Sauver le monde – Autre-Monde, t. 7: Genèse (Maxime Chattam)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

51cahtponplÇa y est, nous y arrivons! Enfin une nouvelle chronique livre sur ce blog! Et une fois n’est pas coutume, avec une sortie relativement récente puisqu’elle date de novembre, et plus précisément le jour de mes trente ans.

Alors, alors, c’est quoi-t-est-ce, cette fois-ci?… Je reviens avec le tout dernier tome de la saga de Maxime Chattam Autre-Monde, dont j’avais dévoré les six premiers avant même les débuts de ce blogs. C’est que cet ultime tome a mis pas mal de temps à sortir!… Je me suis donc précipitée dessus dès sa sortie et espérais vous en parler avant le voyage, mais les choses ne se sont pas passées comme prévues. Aussi, je vous dévoile aujourd’hui ce que j’en ai pensé…

  • Une course contre la montre

Pour résumer les tomes précédents (ne lisez pas ce paragraphe si vous craignez de vous gâcher le suspense, passez à celui d’après!), une violente tempête a décimé une grande partie de la population mondiale, deux ans auparavant, séparant les enfants des adultes, obligeant les premiers à s’occuper d’eux-mêmes et suscitant chez les autres un profond dégoût pour leur progéniture. Les enfants se sont organisés en une société qu’ils appellent celle des Pans, et après moult combat, ont instauré une trêve avec les adultes. Mais alors que la nature a repris ses droits, une autre menace arrive du Nord, un orage synthétique et électrique surnommé Entropia, qui absorbe et synthétise tout sur son passage, dirigée par Ggl, un être terrifiant programmé pour uniformiser le monde. Pour lutter, les Pans ne voient qu’une solution: retrouver les autres cœurs de la Terre, dont l’une d’entre eux est la détentrice, et dont l’énergie pourra les aider à faire face à cette terrible chose. Or les choses ne se sont pas passées comme prévues, car après l’arrivée des Pans d’Amérique du Nord en Europe où leurs semblables sont atrocement traités, ils voient le second cœur de la Terre détruit par Entropia et par leur ennemi de toujours, le Buveur d’Innocence

Le jeune Matt, sa compagne Ambre détentrice du premier cœur de la Terre qu’elle a assimilé, et leur meilleur ami Tobias, sont en fuite avec quelques uns de leurs compagnons. Alors que le Buveur d’Innocence s’est allié à Entropia et, plus puissant que jamais, balaye tout sur son passage avec Ggl, les adolescents traversent des lieux plus dangereux les uns que les autres pour trouver avant eux le dernier coeur de la Terre subsistant. S’aventurant dans les mondes sous-terrains du sud de l’Europe, ils y découvrent un autre clan d’adolescents, les « Conteurs de vrai », détenteurs d’un secret qui explique les origines de la catastrophe qui a frappé la Terre et privé les enfants de leurs familles. Cette révélation va changer leur perception des éléments, et les obliger à tout mettre en œuvre pour atteindre, au prix d’un parcours semé d’embûches, et parfois de leurs vies, à atteindre le Moyen-Orient pour qu’Ambre puisse absorber le dernier cœur de la Terre et venir à bout de Ggl, quitte à se sacrifier. Mais Matt est-il vraiment prêt à risquer la vie de celle qu’il aime pour ce faire?

  • Une imagination débordante

Inutile de vous dire que j’ai pris un certain plaisir à retrouver le jeune Matt, Tobias et Ambre quand bien même la perfection de celle-ci est un brin assommante. Merde, elle ne pourrait pas avoir un brin de mauvaise foi? Piquer une colère de temps en temps?… Non?… Ces trois-là sont bien sûrs bien plus fouillés que le reste de la bande qui reste tout de même fun et attachant, avec Chen, Dorine, Lilly, Torshan le Khloropanphylle dont le clan a fusionné avec la végétation, Tania le love interest de Tobias… Les gamins du début ont beaucoup mûri, éprouvés par les épreuves et les deuils. À l’approche du dénouement et alors que s’éveillent en eux le désir amoureux, ils se posent de plus en plus de questions sur ce qu’est devenir adulte, et craignent de devenir comme ceux qu’ils combattaient au début et d’oublier les enfants qu’ils ont été. Dans l’ensemble, j’ai trouvé très mignonnes les relations qu’ils entretiennent, amicales ou amoureuses, quand bien même cette scène de parfaite « première fois » entre Matt et Ambre m’a un peu saoulée: messieurs et mesdames les auteurs, je vous en prie, de grâce, arrêtez de mythifier les premières fois, surtout du côté des filles, ça ne nous change pas radicalement et ce n’est par forcément mieux parce qu’on aura attendu, il faut cesser ces conneries d’un autre âge! 🙂

Pour ce qui est du monde tel qu’il est dans le livre, je dirais qu’il est grandiose, d’une dangereuse beauté. Car n’oublions pas que le monde a été chamboulé du jour au lendemain, que la nature a repris ses droits et que des arbres titanesques de la hauteur de gratte-ciel ont poussé en une nuit, tout comme les créatures animales ont muté – chiens géants, papillons géants, humains devenus des abominations surnommées les « gloutons », tandis que d’étranges êtres mécaniques émergent pour traquer les enfants vivants. Mais les paysages de villes fantômes envahies par la végétation sont absolument étourdissants, et ce tout au long de la série.

