Le Sang des Wolf – Acte II – Chapitre XVI – 1ère Partie

SWCH16001« Tu imagines ça ? C’est complètement fou, je n’ai pas pu dormir avec cette histoire ! »

Zoé entra dans la cuisine en bâillant, les cheveux encore ébouriffés et vêtue de son pyjama favori à l’effigie de Mickey Mouse. À peine levée, elle songeait à sa soirée chez Jan, en compagnie des DEUX cousins. Elle en tremblait d’avance. D’excitation ou de peur, elle ne savait plus trop. Clara, visiblement agitée, les yeux injectés de sang et marqués par de profonds cernes, était assise à table en compagnie de Jean suspendu à ses lèvres.

« Ça m’énerve ! Pour ça, les flics, c’est comme en France ! Tu les vois arriver, tu te sens déjà coupable, même si tu sais que tu n’as rien à te reprocher ! Et cet inspecteur, quel lourdaud, putain ! J’avais envie de lui verser mon shaker sur la tête !

− C’est quoi cette affaire ? interrogea Zoé en fouillant le placard à la recherche de son mug fétiche, bien déterminée à faire bonne figure devant les deux taches vivant sous le même toit qu’elle.

− Ça va te plaire… »

Zoé se tourna vers Clara. Au ton que la belle rousse employa, elle devina qu’au contraire, celle-ci espérait qu’elle n’aimerait pas du tout. Tentant de garder une contenance, la jeune fille se dirigea vers l’évier pour remplir la bouilloire.

« Je suis tout ouïe… répondit-elle, peu dupe de l’ironie de sa colocataire.

− L’inspecteur Terwull – le père de Tristana, j’imagine qu’il n’y a pas trente-six inspecteurs Terwull à Vienne – a fait un saut au club hier soir ! Il voulait parler avec Karl, et avec moi. Il a eu de la chance, Karl était sur place… Tu ne devineras jamais… »

Jean soupira. Zoé lui lança un regard mauvais. Quand bien même ce lâche se montrait légèrement agacé par les effets et les minauderies de Clara, il n’avait pas assez de couilles au cul pour lui demander d’abréger, ou pour prendre la défense de Zoé. La rouquine avala une gorgée de thé, tandis que Zoé piochait un sachet de tisane dans la réserve.

« La fille morte retrouvée sur le parvis de l’église à Baden, c’était la belle blonde qui dansait collée-serrée avec Lukas, le soir où on était tous au club. Au vu des questions pas très subtiles de ce cher inspecteur, je crois que lui et son cher cousin sont les suspects numéro un… »

Zoé lâcha son mug qui se fendit en deux sur le carrelage. Elle foudroya du regard Clara qui, d’un hochement de tête et d’un sourire éloquent, lui signifia qu’elle avait parfaitement prévu ce type de réaction. Pour dissimuler son trouble, et surtout pour ne pas avoir plus longtemps cette garce dans son champ de vision, elle se baissa pour ramasser les débris de sa belle tasse noire ornée d’un squelette de main formant un signe de corne, offerte par ses frères avant son départ à Vienne. Elle se mordit l’intérieur des joues tandis qu’elle en jetait les morceaux à la poubelle.

« Ce serait bien ton genre, ça, de t’enticher de tueurs ! » lança Clara, feignant la plaisanterie.

Tel un diable sortant d’une boîte, Zoé se dressa de l’autre côté de la table, sourcils froncés. Jean se leva et quitta la cuisine, sentant probablement monter la tension et craignant de s’électrocuter rien qu’en respirant l’air de la pièce. Envahie par une colère d’un degré rarement atteint et exaspérée par le sifflement de la bouilloire, Zoé sentit son rythme cardiaque et sa respiration s’accélérer dangereusement. Elle serra les poings à s’en faire mal. Clara sirotait placidement son thé. Elle lâcha d’un air faussement dégagé :

« Allons, Zoé. Pas la peine de jouer la fille outrée. On mouille toutes notre petite culotte à la vue de Lukas, et tu ne fais pas exception à la règle… »

Zoé perdit le contrôle. Sans même se soucier de son air ridicule avec un Mickey Mouse souriant ornant sa poitrine, elle bondit par-dessus la table de la cuisine et se rua sur Clara. L’espace d’une seconde, elle eut la suprême satisfaction de voir une surprise mêlée de terreur se peindre sur les traits de cette garce. Celle-ci cria. Sa chaise se renversa, son thé chaud se répandit sur le carrelage jaune. Zoé lui décocha une droite en plein visage. Hurlant, Clara voulut la stopper en enfonçant les ongles dans la chair blanche de ses poignets. Sa voix stridente aiguillonna un peu plus la brunette déjà furieuse, qui se débattit violemment pour dégager ses mains, pesant de tout son poids sur le corps de Clara.

