Cinéma – Mon top 10 des scènes SFFF les plus fascinantes

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour vos si gentils commentaires concernant mon dernier post, dédié à mon voyage à Vienne sur les traces du roman. C’était quelque chose qui me tenait à cœur et votre accueil m’a fait très plaisir.

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Scène extraite d’Excalibur

Comme vous l’avez constaté, je n’ai pas été très régulière au niveau de mes chroniques ces derniers temps – la raison: la fatigue de mes neurones due à une activité graphique et à une angoisse terrible quant à l’avenir – et j’espère bientôt rattraper ça, d’autant plus que ma lecture du moment est SUPER. Mais en attendant de prochaines présentations de films, j’ai choisi de reparler cinoche, avec un petit top des scènes SFFF que je trouve les plus fascinantes. Et oui, il existe des tas de scènes, que l’on trouve magnifique, ou qui, à défaut, nous hypnotisent, qui nous marquent. Ce sont peut-être pas les mêmes scènes pour vous que pour moi, mais voilà, cela faisait un certain temps que j’y pensais… alors je vous embarque dans un voyage cinématographique à travers quelques opus étranges!

  • #10 Le jour où la Terre prit feu (Val Guest, 1961) – Londres désert

Ce film est l’un des premiers à avoir été chroniqué sur ce blog. Le jour où la Terre prit feu, sorti en 1961, en pleine Guerre froide, imagine un futur proche où la Terre, suite aux démonstrations nucléaires des États-Unis et de l’URSS, dévie de son orbite et se rapproche inexorablement du soleil. Ce qui a pour effet des vagues de chaleur partout dans le monde. L’action se déroule à Londres, dont le climat se modifie jusqu’à s’assécher complètement.

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L’arrivée du héros dans un Londres croulant sous la chaleur

Je n’ai malheureusement pas trouvé la séquence d’ouverture du film, mais je vous en montre une image. En effet, l’histoire commence par l’arrivée du héros dans un Londres apocalyptique, quasiment ville fantôme écrasée de soleil, où la Tamise s’est desséchée et où l’eau est rationnée. Si le film est en noir et blanc, les premières images utilisent un filtre jaune-orange pour suggérer la chaleur, alors qu’après avoir traversé la capitale britannique, le protagoniste principal pénètre dans les locaux d’un journal, complètement abandonné. Le mec sue comme un bœuf, dans la salle de presse, les rubans des machines à écrire ont fondu, et lorsqu’il décroche le téléphone pour composer un numéro, les touches ont ramolli et se décollent. Bref, l’ambiance qui s’installe dès ces premières minutes est très, très pesante, avant de revenir sur les événements qui ont mené à cette situation. C’est impressionnant, et je vous recommande chaudement – sans mot d’esprit – ce film.

  • #9 L’Apprentie sorcière (Robert Stevenson, 1971) – L’Armée invisible

Voici un film, lui aussi déjà présenté sur ce blog, qui a marqué mon enfance. 🙂 J’adore cette histoire: en pleine Seconde Guerre mondiale, dans un village côtier anglais, Églantine Price, une « jolie vieille fille fortunée » très convoitée suit des cours de sorcellerie par correspondance dans le secret de son abri de jardin. Or elle ne peut garder bien longtemps son secret: en effet, les autorités lui impose une fratrie de trois enfants chez elle pour les mettre à l’abri des bombardements à Londres. Ceux-ci découvrent le pot-aux-roses et la jeune femme leur révèle son but: trouver un moyen magique de participer à l’effort de guerre et éloigner les Allemands. Bien sûr, au cours de l’histoire, elle s’attache aux marmots, vit des aventures extraordinaires dans un conte pour enfants, voyage en lit et rencontre même l’amour auprès de l’imposteur qui lui envoyait ses cours de magie.

Et voici une scène qui me fascine encore alors que je suis adulte… Alors qu’un commando allemand aborde la côte près du village, il est surpris par Églantine qui est enfermée avec les enfants dans le château local. Elle décide alors de tenter le tout pour le tout en récitant une formule animant des objets… elle donne alors vie à toute une armée d’armures vides qui mettent la pâtée aux « Schleu ». À la fois drôle et épique, vous verrez dans cette séquence des soldats armés de mitraillettes, se prendre des coups de gantelet, et devenir d’un coup très superstitieux lorsqu’ils s’aperçoivent que leurs tirs sont sans effet sur les vieilles cuirasses!

