Des « Goonies » au surnaturel – Stranger Things (les frères Duffer, 2016)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Visuel bien à l’ancienne de la série – Source: AlloCiné

Hormis quelques tops durant l’été, je n’avais pas fait de chronique ciné ou série télé depuis… Merlin. 😉 Et puis finalement, moi qui pensais pas arriver à pondre une chronique en temps et en heure cette semaine, j’y suis arrivée! 🙂 Aussi j’ai décidé pour sonner mon retour dans les chroniques, avec mon dernier coup de cœur série: Stranger Things. J’en avais entendu parler sur le Net, et sur la page Instagram d’Athénaïs, rédactrice d’Un Bouquin ans la Tasse. Elle avait l’air de trouver ça vraiment bien, et du coup, cela m’a d’autant plus donné envie de jeter un œil à cette histoire dont j’étais déjà très curieuse…

Pour ma part, si je ne m’étais pas trop renseignée sur l’histoire pour me garder la surprise, j’ai d’abord été séduite par le visuel un peu vintage de la campagne marketing, et par ce que j’avais lu sur la musique. Je vous propose donc de remonter le temps pour retrouver vos meilleurs souvenirs de films fantastiques des années 80… pour une chronique assez brève car je ne souhaite pas vous en dire trop! 🙂 Mais ça va être très, très dur de me retenir!

  • Postulat de départ

Par une soirée de novembre 1983, dans la petite ville d’Hawkins, le jeune Will Buyers (Noah Schnapp) rentre de chez son ami Mike Wheeler (Finn Wolfhart), où ils jouaient à un jeu de rôle avec leurs comparses Lucas (Caleb McLaughlin) et Dustin (Gaten Matarazzo). Après une chute à vélo, le jeune garçon entend un bruit suspect et apeuré, court jusque chez lui. Dans la maison vide, il voit la lumière des ampoules clignoter de manières étranges… avant de disparaître soudainement.

Anéantis par sa disparition, sa mère Joyce (Winona Ryder) et son frère, le très introverti Jonathan (Charlie Heaton), qui vivent dans une petite maison isolée du reste de la ville, mettent tout en œuvre pour le retrouver, aidé par le sombre Jim Hopper (David Harbour), chef de la police locale. Joyce, convaincue que son jeune fils est vivant et tente de communiquer avec elle, est d’abord prise pour une folle… De leur côté, Mike, Lucas et Dustin, eux aussi bouleversés par la disparition de leur ami, vont tout tenter pour le retrouver, aidés en cela par la très intrigante Eleven (Millie Bobby Brown), dite El, une enfant seule et de toute évidence traumatisée, dont l’apparition soudaine semble s’accompagner de phénomènes étranges. Nancy (Natalia Dyer), la sœur aînée de Mike, ne tardera pas à rejoindre Jonathan dans ses recherches, alors qu’elle enquête de son côté sur la disparition de son amie Barb (Shannon Purser)…

Mais tout ce petit monde ne va pas tarder à se heurter au personnel du Laboratoire national d’Hawkins, officiellement géré par le Département de l’Énergie, théâtre d’événements étranges… Le danger n’est pas loin…

  • Mon avis

C’est une réaction un peu à chaud que je vous présente aujourd’hui, puisque j’ai terminé le visionnage de Stranger Things le week-end dernier. La série a été diffusée cet été par Netflix, et a été dépeinte comme un véritable hommage à la pop culture eighties. Comme évoqué en introduction, j’avais été séduite par les visuels inspirés des années 70 et 80 de la campagne de promo, ainsi que par le titre d’un article expliquant pour quoi les fans de films d’aventures et fantastiques des années 80 seraient ravis à la vue de cette série. Le fait est que, comme vous avez pu vous en apercevoir lors de mes précédents top: j’adore le cinéma des années 80, et tout particulièrement la S.F., le fantastique et les films d’aventures (gamine, j’étais amoureuse d’Harrison Ford dans Indiana Jones… c’est dire jusqu’où ça allait! j’ai jamais eu de prof d’histoire antique aussi mignon que lui à la Sorbonne!). Et autant vous dire qu’au niveau des visuels, des ambiances et même de la musique, Stranger Things m’a BLUFFÉE. Vraiment bluffée: on s’y serait cru! Rien qu’au générique du début, avec la typo flottante à la Terminator, et cette musique vaguement électro: sérieusement! 🙂 Que de bons souvenirs pour moi qui ai bouffé du film eighties! Références aux univers de Georges Lucas, amitié comme dans Stand by me de Rob Reiner, scénar’ digne de BON Spielberg, ambiance de petite ville en proie à des phénomènes étranges comme dans du Stephen King (sauf qu’on n’est pas dans le Maine)… Avec en prime un petit Faucon Millenium parmi les jouets des enfants! 😉