Jean accourut et jura lorsqu’il prit toute la mesure du spectacle se jouant devant lui. Sans ménagement, il attrapa Zoé par la taille et la souleva pour la séparer de Clara. Elle gigota dans tous les sens pour se libérer, comme folle. Elle se faisait humilier et insulter, et lui revenait pour défendre cette pétasse ! Clara se releva avec difficulté, sonnée. Elle se massa la joue. Jean maintenait Zoé trop fermement. Elle capitula et se laissa couler entre les bras du jeune homme.

« Mais tu es devenue folle, ma parole !

− C’est une malade ! Une vraie malade, cette fille ! éructa Clara, dardant sur Zoé un regard emprunt d’une bestialité à peine contenue.

− Mais qui tu es, toi, pour me dire ça, hein ? explosa Zoé, toujours retenue par Jean. Tu es qui ? Tu passes ton temps à m’envoyer des piques, et à émettre des suppositions à deux balles que je supporte patiemment, et tu t’étonnes qu’un jour, je pète un plomb ? Espèce de manipulatrice, de salope sadique, toujours à me rabaisser ! Tu crois peut-être que je n’en souffre pas ?… Oh si, tu le sais, tu n’es pas stupide à ce point ! Et ça te fait prendre un pied pas possible ! Tu ne supportes même pas que je puisse avoir confiance en moi ! C’est toi, la malade, Clara, pas moi ! »

SWCH16002Jean la libéra enfin, la fixant avec stupeur. Tremblante, Zoé inspira et expira profondément, comme allégée. Elle s’appuya sur le bord de la table et pour la première fois de sa vie, considéra Clara avec un sentiment proche du mépris. Comment avait-elle pu ignorer le vrai visage de cette fille pendant toutes ces années ? Comment, maintenant qu’elle repensait aux propos de Tristana, et même de Lukas, avait-elle pu faire preuve de tant de patience, s’écraser comme une merde et passer pour une conne passive ? Prenant garde de ne pas glisser sur la flaque de thé, Clara se remit debout et contre-attaqua :

« Si nous sommes si terribles avec toi, tu peux toujours aller pleurer chez Jan ! Qui sait ? L’autre appréciera peut-être…

− Si tu en veux une autre, dis-le, je suis toute disposée à te faire ce plaisir… répliqua Zoé d’un ton égal, mais au fond très lasse.

− Mais qu’est-ce qui t’a pris ? intervint Jean.

− Elle a juste attendu que tu sois parti pour me sortir le bouquet final, puisque madame aime faire ses coups en douce… Entre ça et la charmante conversation que j’ai entendue hier soir en rentrant, je suis vraiment gâtée !… Le haut du panier, mais pour qui tu te prends, Clara Liebermann ?… Relaxe-toi ma grande, je ne compte pas piétiner tes plates-bandes… Si tant est qu’elles existent. »

Zoé reprit son souffle et se dirigea vers le frigo, soudain assoiffée. Elle sortit une bouteille d’eau gazeuse et y but directement au goulot, sous les yeux de ses deux compagnons médusés. Son cœur palpitait jusqu’à la douleur.

Contre toute attente, elle ne culpabilisait pas. Si cette scène se fût produite quelques semaines plus tôt, Zoé en eût pleuré de rage. Cette transformation l’effraya quelque peu, mais cela ne dura qu’un instant. Elle vida la bouteille quasiment d’un trait avant de la fourrer dans la poubelle. Elle sortit de la cuisine en sautillant pour éviter le thé répandu au sol. Sur le pas de la porte, elle risqua une dernière pique :

« Désolée pour le bordel, j’ai à faire. Une petite guerre austro-française à aller méditer à l’ambassade… J’espère que tu as un fond de teint bien couvrant, ma toute belle, parce qu’un cocard quand on tient le bar, ça ne fait pas très sérieux. »

Elle partit la tête haute, ignorant les jérémiades de Clara.

« Je te jure, Jean ! Elle m’a fait peur ! La façon dont elle m’a regardée ! C’était effrayant ! »

*

Ferenczi et Weber, passés de bon matin chez les jeunes Français dont Tristana avait indiqué l’adresse, rapportèrent en substance le témoignage de Jean Hernandez, qui passerait faire sa déposition ce week-end. Les deux flics évoquèrent une flaque de thé inondant la cuisine, et ne tarirent pas de commentaires graveleux quant à la belle petite Clara Liebermann, qui leur avait ouvert la porte en culotte et débardeur – avec un coquard sur le visage. La jeune femme leur avait dit avoir eu quelques anicroches avec sa colocataire partie travailler. Pour avoir interrogé la belle rouquine la veille, Terwull la tenait pour une petite garce arrogante atteinte d’un complexe de supériorité défiant l’imagination. Quant à leur compagnon Viktor Adler, Horvat et Gruber l’avaient interrogé dans son petit bureau de l’institut de recherche égyptologique. Ils l’avaient affublé du doux sobriquet de « Daniel Jackson ».

