée que je ne saurais vous dire à quel point il est fidèle ou prend des libertés par rapport à l’œuvre originale. Mais il me semble que dans le livre, l’identité du savant reste mystérieuse, et que celui-ci n’a pas d’ami ou de proche pour se soucier de lui. Ceci dit, l’intrigue reste très efficace.
Ceci dit, le film est intéressant du fait que son interprète principal, Claude Rains, présent dans chaque scène, n’est jamais vraiment vu à l’écran puisqu’il est soit complètement dissimulé par ses bandages, soit… complètement invisible lorsqu’il est tout nu. On n’entend que sa voix. Paradoxalement, c’est ce rôle qui va  lancer sa carrière, puisqu’il jouera dans plusieurs films fantastiques produits par Universal, entre autres (Casablanca, quand même!). Son interprétation fait du personnage principal un véritable monstre de violence et de mégalomanie, mais également un être espiègle pour profiter de son invisibilité pour quelques blagounettes cruelles, et complètement esseulé qui a déconnecté avec la réalité pour sombrer dans la folie, jusqu’à vivre dans une souffrance permanente… Ce savant fou peut donc, à l’occasion, amuser les spectateurs lorsqu’il effraie la vieille tenancière de l’auberge et tourner en bourrique ces respectables villageois anglais, ou se révéler très effrayant lorsqu’il va chez Kemp le menacer pour qu’il l’aide dans ses crimes.

Le film doit aussi beaucoup à ses effets spéciaux, novateurs pour l’époque, signés John P. Fulton. Celui-ci fera une brillante carrière a Hollywood, et remportera plusieurs Oscars, dont un pour l’ouverture de la Mer Rouge dans le célébrissime Les Dix Commandements (1956). Je dois avouer que même s’ils ont vieilli, ma foi, les effets de L’Homme invisible n’arrachent pas les yeux comme dans certaines œuvres ancienne. Outre l’utilisation de fils pour faire bouger des objets déplacés par l’Homme invisible. Le procédé était autre pour les scènes où l’homme invisible se déshabille: avec l’utilisation non-pas d’un écran vert, mais noir, avec l’acteur vêtu d’un costume intégral de velours noir par-dessus lequel l’acteur portait les vêtements à retirer, avant un véritable traitement de l’image en laboratoire pour incruster le fond l’image. Ce n’était pas encore du numérique mais c’est un peu le même esprit sans l’ordinateur, et on ne peut, à l’écran, qu’apprécier le travail qui a été fait.

  • Le Loup-Garou (George Waggner, 1941)
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Affiche du film – Source: Imdb.com

Larry Talbot (Lon Chaney Jr.) est de retour sur les terres de ses ancêtres, au Pays de Galles, après avoir appris la mort de son frère, pour se réconcilier avec son père, Sir John Talbot (Claude Rains). Alors qu’il se promène dans les environs, Larry pénètre dans une boutique d’antiquités où il fait l’acquisition d’une canne au pommeau d’argent en forme de loup. Gwen (Evelyn Ankers), la charmante propriétaire de la boutique, lui explique qu’il s’agit d’un loup-garou.
Ce soir-là, Larry se porte au secours d’une jeune femme attaquée par un loup. Il parvient à tuer l’animal avec sa canne, mais est mordu. Une diseuse de bonne aventure locale, Maleva (Maria Ouspenskaya) lui apprend que le fauve qui l’a agressé n’était autre que son fils Bela qui a pris la forme du loup. Elle le prévient que lui aussi, bientôt, va subir des transformations…

Que dire sur cet opus? Si vous ne l’avez pas vu mais que le pitch vous rappelle quelque chose, c’est que vous avez peut-être visionné son remake, The Wolfman (Joe Johnston, 2010) avec Anthony Hopkins et Benicio del Toro, que j’ai chroniqué sur ce blog il y a fort longtemps. Le scénario est assez classique – un fils parti au loin qui revient vers sa famille pour découvrir de sombres secrets dans sa région natale – mais l’histoire reste diablement efficace. Certes l’image a vieilli, mais cette ambiance de campagne et de forêt brumeuse appelle au mystère et distille une véritable impression de menace.
Mais ce que l’on retiendra sera surtout… c’est le monstre. Son interprète Lon Chaney Jr. restera très fier de ce rôle qui lance sa carrière, et jouera dans plusieurs suites. Au maquillage, on retrouve Jack Pierce, à qui l’on doit déjà les impressionnants maquillages de Boris Karloff dans Frankenstein et La Momie. Bon, il est clair que si la tête de cette créature est encore célèbre aujourd’hui, selon notre point de vue d’aujourd’hui, elle ressemble à tout sauf à un loup… Personnellement, ce loup-garou me fait plus penser à un fils atteint d’hyperpilosité qu’auraient pu avoir ensemble les acteurs Michel Simon et Ron Pearlman. Dur.  😂

Ceci dit, ce maquillage a demandé un travail de titan entre Pierce et Chaney Jr. qui joueront sur la transformation et le regard de la bête. Ce que vous voyez à l’écran est le résultat de plusieurs heures de maquillage, et même de démaquillage pour les fondus enchaînés nous montrant la transformation de Larry Talbot. Pour cette ambiance, ce charme du noir et blanc et pour cette autre créature de Jack Pierce, je suis persuadée que ce loup-garou ferait le délice de vos soirées film rétro.

