Jeunesse victorienne – Mycroft Holmes (Kareem Abdul-Jabbar, Anna Waterhouse)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

91we9ryuuhlTout d’abord, je tiens à m’excuser de ma relative absence de ces dernières semaines, dont je vous avais prévenus il y a quelques temps déjà. Comme vous vous en doutez, je suis très occupée avec le graphisme, mais j’ai enfin renvoyé la première partie du projet « brochure de parfumeur » (je suis assez contente de ce que j’ai envoyé, je me suis éclatée, j’espère donc que mes correcteurs vont aimer eux aussi!). Je me permets donc de me relâcher un peu avec le blogging! 🙂

Je suis tout de même parvenue à achever un livre – je me permettais un repos lecture le soir – à savoir l’un des livres offerts par mon frère pour mon dernier anninversaire: Mycroft Holmes de Kareem Abdul-Jabar et Anna Waterhouse, qui nous renvoie dans la jeunesse de Mycroft Holmes, frère aîné du grand détective…

  • enquête exotique à Trinidad

Nous sommes en 1870, en Angleterre. Le destin du jeune Mycroft Holmes semble tout tracé. À vingt-trois ans, il occupe un poste au Ministère de la Guerre et attend une promotion, et est fiancé à la délicieuse Georgiana Sutton, une jeune femme progressiste issue d’une riche famille de planteurs anglais à Trinidad. Il s’arrête aussi souvent chez son ami Cyrus Douglas, descendant d’esclave lui aussi élevé à Trinidad, qui tient une boutique d’alcools et cigares de luxe. Les choses se corsent lorsque Douglas apprend à Mycroft que de mystérieux meurtres d’enfants ont eu lieu dans son village natal: plusieurs enfants sont retrouvés morts vidés de leur sang, leurs dépouilles au milieu d’empreintes de douen, une créature mythique censée se déplacer les pieds à l’envers. Lorsque Mycroft met au courant Georgiana de l’affaire et lui demande si par sa famille, elle ne pourrait pas en savoir plus sur ces crimes. Troublée, la jeune femme décide de quitter sans explication l’Angleterre pour regagner Trinidad.

Holmes décide alors de partir lui aussi, accompagné de Douglas, et d’enquêter sur place. Or, à bord du paquebot, les deux hommes sont sauvagement agressés et ne trouvent aucune trace de Georgiana. L’aventure ne fait que commencer…

  • Broder sur l’univers de Holmes

La question qui se pose est la suivante: pourquoi diable parler de Sherlock Holmes sur un blog dédié à la SFFF?… Je suis certes une grande fan de l’univers du célèbre détective et de différentes adaptations (sauf Elementary, les enquêtes sont pas mal mais le personnage principal me gonfle royalement), mais ça n’explique pas tout. En effet, j’ai l’impression que depuis l’excellente série Sherlock, le personnage de ce détective fou de logique est devenu un genre d’icône geek, au moment où en être paraît beaucoup plus cool qu’il y a quelques années – s’il l’était déjà avant, je ne suis pas encore au courant. Donc pourquoi ne pas le rapprocher de la SFFF?… J’y étais d’autant plus encline que j’imaginais ce roman comme une sorte de petit « délire » autour de l’univers de Holmes, et que le résumé me laissait penser que le surnaturel s’y invitait. De plus le livre était classé dans la catégorie Steampunk chez Bragelonne, et je vous en avais déjà parlé…

Or, à ma grande surprise, le livre n’est ni steampunk, ni surnaturel, ce que je regrette quelque peu, car quitte à vouloir s’amuser sur l’univers holmesien, autant partir dans de gros délires. Je m’attendais vraiment à un univers un peu plus délirant, avec un personnage truculent, mais au final, le récit s’apparenterait plus à une sorte d’enquête historique. La dimension superstitieuse et surnaturelle est très vite laissée de côté pour une mise en contexte, je dois l’admettre, plutôt pas mal documentée, et s’intéresse à une région du monde assez mal connue. Car si nous avons tous lu ou vu des films se déroulant dans l’Angleterre victorienne, parfois dans « les Indes » de cette époque, nous savons en général fort peu de choses des Antilles au même moment. Ainsi, l’aventure de Holmes et son acolyte nous emmène dans le quartier chinois de Port-d’Espagne, dans les villages pauvres où vivent les proches de Cyrus Douglas. J’ai même appris l’existence des « Merikens », ces esclaves qui se sont engagé au côté des Anglais durant la Guerre anglo-américaine de 1812, dont nos héros rencontrent des descendants. Je dois dire que cet aspect était plutôt intéressant.