Georg s’était réservé trois témoins de choix : Zoé elle-même, Jan et Lukas Finsterwald. Il avait appelé Zoé. Sans paraître surprise le moins du monde, elle lui avait assuré pouvoir passer au commissariat en fin d’après-midi, après le travail. Concernant Jan, il l’avait appelé sur son portable, alors que le jeune homme était au bureau, à l’hôtel. Malgré le petit blanc au bout du fil suite à l’annonce de la mort de Beate Hassler, son timbre juvénile et son ton avenant avaient presque séduit le policier, qui attendait avec impatience de rencontrer le petit frère de Wolfram et Odon. De plus, ce charmant garçon avait communiqué à l’inspecteur le numéro de la demeure viennoise des Finsterwald, assurant que son cousin Lukas s’y trouverait jusqu’à son départ au théâtre en début d’après-midi. Au téléphone, une voix grave et mélodieuse répondit à Georg, mais elle devint carrément rude après qu’il lui eût expliqué l’objet de son appel. Lukas Finsterwald s’engagea néanmoins à passer en fin de journée, après sa répétition.

Le silence se fit dans les bureaux quand Zoé arriva. Terwull crut que Wagner, présent dans les locaux et épluchant pour l’énième fois des données sur les possesseurs illicites d’animaux sauvages, allait tomber à la renverse quand il la vit. Les cheveux coupés de frais encadrant son visage pâle de volutes sombres, les yeux noirs ourlés d’eye-liner et la bouche peinte en rouge, elle portait une petite robe noire habillée extrêmement flatteuse soulignant une taille fine et un buste très bien pourvu. Georg, nom d’un chien, cesse de la regarder comme ça, se reprit l’inspecteur, c’est l’amie de ta fille ! Il semblait que sur le trajet, elle avait troqué les escarpins contre une paire de solides Doc Martens, ce qui ne gâchait en rien l’ensemble – après tout, Terwull l’avait toujours connue en baskets et rangers avant qu’elle travaillât à l’ambassade. Georg ne pouvait nier qu’elle avait changé, mais ce fut moins ce qu’il en vit que ce qu’il en perçut qui le frappa. La jeune fille maladroite, prompte à se cogner dans un encadrement de porte, lui paraissait plus sûre d’elle, plus gracieuse. Quoique toujours sauvage et farouche. Wagner la suivait des yeux, comme s’il eût senti quelque mystérieux magnétisme en elle.

SWCH16003« Zoé, je suis ravi de te voir… Très seyants, cette nouvelle coupe et cette petite robe.

− Je vous remercie inspecteur. »

Elle s’installa à son bureau. Sperling la fixait, bouche bée, mais ne put faire autrement que de répondre positivement au sourire que Zoé lui adressa.

« Tristana espère que tu ne lui en voudras pas. Elle s’est permis de me donner ton numéro, pour que je puisse te joindre.

− Je n’ai rien contre ça, si je peux aider à coffrer cette ou ces ordures, ce sera avec joie. »

À ces mots, les collègues de Georg échangèrent quelques regards étonnés. Monsieur Loup s’était rapproché, quittant le bureau voisin et se plantant à l’entrée de la pièce pour scruter Zoé avec intérêt, quand bien même il ne voyait d’elle que son dos et ses cheveux. Terwull retint un sourire, autant amusé par le ton et le regard déterminés de Zoé que par les réactions qu’elle suscitait autour d’elle. Cette nouvelle coupe lui conférait décidément le petit air coquin et mystérieux d’une actrice de film noir. Pas étonnant qu’une petite merdeuse jalouse comme Clara eût tenté de la descendre en flèche la veille.

« Bien Zoé… Si tu pouvais me redonner ton nom… J’ai du mal à…

− Oui, en France aussi, c’est un cauchemar. Vifchesney, monsieur. Zoé Vifchesney. En allemand, cela pourrait se traduire par lebhafte Eiche. V… I… F… »

Un nom évocateur comme les copains de Wolf eussent aimé… L’inspecteur lui-même ne pouvait s’empêcher de dévisager la brunette. Tristana, après l’avoir vertement tancé pour ses cachotteries à son retour du night-club, l’avait prévenu qu’il serait surpris en la voyant. Elle ne s’était pas trompée. Se raclant la gorge pour inviter ses collègues à retourner travailler au lieu de jouir du spectacle, il commença :

« Tu étais bien au Roter Engel dans la nuit de mercredi à jeudi ?