Mention spéciale à la musique. Outre certains morceaux plus ou moins connus qui, avec les looks vestimentaires et les brushings de certains personnages nous plongent dans l’ambiance, on y entend des compositions originales de Kyle Dixon et Michael. Leurs sons électroniques, qui ne sont pas sans rappeler certaines compos des années 80 également, m’ont transportée, et « habillent » joliment, si j’ose dire, une intrigue assez addictive. Je pense particulièrement à cette scène du premier épisode où les garçons rentrent chez eux à vélo, sur une route de forêt, avec une légère brume et les faibles lueurs de leurs phares, qui prend une dimension quasi-magique au son de « Kids ». Et si en général, tout semble fait pour nous plonger dans les années 80, ça n’est à mon avis ni kitsch, ni cheap. Même au niveau des effets spéciaux (la créature est en partie animatronique), je ne trouve pas que ça craigne. Il y a vraiment une recherche visuelle, qu’il s’agisse de l’Upside Down (non, je ne spoilerai pas! 😉 REGARDEZ!), des jeux de lumière dans ces scènes où Joyce Buyers accroche des guirlandes partout chez elle pour créer une sorte de Oui-Ja géant sur le mur… J’avoue qu’une ou deux fois, certaines scènes fantastiques, si elles ne m’ont pas fait peur, m’ont un peu angoissée tant les ténèbres y sont palpables. C’est d’ailleurs aussi glaçant que captivant. Je ne peux vous en dire plus sans trop vous en révéler, mais certains éléments sont très bien trouvés, et la progression de l’histoire est impeccable, d’une très grande cohérence quand bien même ce n’est pas nécessairement ce qu’on attend du fantastique.

Mais on aurait tort de n’y voir qu’un hommage aux films un peu geekos et aux aventures enfantines des années 80, car si les enfants sont bien les héros de l’intrigue, celle-ci est somme toute assez sombre, avec ses personnages entourés de noirceurs, et même dans une solitude complète.

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L’image la plus représentative de la série – Source: IGN.com

Stranger Things met en scène une bande de jeunes garçons un peu en marge, des sortes de geek même si à cette époque on ne parlait pas encore de ça, férus de jeu de rôle et de technologie, en particulier la radio. Dustin souffre d’une malformation et est partiellement édenté, Lucas a un intérêt particulier pour la Guerre du Vietnam, Will aime le rock et écoute à l’envi les cassettes que lui enregistre son grand frère… et tout ce petit monde se retrouvent dans le sous-sol de Mike pour des parties de jeux de rôles endiablées où ils se rêvent puissants mages et guerriers. C’est à la fois amusant et touchant, car c’est pour eux une façon d’échapper à ce quotidien où les autres les rejettent, et où de sales petits cons leurs mènent la vie dure à l’école. Et puis avons-le, je pense qu’influencés par les séries et films de notre enfance, on a tous rêvé à un moment donné d’avoir une bonne bande de potes avec qui vivre des aventures… J’ai trouvé leurs jeunes interprètes très rafraîchissants, tout comme la petite qui incarne El, très émouvante dans le rôle de cette enfant qui n’a jamais, de sa vie, reçu une once d’affection. Parfois, cette ambiance de franche camaraderie entre gamins avides de sensations me rappelle les Goonies (ah mon Dieu! j’adore ce films) et Explorers, mais pas seulement. Ces enfants ont à gérer quelque chose de compliqué et de douloureux, la disparition de l’un de leurs amis, et ne peuvent pas nécessairement compter sur les adultes, ils cherchent à comprendre et sont, à leur manière, très combattifs et attachants.