  • #8 La Forteresse noire (Michael Mann, 1983) – Le vol de la croix d’argent

Encore une histoire de Seconde Guerre mondiale et d’Allemands… J’avais déjà mentionné La Forteresse noire, film maudit de Michael Mann avec pourtant des critiques relativement positives, dans mon top du WTF. Non pas que le film soit mauvais, loin de là, car le pitch est vraiment captivant: en gros, une unité de la Wehrmacht, dirigée par le capitaine Woermann, s’installe dans un village en Roumanie et prennent leurs quartiers dans une étrange forteresse, malgré les mises en garde du gardien des lieux. Les soldats libèrent bientôt une force maléfique qui les massacre un à un… mais les choses se corsent encore plus lorsqu’une horde de SS arrive en renfort, en même temps qu’un professeur juif et sa fille censés aider Woermann à bout du monstre qui hante les yeux. Le truc, c’est que l’image et les effets spéciaux ont beaucoup vieilli…

Ceci dit, je suis très sensible à ce visuel très eighties, et à l’omniprésence de la musique, composée par Tangerine Dream. Une scène me fascine en particulier (vous aller voir à quel point je suis perchée! 😂), pour son côté vaguement onirique et pour cette musique qui me transporte: lors de leur première nuit sur place, des soldats en faction sont attirés par une lumière dans le fort, celle d’une croix qu’ils pensent être en argent et décident de déseller du mur, libérant ainsi l’abomination qui va s’attaquer à eux. Ce plan en particulier, celui de cette silhouette qui avance au ralenti dans un halo lumineux avec la cape en treillis flottant au vent, à 1’38, me fait carrément planer. Je trouve que cette scène fantastique a presque un traitement S.F. vaguement onirique, qui tranche avec la cruauté de ce qui suit.

  • #7 Dune (David Lynch, 1984) – Shaï Hulud

Dune de David Lynch est un film soit adoré, soit détesté, une adaptation très personnelle de l’œuvre de Franck Herbert. Pour ma part, j’aime beaucoup, sans doute parce que je l’ai vu avant de lire le livre, qui raconte le conflit entre deux grandes familles, les Harkonnen et les Atréides, pour la production de l’Épice, une drogue élargissant le champs de conscience et permettant de voyager dans l’espace, produite sur la planète désertique d’Arrakis. Réfugié avec sa mère dans le désert auprès des farouches Fremen après l’assassinat du duc Leto Atréides, son fils Paul prépare sa revanche. Il devient pour ce peuple de guerrier des dunes une sorte de Messie, et achève de les convaincre en domptant Shaï Hulud, le ver géant des sables.

Cette scène, servie par la B.O. de Toto, affiche certes un visuel et des effets un peu vieillis, mais personnellement, elle me fait complètement triper, et là, je ne m’explique absolument pas pourquoi…

  • #6 Dracula (Francis Ford Coppola, 1992) – L’acte d’amour ultime

Dans sa somptueuse adaptation du conte gothique de Bram Stocker, Francis Ford Coppola a ajouté une romance, inexistante dans l’ouvrage d’origine, entre Mina Harker et le conte Dracula, magistralement interprété par la magnifique Winona Ryder et l’impressionnant Gary Oldman. Le film est loin de me déplaire, je le confesse, et titille doucement ma fibre romantique.

La scène finale est carrément déchirante. À la fin d’une course-poursuite à travers l’Europe, la belle Mina, qui semble être la réincarnation d’Elizabeta, l’épouse dé Dracula avant que celui-ci ne se vampirise, traine son vampire blessé dans la chapelle de son château valache. Celui-ci lui demande de mettre fin à ses souffrances, ce que la jeune femme fait avec une rage désespérée. Je suis peut-être tordue, mais je trouve cela magnifique, ça me prend aux entrailles. Le jeu passionné de Winona Ryder, cette chapelle orthodoxe lumineuse et bien chargée, le sang partout… et cette marque démoniaque qui disparaît du front de l’héroïne, qui en tuant son bien-aimé, a sauvé leurs âmes à tous les deux.