− En effet, de huit à dix heures à peu près.

− Peux-tu me confirmer les noms de tes compagnons ?

− Karl le DJ – je ne connais pas son nom de famille, Clara Liebermann, Jean Hernandez, moi-même, Tristana Terwull, Jan et Lukas Finsterwald, Viktor Adler et Niejdan Oubyivovk. Plus trois autres filles qui se sont greffées au groupe à la suite de Lukas… »

L’inspecteur crut percevoir quelque trouble dans la voix assurée du petit bout de femme. Zoé marqua une pause et baissa les yeux.

« Je n’ai appris qui était la victime que ce matin, par la bouche de Clara… Et croyez-moi, elle a une façon bien à elle de mettre les formes. Je ne vais pas vous cacher que cela m’a fait un choc… » ajouta-t-elle sourdement, comme pour contenir une émotion trop vive.

À la regarder de plus près, Terwull lui trouva les traits tirés et l’air fatigué. Il remarqua également la raideur de son maintien.

« Je te demanderai de me faire un résumé de cette soirée point par point… Les déplacements des uns et des autres, et caetera. »

Zoé s’y attela. Elle donna une vue de la soirée sensiblement différente de celle de Tristana et des autres, mais concordante. Ce que l’inspecteur ne s’expliquait pas, c’était son trouble. Quelque chose la chiffonnait. Pourtant, il se devait de continuer, tandis que Wolfi, toujours posté devant la porte, les bras croisés, dardait ses yeux jaunes sur la jeune fille.

« Maintenant, Zoé, j’ai des questions plus précises. Je sais que tu connais ce groupe depuis plus longtemps que Tristana. J’aimerais savoir comment vous vous êtes tous connus. Pour me faire une idée.

− Je ne vois pas en quoi ça vous aide, mais si vous y tenez… J’ai connu Jean et Clara à l’université, à Paris, et nous sommes arrivés tous les trois à Vienne il y a un peu plus de deux ans maintenant. Nous partageons un appartement près du centre-ville. J’ai fait la connaissance de Viktor et de Jan il y a deux ans à peu près, à l’université de Vienne – Viktor en égyptologie, et Jan en histoire de l’espace germanique. Il y a un an et demi, j’ai rencontré Lukas, le cousin de Jan, lors d’une soirée donnée pour fêter son premier rôle au théâtre. Et il y a un peu plus d’un an, j’ai connu Karl et Niejdan – je suis très brièvement sortie avec lui – au Roter Engel, quand Clara a commencé à y travailler… Et j’ai connu Tristana à peu près à la même période, quand j’ai pris mon poste au musée.

− Y a-t-il des affinités particulières dans ce groupe ?

− Je m’entends très bien avec Jan et Tristana en particulier, j’ai quelques affinités avec Viktor. Je suis devenue assez proche de Jan Finsterwald. J’ai passé pas mal de temps chez lui ces derniers mois. Bien qu’avec mon nouveau boulot, j’ai un peu espacé. – Elle mentait. Ce n’était pas une affaire de boulot, Georg le sentait, et il pouvait lire une certaine tristesse dans ses fascinants yeux sombres. – J’y retourne ce soir, d’ailleurs… Pour le reste, avec Niejdan, je rigole bien, mais sans plus.

− Et le reste de la bande ?

− Karl est plus proche de Clara et de Jean. Quant à ces deux-là, je préfère vous dire que je ne suis pas en très bons termes avec eux en ce moment… »

Il manquait un nom à la liste.

« Et Lukas Finsterwald ? »

Zoé plongea son regard dans celui de Terwull.

« Ils sont vos suspects numéro un, n’est-ce pas ?

− Comment ?

− C’est ce que Clara avait l’air de dire ce matin, mais peut-être veut-elle juste me faire un peu bisquer parce que je suis proche de Jan…

− De cela, je ne peux rien te dire, Zoé.

− Je comprends.

− Mais que penses-tu d’eux ? Que pourrais-tu me dire de ces deux cousins ? »

Elle tordit ses gracieux doigts bagués. Une sérieuse concurrente à Wagner pour la quincaillerie. Terwull remarqua des bleus sur ses phalanges, ainsi que de petites plaies autour de ses poignets frêles, que les bracelets ne parvenaient pas à masquer.

