Amour par-delà les siècles – La Momie (Karl Freund, 1932)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

la_momieComme je vous l’avais annoncé à Noël, j’ai reçu un coffret de vieux films, des classiques du fantastique et de l’horreur produits par les studios Universal.

Ainsi, suite à la chronique dédiée à Dracula, je vous offre encore avec un vieux coucou, un autre classique produit par les studios Universal: La Momie de Karl Freund avec Boris Karloff dans le rôle-titre.

Je vous invite donc pour un voyage exotique au pays des Pharaons…

  • Un amour qui dure des siècles

Nous sommes dans les années 1920 en Égypte, sur un chantier archéologique. Sir Whemple (Arthur Byron), du British Museum, découvre le tombeau et inhume la momie du prêtre Imhotep (Boris Karloff). Or la dépouille ne semble pas avoir été embaumée selon le procédé habituel: il aurait en effet été enterré vivant pour avoir vécu un amour interdit avec la princesse Ankh-Sun’Amun (Zita Johann). Mais une malédiction plane sur le tombeau, où l’assistant de Whemple, Norton (Bramwell Fletcher) lit à voix haute la formule d’un vieux papyrus, le Rouleau de Thot. On le retrouve mort, tandis que la momie a disparu avec le précieux manuscrit…

Dix ans plus tard, au Caire, le fils de Whemple, Frank (David Manners) et le professeur Pearson (Leonard Muddie), en pleine campagne archéologie, sont approchés par un certain Ardath Bey – en qui l’on reconnaît Imhotep grimé – un Égyptien qui leur indique l’emplacement du tombeau de la princesse Ankh-Sun’Amun. Cela donne lieu à la découverte du siècle et les trésors de la princesse sont exposés au Musée du Caire. C’est sans compter sur une proche amie de Frank Whemple et de Pearson, la pétillante Helen Grosvernor (Zita Johann), qui présente une troublante ressemblance avec Ankh-Sun’Amun… ce qui n’est pas sans éveiller l’intérêt d’Imhotep, et l’inquiétude des compagnons d’Helen alors que celle-ci, dès sa rencontre avec l’ancien prêtre d’Égypte, affiche un comportement étrange.

  • Un grand succès

La Momie est devenue un véritable classique, porté par le faciès de Boris Karloff grimé en momie par le maquilleur Jack Pierce, qui l’avait déjà transformé en créature de Frankenstein sur le tournage du film éponyme. Succès au box-office, il surfe sur cette vague de films comme Dracula ou Frankenstein, avec une créature effrayante et une pincée d’exotisme en plus.

the_mummy_boris_karloff_1932-2
Boris Karloff en Ardath Bey alias Imhotep. M’est d’avis q’une petite crème hydratante ne lui ferait pas de mal! – Source: Wikipedia

Le pitch s’inspire bien sûr de la découverte, en 1922, du tombeau de Toutankhamon quasi-inviolé et des trésors qu’il contenait, et s’appuie sur la croyance en une malédiction des pharaons, corroborée à l’époque par d’étranges coïncidences et morts accidentelles parmi les membres de l’équipe d’Howard Carter. Qui lui, meurt en 1939, soit 17 ans après sa découverte! 🙂

Mais les œuvres d’art sorties de la tombe du jeune pharaon suscitent dès les années 1920 une véritable vague d’égyptomania… qui ne s’est jamais démentie depuis, puisqu’un remake de La Momie réalisé par Stephen Sommers sort en 1999. J’avoue l’avoir vu avant l’original, et l’Ardath Bey de cette version était à mon goût… vachement plus glam’! 😉