  • #5 Excalibur (John Boorman, 1981) – Le roi passé et futur

Alerte à la fan girl, car entre le mythe arthurien et moi, c’est une longue histoire d’amour, toujours aussi passionnée car je ne me lasse jamais d’en découvrir plus à ce sujet… Excalibur, malgré ses effets kitsch qui ont vieilli, me séduit par son visuel lumineux et son côté très lyrique. Pour moi, c’est presque un opéra dont je ne me lasse absolument jamais, en partie grâce aux morceaux composés par Carl Orff et Richard Wagner. ❤

Malheureusement, l’image ne rend pas vraiment hommage au magnifique opus de John Boorman, mais me transporte littéralement. Sans doute à cause de la magnifique « Marche funéraire de Siegfried » extraite du Crépuscule des dieux de Wagner, qui voit la dépouille d’Arthur partir vers Avallon entourée des dames du Lac… Rien que d’en parler, j’en ai des frissons. Mais je parie qu’il n’y a que moi qui aime! 😉

  • #4 Conan le Barbare (John Milius, 1983) – L’attaque du village

Qui ne connaît pas ce chef d’œuvre d’action et de fantasy signé John Milius? Barbare et dur, il donne à la violence une dimension presque esthétique. Conan le Barbare, inspiré des récits de Robert E. Howard, nous raconte la quête du guerrier cimmérien incarné par notre Schwarzie national (enfin, international), pour venger la mort de ses parents massacrés par l’armée de Thulsa Doom.

C’est la scène que je vous montre ici: le jeune Conan, encore enfant, assiste impuissant à l’attaque de son village et à la mort de ses parents – sa propre mère est décapitée alors qu’il lui tient la main. C’est un véritable opéra violent mis en musique par une B.O. magistrale signée Basil Poledouris.

  • #3 Inception (Christopher Nolan, 2010) – En apesanteur dans l’hôtel

Attention, nous arrivons dans le top 3, les p’tits loups! Inception est l’un de mes films favoris, l’une des choses qui m’aient le plus scotchée depuis des années tant la dimension fantastique et onirique de cet univers me fascine. Si vous ne connaissez pas encore, je vous en prie, regardez-le. Vous n’aimerez peut-être pas, mais visuellement, ça vaut franchement le détour. Le film raconte l’histoire de genres de free lancers qui infiltrent les rêves des autres pour leur dérober des idées… mais aussi pour leur en donner, ce qui s’appelle « l’inception ». Pour ce faire, il faut plonger plus profondément dans l’inconscient de l’endormi, ici l’héritier d’un grand empire industriel, en créant plusieurs couches de rêves…

C’est ce qui se passe dans la scène que je vous montre ici: endormis dans un premier niveau de rêve, nos explorateurs oniriques sont secoués comme des pruniers, ce qui annule la gravité dans le niveau de rêve suivant, où Arthur, incarné par Joseph Gordon-Levitt (mmmmm… miam-miam), veille sur ceux qui migrent encore vers un autre niveau de rêve, et ce dans un hôtel. Or il a à se défendre contre les projections inconscientes de la personne « inceptée ». Cette scène est visuellement magistrale car la mise en scène joue avec la perspective et brouille complètement la perception du spectateur. J’adore.

  • #2 Equilibrium (Kurt Wimmer, 2002) – L’Ecclésiaste découvre Beethoven

Equilibrium nous emmène à Libria, une société dystopique où les émotions sont bannies suite à une Troisième Guerre mondiale particulièrement meurtrière, pour éviter que les sentiments ne génèrent jalousie et violence. Pour ce faire, les citoyens de Libria prennent tous les jours plusieurs doses de Prozium, une drogue bloquant leurs émotions. Les objet à « contenu émotionnel » sont détruits, et les « Transgresseurs », ceux qui refusent le Prozium, sont recherchés et exécutés. Les garants de l’ordre son les Ecclésiastes: le meilleur d’entre eux est John Preston (Christian Bale), qui un jour, manque malencontreusement sa dose de Prozium et commence à ressentir des choses qu’il ne comprend pas…

La plus belle scène de ce film est, selon moi, celle que je vais vous présenter, qui m’hypnotise à chaque fois: celle où, découvrant dans une une planque de Transgresseurs toute une foule d’objet hétéroclites et interdits, John Preston entend pour la première fois de la musique, à savoir le grandiose premier mouvement de la 9ème Symphonie de Beethoven. Et là, choc. Notre massacreur se met à pleurer. Christian Bale est tout simplement majestueux dans ce rôle, et parvient à communiquer l’émotion au spectateur. En tout cas, cela marche pour moi, car je suis émue à chaque fois.