L’ennemi des héros est effrayant dans sa toute-puissance: Ggl n’est plus un être de chair et de sang, il est capable de manipuler les cadavres comme des marionnettes grâce à des matériaux synthétiques. On ne peut vraiment le blesser, ni l’atteindre, il étouffe tout ce qui est vivant et naturel. En fait, il me fait un peu penser aux Borgs dans Star Trek. Quant à l’allié de celui-ci, le Buveur d’Innocence, qui apparaît dans le premier cycle de la série comme un pédophile notoire qui ne rêve que de se taper Ambre, a développé une véritable obsession pour elle et ses deux amis qu’il souhaite voir échouer et mourir. Il est assez caricatural, mais également si répugnant et machiavélique que l’on plaint même les traitres qui se tournent vers lui… Ah! Quel être abominable.

Si au cours des sept tomes nous avons traversé l’Amérique du Nord et l’Europe, parfois dans des lieux que nous connaissons ou qui, du moins, nous sont familiers, Genèse nous emmène dans le sud de l’Europe avec la cité enterrée qui abrite la communauté d’enfants des « Conteurs de vérité », des jeunes qui ont accès aux connaissances du monde d’avant grâce aux ruines des bibliothèques. Coutume fort insolite: ils mangent les pages des livres pour absorber leurs connaissances, ce qui colore leur visage de noir avec l’encre. C’est sur ces lieux que Matt et ses compagnons feront une découverte folle quant à la catastrophe. Nous visiterons également Port-Aux-Crânes, une ville creusée dans les falaises mais que j’ai beaucoup de mal à situer, d’où les enfants embarqueront en Méditerranée pour rallier le troisième cœur de la Terre. Vous découvrirez un Moyen-Orient quasiment dépourvu de présence humaine, mais peuplé de golems et de créatures élémentaires qui rôdent dans les rues de Jérusalem… Et vous ferez même un crochet par l’un des lieux les plus légendaires de l’Histoire…

  • Un gros bémol, cependant…

En revanche, s’il est un point qui me semble un petit peu vaseux, c’est bien celui des raisons de la catastrophe qui secoue la Terre au début du livre. On est à mi-chemin entre Matrix et Terminator, avec une présence de la technologie qui bouffe tout et rend les humains décérébrés. Bref, la Terre a réagi à une attaque technologique en hypertrophiant ses forêts. OK, admettons. Mais là où je trouve la théorie vraiment tarabiscotée, c’est que les gens qui ont disparu étaient ceux qui étaient sur les réseaux sociaux, adultes et jeunes décérébrés obsédés par leurs Smartphones. D’une part je trouve ça atrocement caricatural, et d’autre part, comme il a bien fallu trouver une explication à ceux susceptibles d’avoir été sur les réseaux sociaux qui n’auraient pas disparu, eh bien… il s’agit de simples bugs. Enfin, il y en a pas mal de bugs… Et donc Entropia et Ggl (inspiré de « Google ») progressent pour réparer ces bugs, tout assimiler et uniformiser. Bon. Sauf le respect que je dois au Sire Chattam et à son succès, je me demande ce qui lui est passé par la tête, et s’il savait vraiment où il allait au moment où il a commencé la rédaction de sa série il y a une dizaine d’année: en effet si les réseaux sociaux émergeaient et qu’on commençait à utiliser les Smartphones, les technologies n’étaient pas si présentes, on ne parlait pas encore des Anonymous ou des données personnelles. Que de nouvelles idées arrivent à l’auteur avec le monde qui évolue, OK. Mais de là à rendre les technologies responsables du malheur des humains, je trouve cela franchement abusé.

Pour ma part, si je pense qu’en effet il y a un certain narcissisme sur les réseaux sociaux (je ne vous en parle même pas du côté des gens qui écrivent dont je fais aussi partie! honte à moi!), tout le monde ne se met pas en scène, tout le monde ne surveille pas ses « likes ». On voit certes beaucoup de gens scotchés à leurs portables. Cependant je suis également d’avis que les nouvelles technologies peuvent aussi faire de merveilleux instruments de partage, permettre de garder le contact avec d’autres. Pour quelqu’un d’isolé comme moi, c’est vraiment quelque chose de positif, et je pense que ça l’est pour d’autres personnes qui sans cela seraient vraiment . On peut donner des nouvelles à des proches, à des amis qui habitent loin, et partager ses passions grâce à nos blogs comme nous le faisons ici sur WordPress. Pour ça, je serais plus de l’avis du jeune Tobias, qui admet que ne pouvoir recevoir des nouvelles de ses amis dans cette période difficile lui pèse. Donc, les élans moralisateurs de certains personnages – Ambre, d’ailleurs! – quant aux technologies de communication me paraissent franchement conservateurs et absolument hors de propos, n’en déplaise à ceux d’entre vous qui pensent que cela est une mauvaise chose. Pour moi, une innovation n’est pas bonne ou mauvaise en elle-même. C’est ce qu’on en fait. Et pouvoir partager avec des gens aux quatre coins du mondes quand on ne peut pas partir de chez soi, je trouve que ça n’a pas de prix.