  • L’Étrange créature du Lac Noir (Jack Arnold, 1954)
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Affiche du film – Source: Imdb.com

Pour clore ce triptyque, je vous emmène en Amazonie, où une expédition géologique met au jour un fossile du Dévonien, aux pieds et aux mains palmés qui ferait le lien entre animaux aquatiques et terrestres. Le Docteur Carl Maia (Antonio Moreno), qui menait l’expédition, demande l’aide de son ancien étudiant et ami, le jeune Docteur David Reed (Richard Carlson), qui travaille dans un aquarium en Californie, le seul à même de convaincre son patron le Docteur Williams (Richard Denning) de financer une nouvelle expédition pour en savoir plus sur l’étrange découverte.
C’est ainsi que Carl Maia, David Reed et sa compagne et assistante Kay (Julie Adams), et un autre collègue scientifique, le Docteur Edwin Thompson (Whit Bissell) partent pour l’Amérique du Sud. Mais alors qu’ils parviennent au bivouac, ils le trouvent dévasté: l’équipe entière a été massacrée pendant l’absence de Maia… et les nouveaux explorateurs ne vont pas tarder à découvrir que la mystérieuse créature fossilisée a encore un descendant qui n’aime pas être dérangé.

Que dire sur cet opus? Il retourne un peu aux sources du film d’aventures, avec une expédition de savants qui font une découverte phénoménale, et qui voient leurs projets dérangés par un élément perturbateur. Si pour des archéologues, il s’agit d’une momie qui se réveille ou de Nazis qui souhaitent s’emparer d’un puissant artéfact, pour ces géologues, c’est une créature « préhistorique » qui se révèle toujours existante. On y retrouve les ingrédient du genre avec des gars courageux prêts à en découdre avec le monstre, et une jolie fille en maillot de bain qui éveille l’intérêt de la bestiole… et qui crie. Et oui, le cri de la jolie nana en détresse, c’est quand même important à Hollywood dans les années 1950! 😉
Le film, qui a reçu son lot de critiques positives, est devenu un véritable classique, notamment à cause de son format en 3D qui a fait frissonner les spectateurs de l’époque lors des scènes sous-marines. Quelle tension lorsque l’on voit la créature se rapprocher dangereusement de la belle Kay pendant qu’elle nage, cela accompagné d’une musique tonitruante qui ajoute à la menace!

Et quelle créature! 🙂 Pour le coup, on est en plein dans le « film de monstre », car difficile d’oublier cette bête aux pattes palmées et griffues, aux lèvres de mérou et aux petites nageoires de poisson de chaque côté de la tête! Je dois avouer que la première fois, elle m’a fait penser à ces monstres des films japonais des années 60, et donc plutôt faite rire!… Ce sont Millicent Patrick et le maquilleur Bud Westmore qui on créé cet homme-poisson tout en mousse et caoutchouc interprété par deux acteurs différents – l’un pour les scènes de terre ferme, l’un pour les scènes aquatiques. Imaginez les bougres, enfermés à suer dans un costume complètement étanche, parfois jusqu’à quatorze heures par jour sur le plateau!

  • Conclusion

Voici donc un aperçu de « films de monstre » que j’affectionne, où l’on peut voir une réelle évolution, un réel travail en termes de création, d’effets spéciaux, et de maquillage. Parmi ces trois-là, j’ai une affection particulière pour Le Loup-Garou (oui, bon, ça n’est pas très étonnant en fait!), même si celui-ci ressemble plus à un primate qu’à un canidé. 😉 Même si je l’apprécie, je trouve – c’est un avis personnel – L’Étrange Créature du Lac noir un peu moins innovant en termes d’effets spéciaux, et qu’il a un peu moins de charme que des films plus anciens, peut-être parce qu’il correspond à des créations hollywoodiennes qui nous sont plus familières. Comme si en somme, le style « horreur » ou « monstre » s’essoufflait.

Ceci dit, je vous le recommande chaudement, avec les deux autres films, pour ces ambiances noir et blanc tout en contraste, et ces créatures que vous n’oublierez jamais. Et vous donc, connaissez-vous ces films? Les avez-vous déjà vus? N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé! En attendant, je vous retrouve demain avec un monument: La Fiancée de Frankenstein!

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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