J’ai également revu avec plaisir Winona Ryder que j’adorais quand j’étais petite – à cause de son interprétation de Jo dans Les Quatre Filles du Docteur March et de Mina dans Dracula, ou d’Annalle dans Alien, résurrection, c’est un minois de lutin avec une grande passion dans son jeu. Son personnage de mère prête à tout pour retrouver son enfant alors que tout le monde la prend pour une dingue, jusqu’à son fils aîné avant qu’il ne fasse lui-même d’étranges découvertes, m’a beaucoup touchée. Donc oui, Winona, je t’aime encore! David Harbour était impecc’ en flic vaguement blasé et père endeuillé qui tient à aider Joyce à retrouver sa progéniture, bien qu’il soit très ambigu et qu’on ne sache pas toujours où vont ses intérêts. 😉 J’énonçais des personnages qui me plaisaient, mais j’ai également apprécié l’évolution de certains qui me plaisaient moins, tout comme Nancy, la grande sœur de Mike qui dans sa course à la popularité en sortant avec un garçon « cool » en vient à utiliser son amie Barbe pour lui servir d’alibi (je ne supporte pas ce genre d’attitude), puis à la laisser en plan avec les conséquences qu’on connaît. Ce sont finalement ses remords et ses recherches qui vont l’amener à côtoyer des gens plus marginaux comme Jonathan.

  • Conclusion

J’ai envie de dire… Visionnez Stranger Things. Je pense encore que c’est la meilleure façon de vous faire une idée, non? 😉 En tout cas, je vous la recommande vivement pour son visuel, sa musique et son intrigue qui vous tiennent en haleine jusqu’à la fin. La réalisation n’en fait pas des caisses, et les jeunes acteurs sont d’une grande justesse – je ne me suis pas étalée sur les autres personnages, intéressants, car ce sont vraiment les gamins qui ont suscité le plus de réaction chez moi. Ils arrivent à faire passer énormément d’émotion, et j’avoue qu’une ou deux fois, j’ai peut-être eu la larme à l’œil parce que j’avais de la peine pour eux. Bref, si j’avais tant entendu parler de cette série que j’avais peur d’être déçue, mes craintes ont vite été balayées, et ce dès le premier épisode qui m’a comme qui dirait envoûtée. Je me suis laissée happer par cette ambiance, je me suis attachée aux personnages. Je ne me suis pas étalée sur tout, car il aurait fallu pour faire un pitch épisode par épisode, mais je ne peux que vous recommander cette série, efficace aussi bien dans le fond que dans la forme.

Et voilà! 🙂 Je vous laisse avec ce très joli et très doux morceau dont je vous parlais comme générique de fin, une sorte d’ode à ces petits bonhommes courageux et opiniâtres qui ne veulent pas laisser leur pote tomber, et qui vivront des aventures dignes de leurs plus grandes parties de jeux de rôle… mais avec un vrai danger cette fois-ci. Je crois d’ailleurs que c’est quand j’ai vu la scène des enfants à vélo au milieu de la nuit, avec ces petites notes planantes en fond sonore, que j’ai définitivement été conquise. 🙂

En conclusion, je dirais que Stranger Things n’est pas qu’un trip de geek nostalgique de la part des frères Duffer, car au-delà de l’hommage à toute cette pop culture entre le fantastique et la S.F. c’est une véritable aventure, une histoire d’amitié où des solitudes se trouvent, ou des individus s’approchent les uns des autres, alors qu’on ne les aurait jamais imaginé se côtoyer. Ce qui m’a séduite, c’est cette très belle façon de traiter l’amitié, et l’amour sous ses plus jolies formes quand on voit cette petite brochette d’amis, cette gentillesse dont Mike fait preuve envers Eleven, et cette maman combattive très bien interprétée par Winona Ryder. Car malgré la noirceur et la tristesse quant à la disparition de Will, sa mère et toute sa bande s’accrochent à l’espoir, avec tout ce qu’il a de plus fou et de plus innocent. Et ça, ça fait quand même un bien fou.

J’espère donc vous avoir donné envie d’y regarder de plus près, et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures livresques, cinématesques, télétesques et wolfesques sur le blog! 🙂 Je crois d’ailleurs avoir une idée des prochains films que je traiterai! 😉 C’est pour la semaine qui vient – enfin, du moins, je croise les doigts! À très vite!

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

4 réflexions au sujet de “Des « Goonies » au surnaturel – Stranger Things (les frères Duffer, 2016)”

  1. Je pense que ça va être ma prochaine série à regarder (et un coup de nostalgie années 80). J’ai eu un récent gros coup de coeur pour « The Get down » qui se passe en 77 avec un casting nickel , une histoire et un visuel top.

    Aimé par 1 personne

    1. Oh que oui! 🙂
      Je n’arrête pas de me repasser le morceau « Kids », depuis! 🙂 J’ai eu l’impression de retrouver les films de mon enfance… avec à certaines occasions une petite dose de frisson (la créature qui bouge sous le mur! ouh lala! j’y ai regardé deux fois dans ma chambre avant de me coucher après!).

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