Quant au laïus d’Ambre (encore elle! 😉 ) sur le fait qu’Internet a mis un frein à l’ennui des gens et les a empêchés de rêvasser et d’être créatif, je trouve que c’est un raccourci facile et capillotracté. D’une part, rêvasser et être créatif ne sont pas nécessairement la même chose, et tout le monde ne peut être créatif en s’ennuyant, certains ont besoin de stimulation dans leur environnement pour ce faire. Et accuser Internet de freiner la créativité… c’est pareil, tout dépend de comment on l’utilise. Car c’est par ce biais que certains talents artistiques et littéraires ont émergés. On a accès à tant de choses, il y a forcément du bon dans le lot, comme des blogs d’artiste, des plateformes d’écriture, des conseils lecture ou cinéma sur les blogs… Certains contenus peuvent être très inspirants, ou à défauts, instructifs. On ne peut donc pas jeter la pierre à Internet ou l’anathème sur les gens qui l’utilisent.

Même si au niveau narratif cette théorie crée de nouveaux enjeux et ajoute un peu de rythme, elle me laisse franchement sceptique… d’autant plus que les Pans reproduisent plus ou moins ce système de réseau avec le monde des morts qui les aident à acheminer leurs messages. C’est tout un débat, mais pour une fois je tenais à exprimer mon désaccord avec l’auteur.

  • Une ambiance magnifique quand même

Malgré le bémol sur lequel je me suis attardée, presque en mode coup de gueule parce que les clichés d’adultes démissionnaires et de petits cons narcissiques véhiculés par cette idée de technologie vampirique m’ont vraiment refroidie, je n’en ai pas moins beaucoup apprécié le rythme de l’histoire, où l’on ne s’ennuie pas une seconde (sauf pour les leçons de moral citées ci-dessus!), les nombreux personnages, adolescents comme adultes car ils ne sont pas tous des tyrans haineux, les enjeux et l’univers foisonnant, tout en lieux étranges et en créatures formidables de cet « autre monde ».

Si la théorie de départ de la catastrophe et une petite comparaison biblique trop peu subtile pour que je l’apprécie m’ont quelque peu étonnée de la part de quelqu’un comme Chattam, je me suis laissée emporter par cette quête. Matt comme Tobias, avec leur amitié si solide et l’affection dont ils font preuve l’un envers l’autre, me touchent beaucoup. Ces deux petits gars sont adorables, je me suis beaucoup intéressée à leur évolution, surtout à celle de Tobias, qui partait comme une caricature de petit binoclard timoré (mais quel est le problème avec les binoclards dans les fiction, à la fin? ne pas bien voir ne veut pas dire être une flipette, non mais! 😉 ) mais qui se révèle un gamin ingénieux et plein de ressource. Tobias, je t’adore!

Et le tout qui se conclut par un final… lumineux, poétique et très beau, après des moments vraiment épiques et émouvants.

  • Conclusion

Alors, alors, alors, alors… Je suis ravie d’avoir enfin pu lire la fin des aventures de Matt et Tobias, les deux vieux copains de toujours, qui ont évolué dans ce monde aussi dangereux que fascinant. Si la théorie de Maxime Chattam quant à l’arrivée de la catastrophe m’a franchement gonflée, je recommande quand même cet ouvrage qui m’a touchée et tenue en haleine. Il ne pouvait pas se finir autrement, et je pense qu’un tome de plus n’aurait servi à rien.

Mon seul véritable regret est de ne pas connaître le destin de Gaspar, cet adolescent énigmatique qui dirigeait la résistance de Neverland dans le tome 6, Neverland… Qu’à cela ne tienne, dans la postface du roman, Chattam annonce deux romans, sis dans l’univers d’Autre-Monde, qui lui seront consacrés! 🙂 Voici donc de quoi m’intriguer, les p’tits choux! Je vous conseille donc, malgré ma petite réserve quant à la « morale » de la technologie, de terminer cette très belle saga, d’achever les aventures de Matt et Tobias. Aussi je vous souhaite une excellente lecture, et vous dis à très vite pour de prochaines chroniques!

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

5 réflexions au sujet de « Sauver le monde – Autre-Monde, t. 7: Genèse (Maxime Chattam) »

  1. Je vais te dire une confidence, mais ne la répète à personne, j’ai été au lycée avec Maxime Chaattam, mais nous n’étions pas dans la même classe et je n’arrive pas à me souvenir si on s’est déjà parlé…

    Aimé par 1 personne

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