« Je… Jan est quelqu’un de charmant et d’affable, et nous partageons des goûts communs un peu… geek. Pour ce qui est de Lukas, nous ne nous sommes jamais beaucoup parlé. Je ne m’entends pas très bien avec lui, à vrai dire. »

Elle rougit légèrement.

« Je le trouve prétentieux, arrogant, terriblement agaçant. Mais je crois que son cousin et lui s’aiment beaucoup. Lukas est un peu rude dans ses paroles, vous comprenez, et pourtant Jan me dit sans arrêt qu’il ne changerait de cousin pour rien au monde. Ils passent énormément de temps ensemble. Ce qui serait idiot de leur part s’ils se détestaient. Lukas Finsterwald n’est pas ma tasse de thé, mais je pense qu’entre être un connard prétentieux et un meurtrier, il y a une différence… Enfin, je l’espère. »

Le silence s’installa entre Georg et la jeune fille. Elle regarda ses mains. L’inspecteur prit délicatement celle aux doigts couverts de bleus. Zoé esquissa un léger mouvement de recul assorti d’une grimace douloureuse, mais se laissa faire.

« Je peux savoir qui tu as frappé ? »

Elle rit brièvement.

« Clara. Comme je vous l’ai dit, nous sommes à couteaux tirés. Elle n’a pas mis les formes pour me parler de sa rencontre avec vous hier soir et je suis sortie de mes gonds. Je lui ai sauté dessus pour la frapper. Elle s’est bien défendue, je dois au moins lui reconnaître ça… Autant que je vous dise tout au cas où lui viendrait l’idée de porter plainte.

− Je me doutais que tu avais un foutu caractère pour ne pas te faire écraser par Tristana, mais là, tu dépasses toutes mes espérances…

− Disons que ma patience a des limites. La seule gentillesse que j’aie trouvée ces derniers temps venait, sans vouloir vous flatter, de votre fille ou de Jan… Car en la matière, je ne suis pas gâtée à la maison. »

SWCH16004Terwull sourit, fier de s’entendre confirmer les qualités qu’il connaissait déjà à son enfant. Il se leva et d’un geste, invita Zoé à faire de même. Il contourna le bureau pour la raccompagner. Wagner s’écarta pour leur libérer le passage. Lui et la jeune fille échangèrent un regard insistant. Mais avant qu’elle passât la porte, elle se raidit d’un coup, comme saisie d’un haut-le-corps, porta la main à sa poitrine et s’écroula au sol. Terwull et Wagner se précipitèrent vers elle. Elle était encore consciente. Elle émit une plainte, puis un râle, se contractant encore plus. Impossible de la relever.

« Merde ! Qu’est-ce que vous foutez tous ? tonna Terwull. Sperling ! Appelez les secours ! Et au trot ! »

Sperling se jeta sur son téléphone et demanda une ambulance en urgence. Le silence tomba comme une chape de plomb sur le bureau, entrecoupé par le souffle haletant de Zoé. Wagner s’était agenouillé près d’elle et avait saisi sa main. Le corps complètement crispé, elle s’accrochait à lui au point que ses phalanges en avaient pâli. Chaque souffle semblait lui tirer des douleurs atroces. Son visage avait pris la couleur de la cendre. Georg se pencha sur elle et lui effleura le front.

« Ça va aller, Zoé, je reviens… Wagner, restez avec elle… »

Le ton n’admettait aucune réplique. L’inspecteur se précipita dans le couloir en appelant :

« Weber ! Weber ! Préviens la chef, on a un malaise ! »

©Blanche Montclair


Et oui, l’amie Zoé est de retour, avec un comportement plus que suspect! Qui aurait cru il y a encore quelques chapitres que cette minuscule créature pouvait mettre des droites, et dégager cette sensualité que Terwull ne lui connaissait pas?… Qu’a-t-il donc bien pu lui arriver, à cette demoiselle? 🙂 Et là encore, que va-t-elle devenir? J’espère que cet « épisode » et que cette étrange évolution de notre héroïne vous plait! 😀 … Je vous laisse méditer sur ces questions, tandis que demain vous retrouverez… Jan et Lukas entre les mains de notre inspecteur national. Hâte, n’est-ce pas? 🙂 

Si vous prenez Le Sang des Wolf en cours de route, je vous invite à découvrir son résumé, son prologue (très important!) et à vous reporter à la table des matières! En attendant, je vous souhaite une excellente lecture! 😉 À très vite sur la blogo!

Protection cléoProtégé par Cléo

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

2 réflexions au sujet de « Le Sang des Wolf – Acte II – Chapitre XVI – 1ère Partie »

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