  • #1 Metropolis (Fritz Lang, 1927) – La prostituée de Babylone

On arrive à ma cerise sur le gâteau, car ce film m’obsède depuis mon premier visionnage quand j’étais adolescence: j’ai nommé le magnifique Metropolis de Fritz Lang. Dans cette société hautement mécanisée qui confine les classes ouvrières dans le sous-sol, Maria, une ouvrière, tente d’apaiser les velléités violentes de ses congénères qui n’en peuvent plus d’être exploitée.  Elle refuse de créer un conflit qui serait instrumentalisé par les dirigeants de la ville. Fredersen, le chef de la cité, ordonne au savant fou vaguement sorcier Rotwang de donner au robot qu’il construit les traits de Maria, dont son fils est tombé fou amoureux, pour semer le désordre parmi les ouvriers et mettre le feu aux poudres…

Dans la scène que je vous présente, Rotwang, lors d’une soirée, présente la fausse Maria robotique au gratin de Metropolis. Il joue sur leurs plus bas instincts pour asservir tous ces hommes puissants, alors que l’androïde se lance dans une danse endiablée, et apparaît dans les rêves fiévreux du malheureux Freder, fils de Fredersen et amoureux de la vraie Maria, sur fond de vision biblique apocalyptique – la fameuse prostituée de Babylone. Les expressions libidineuses et le jeu exacerbées des acteurs de muet prêtent bien sûr à sourire, mais il n’en reste pas moins que cette scène baroque, somptueuse et bordélique est  hallucinante! 😯

En bonus, je vous offre la version de Metropolis remontée et remise en musique par Giorgio Moroder avec d’autres artistes (Pat Benatar, Freddie Mercury, Bonnie Tyler, Adam Ant…) en 1984. Découvrez donc le morceau électro « Rotwang’s party », composé pour cette même scène de danse. Je suis absolument transportée par ce son, quand bien même il sonne méchamment eigties… Je vous invite à découvrir, outre l’originale, à découvrir cette autre version de l’œuvre.

  • Conclusion

Voili-voilà, j’espère que ces scènes vous auront donné envie d’en savoir un peu plus sur ces films, que je trouve assez remarquables, ou du moins, qu’elles vous auront fait passer un agréable moment dans mon univers cinématographique. Je reconnais avoir parfois des goûts un peu spéciaux, alors j’attends dans vos commentaires des scènes qui vous, vous ont marqués dans des films de S.F., fantastique et fantasy

Je vous souhaite donc une bonne nuit, et de beaux rêves… en attendant une prochaine chronique, et pourquoi pas quelques créations! 🙂

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

7 réflexions au sujet de « Cinéma – Mon top 10 des scènes SFFF les plus fascinantes »

  1. Super top, tu m’as donné envie de découvrir des films que je ne connaissais pas ! 🙂
    Le Dune de Lynch est sympa – je ne l’adore pas, mais je n’ai pas détesté non plus (j’ai surtout été gênée par le fait que je connaissais l’acteur par son rôle dans Desperate Housewives et HIMYM ^^ »)

    Aimé par 1 personne

  2. Il y a des tas de films que je veux voir ou que j’ai l’intention de voir dans ta sélection. J’adore Métropolis, je suis devneue fan de Brigitte Helm et j’adore cette scène! J’ai moins accroché Dune mais ça m’a donné envie de lire les romans.
    Bisous à toi et à plus sur nos blogs respectifs!

    Aimé par 1 personne

    1. Je crois que je n’ai vu qu’un autre film avec Brigitte Helm… « L’Atlantide » ou quelque chose comme ça, il me semble. Si j’ai bonne mémoire, elle portait des colliers étranges et surtout très volumineux! 🙂
      Bisous

      Aimé par 1 personne

      1. Disons que j’ai vu « L’Atlantide » d’un œil à l’époque de mon premier stage, quand j’habitais chez une amie de la famille… donc ce sont plus les costumes, et son profil assez particulier en mode statue grecque qui m’ont marquée. 🙂 Il paraîtrait qu’elle ait beaucoup souffert sur le tournage de « Metropolis ».

        Aimé par 1 personne

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