C’est à Karl Freund, le réalisateur de Dracula, qu’est confié la tâche de réaliser La Momie. En effet, il savait distiller, par sa maitrise des plan et une utilisation de la lumière expressive tout en contrastes, une atmosphère pleine de magie, de mystère et de vague menace. Rien de tel pour mettre en valeur les salles désertes du musée où la momie commet ses forfaits, ainsi que la créature desséchée brillamment incarnée par Monsieur Karloff. Son maquillage par Jack Pierce, qui avait passé du temps à étudier des photographies de momies, en particulier de très bien conservées comme celle de Sethi Ier, est très impressionnant. Le résultat en est des séances de huit heures de maquillage pour Karloff, entre application de colles, coton ou encore argiles sur la peau, et emmaillotement dans des bandelettes en lin. Une fois le tout terminé, on raconte que Boris Karloff aurait dit à Pierce: « Excellent travail, mais tu as oublié la braguette… » J’espère pour lui qu’une solution a été trouvé à ce petit problème pratique! 🙂

mv5bytm3ngjmzjktmzuxmi00nzdiltgxy2qtytllotgwoty2owrml2ltywdll2ltywdlxkeyxkfqcgdeqxvymte2nza0ng-_v1_sy1000_cr007321000_al_
Zita Johann en Ankh-Sun’Amun – Source: Imdb.com

Outre le personnage de la momie d’Imhotep, l’exotisme est au rendez-vous. Tourné en quelques semaines, vous vous doutez qu’il n’a pas été question de déplacer tout un staff en Égypte, aussi les scènes de désert ont été tournées sous le soleil de Californie. On y retrouve toutes sortes d’images d’Epinal, voire de clichés sur les superstitions égyptiennes. Certains critiques actuels voient dans cette mise en valeur de l’Égypte pharaonique et non islamique, quelques relents d’islamophobie… Pour ma part, je pense que quand on a envie de voir le mal quelque part, on le voit forcément. Or, même s’il y avait forcément des préjugés envers les Égyptiens « modernes », je ne suis pas certaine que la production se soit creusé la tête avec des recherches, et a préféré jouer sur le sensationnalisme post-Toutankhamon. En effet, l’exactitude historique n’est pas vraiment de mise dans ce divertissement, à une époque où les films sont pratiquement produits et réalisés en série et dont le contexte tient plus du fantasme. Tout au plus cherche-t-on à rendre une ambiance visuelle, mystérieuse et magique, notamment à travers des éléments de décor ou encore les somptueux costumes d’inspiration pharaonique portés par Zita Johann.

Bref, s’il n’a pas de contenu hautement philosophique, La Momie n’en reste pas moins un film divertissement, qui a connu un grand succès car correspondant à une envie du public, celle d’être dépayser quand il ne pouvait pas lui-même s’envoler pour l’Egypte. Il ne faut donc pas oublier l’époque de sa réalisation, et l’on pourra, encore de nos jours, apprécier son image au charme suranné.

  • Conclusion

Et oui, et oui, et oui… Aujourd’hui dans la catégorie « vieux coucou », j’ai décidé de vous présenter La Momie. Je l’avais visionné il y a des années, tard le soir, lors d’une soirée spéciale sur Arte. Classique de l’horreur et du fantastique qui peut paraître gentillet à un public du XXIe habitué aux effets spectaculaires ou gores, il n’en reste pas moins envoûtant et d’un charme fou.

Je vous conseille donc de re-visionner cet opus et de vous laisser porter par son ambiance si particulière que vous ne retrouverez dans aucun film de notre époque. Aussi, je vous laisse avec sa bande-annonce old school, et vous dis à bientôt pour d’autres vieux coucous et d’autres chroniques livre!

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Dracula La Momie
Année de sortie: 1932
Réalisation: Karl Freund
Origine: États-Unis
Durée: 1h1″
Distribution: Boris Karloff, Zita Johann, Edward von Sloan, David Manners, Leonard Muddie…

Publicités

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

6 réflexions au sujet de “Amour par-delà les siècles – La Momie (Karl Freund, 1932)”

  1. J’aimerai beaucoup avoir ce coffret de films classiques car c’est typiquement le genre de films que j’adore!
    Le fantastique à cette époque a un charme fou.
    Bisous à toi et à plus sur nos blogs respectifs!

    Aimé par 1 personne

Vos réflexions sont les bienvenues...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.