L’intrigue en elle-même n’est pas désagréable, avec cette dose d’exotisme et ses quelques scènes d’action bien senties, et j’avais hâte de connaître la suite de celle-ci. J’ai passé un fort agréable moment, en particulier lorsqu’il est question du jeune frère de Mycroft, un Sherlock un peu glandeur qui s’ennuie dans ses études et que Mycroft voit comme un petit con suffisant, quoi que très intelligent, à qui il inculque les principes de la déduction. Ces apparitions assez brèves sont néanmoins sympathiques. Le personnage de Mycroft a le don de mémoire absolue, ce qui lui permet, en temps voulu, d’utiliser des informations par association d’idées.

Ceci dit, je suis un peu restée sur ma faim car j’ai eu l’impression que la psychologie des personnage n’était pas franchement poussée à fond. Mycroft Holmes a un réel potentiel quand on lit Arthur Conan Doyle. Il vit certes des aventures qui mettent fin à son insouciance, mais j’aurais souhaité mieux capter la façon dont ce jeune homme privilégié et sans souci devient ce personnage omniscient et peu accessible. De même, Cyrus aurait mérité un traitement plus en profondeur, et j’ai trouvé que les auteurs, même s’ils tentaient de ne pas le laisser dans le rôle du faire-valoir, ont eu du mal à l’en sortir. Et c’est bien dommage!

  • Conclusion – Un peu mitigée

J’ai hésité un moment avant de faire la chronique, car comme vous le savez, j’écris surtout sur ce que j’aime. Pas que je n’aie pas aimé, j’ai passé un agréable moment, mais voilà, ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, en particulier de la part des éditions Bragelonne qui l’avaient classé dans le steampunk. Il y a de bonnes idées, mais pas exploitées à fond, et le message est assez simpliste, ce qui m’a frustrée en tant que lectrice. D’autant plus que les critiques étaient très bonnes, sans doute biaisée par le fait que Kareem Abdul-Jabbar est une star du basket, fan de Holmes. C’est d’ailleurs lui qui est encensé, on en dit très peu sur sa collaboratrice Anna Waterhouse.

Je suis donc un peu tiède quant à mon appréciation de cet ouvrage, dont j’attendais beaucoup en termes d’imagination et de surprise. En revanche, je pense que si l’on fait abstraction de ce petit délire Sherlock Holmes, les amateurs d’enquête historique pourraient peut-être aimer. Bref, dans mon esprit et dans mon cœur, l’univers holmesien restera éternellement celui d’Arthur Conan Doyle, la vieille série télévisée anglaise avec Jeremy Brett et la brillante remise au goût du jour de Sherlock, même si – désolée pour l’expression – ça part un peu en couilles dans la dernière saison.

Aussi je vous souhaite à tous d’excellentes lectures, et je vous retrouve bientôt avec de la SFFF, des chroniques de livres et de films que j’aurai peut-être plus aimés, et peut-être des créations! Très bonne soirée!

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal pour l’accompagner: Un très classique et so british Earl Grey à la bergamote. Noir pour les puristes, avec un nuage de lait pour les âmes tendres.

Titre: Mycroft Holmes
Auteurs: Kareem Abdul-Jabbar, Anna Waterhouse
Editions: Bragelonne
Collection: BRA.STEAMPUNK
380 p.
Parution: Septembre 2016
Prix: 28,00 €

Publicités

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

Vos réflexions sont les bienvenues...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s