Retour aux sources – Brisée (Effacée t. 3, Teri Terry)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

71yCV0nBFFLAvant d’entamer cette chronique livre, je voudrais d’abord vous remercier pour le très bon démarrage du mois d’août sur le blog. 🙂 Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas eu une telle fréquentation! 🙂 J’imagine que le lancement du roman et la fréquence des articles publiés n’y sont pas pour rien, mais tout de même, vous êtes vraiment fidèles et ça me touche quand on voit le boulot que représente ce blog! 🙂

Et maintenant, entrons dans le vif du sujet. J’ai enfin (c’est un bien grand mot, ce n’est pas comme si cette lecture avait été un supplice, non-plus!) terminé la trilogie young adult signée Teri Terry, Effacée. Après Effacée et Fracturée, je vous présente aujourd’hui Brisée, le troisième et ultime tome… C’est parti pour un voyage dans les tréfonds de sa mémoire et de ses origines… Chronique garantie SANS SPOILER quant aux tomes précédents! 🙂 Même si je développe un peu plus que le quatrième de couverture sur le pitch, histoire de vous mettre un peu plus l’eau à la bouche!… Car oui, après ça, cette sympathique trilogie ne squattera plus mes chroniques livre!

Je vous présenterai le résumé de cet opus, ce qui m’a plu, et en conclusion, un avis sur l’ensemble de la série.

Bonne lecture à vous! 🙂

  • Retour aux sources

Cachée derrière une fausse identité et une nouvelle apparence, Kyla s’est fait passer pour morte afin de semer à la fois les Lorders qui ont enlevé son très cher Ben, et les TAGs et leur charismatique chef Nico. Elle se souvient de toute sa vie en camp d’entraînement TAG sous le nom d’Ondée, et d’une partie de son enfance en tant que Lucy Connor. Aidée par deux amis du Service des Personnes Disparues (SPD), Mac et Aiden qui lui ont permis de localiser sa famille d’origine, elle part pour Keswick sous prétexte de suivre une formation professionnelle. Sous l’identité de Donna Kelly, elle s’installe dans un foyer pour jeunes filles tenue par… Stella Connor, sa propre mère, au courant de son arrivée. Celle-ci souhaite rattraper le temps perdu et discute régulièrement avec elle, à l’heure où les pensionnaires du foyer sont couchées. Or Kyla a bien du mal à faire confiance à cette femme étrange et désespérée, d’autant plus qu’elle est la fille d’Astrid Connor, directrice des organisations de la jeunesse, à la solde des Lorders. Si sa grand-mère ne sait rien du retour de sa petite-fille, Kyla est terrifiée par cette femme… Et si elle reconnaît bien l’endroit où elle a passé son enfance, les souvenirs qui affluent en elle au foyer sont décousus, comme si quelque chose, dans son passé, était incohérent…

Mais bientôt, en enquêtant sur des événements survenus dans sa petite enfance, elle met au jour une sombre machination des Lorders. Dès lors, elle doit s’enfuir de chez Stella  pour rejoindre Aiden et le SPD: en effet, ce qu’elle a découvert pourrait mettre fin au régime de terreur des Lorders, dont l’étau s’est resserré autour de la résistance… Parviendra-t-elle à découvrir qui elle est, et à mener cette mission à bien sans mettre en danger ceux à qui elle tient?

C’est ce que vous découvrirez dans cet ultime tome!

  • Une véritable course contre la montre

Là où s’arrêtait le tome précédent, on avait très envie de savoir comment aboutirait la quête de Kyla… que l’on retrouve avec grand plaisir. Même si pour le coup, elle est vraiment, vraiment dans la mouise, la pauvre! Comme c’était déjà le cas pour le précédent tome, cet opus a encore une ambiance différente. En effet, la première partie du roman nous emmène loin de la bagarre du précédent volume, dans une atmosphère plus feutrée. Mais la tension n’en est pas absente pour autant, car notre héroïne vit avec la peur au ventre, sans savoir si quelqu’un ne peut pas la repérer, et si elle peut faire confiance à sa mère et aux pensionnaires de son foyer. Quant à l’afflux des derniers souvenirs qui lui manquaient pour reconstituer le puzzle qu’est sa vie, c’est tout à fait captivant et plein de rebondissements. Comme vous vous en doutez, les réponses à la questions de la jeune fille vont s’avérer beaucoup plus complexes que prévues et la vérité sur son passé de plus en plus sombre… Mais je ne peux vous en dire plus sans vous gâcher le plaisir de la découverte. 🙂

Au niveau des événements, ce n’est pas aussi spectaculaire que dans Fracturée, mais je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. D’autant plus que chaque réponse amène une autre question, sans pour autant que cela paraisse tiré par les cheveux, car certains éléments, certains « hasards » de la nouvelle vie de Kyla, pouvaient déjà faire tiquer dans les deux précédents volumes. Aussi le lecteur n’est pas passif, puisqu’il opère des recoupements avec ce qui a été dit, avec des détails des deux précédents livres. Pour ma part, je me suis régalée de cette imbrication d’enjeux personnels et politiques qui se mélangent. Autre point intéressant, Kyla « bouge », elle se déplace pas mal à travers l’Angleterre au lieu de rester dans les alentours de son village et de Londres, comme c’était le cas avant: on la retrouve sur la route, à Keswick, dans le train, planquée dans le double-fond d’un camion… et même à Oxford! 🙂

C’est assez rare que je lise des récits à la première personne car j’aime avoir différents points de vue de personnages, mais ici cela fonctionne bien. Kyla vit dans une société dystopique et inquiétante, où il est impossible de savoir qui va vous dénoncer aux Lorders, qui travaille pour eux, ou qui va effectivement vous aider… L’histoire racontée par la jeune fille accentue encore cette sensation d’oppression, élément essentiel à une atmosphère SFFF réussie.

Concernant les protagonistes, j’aime le fait qu’ils soient parfois ambivalents, que rien n’est ce qu’il semble être, et qu’on prenne plaisir à en retrouver certains que l’on n’aimait pas trop dans le premier tome. Les nouveaux comme Stella ou Astrid sont assez inquiétants, je dois dire, et distillent une sourde impression de menace lors du séjour de Kyla à Keswick, où sa route croise également celle de Madison, arrêtée par les Lorders, du rigolard mais néanmoins serviable Finley et d’un mystérieux guide de montagne travaillant pour le SPD. Enfin, on découvre certains membres du SPD, comme Aidan qui, s’il commençait à prendre de l’importance dans Fracturée devient réellement l’un des héros de l’histoire. Il devient très attachant au fur et à mesure que l’intrigue évolue, et il dégage une grande maturité pour quelqu’un d’une telle jeunesse, avec une sorte d’aura puissante et étrange. Comme souvent chez les leaders de résistance, quand on y pense! 🙂 Quant à certains autres, ils font une réapparition qui, ma foi, déménage! 🙂

J’aurais d’autres choses à dire, il y a différents points que je souhaiterais développer, mais je tuerais le suspense, aussi je passerai directement à la conclusion, quitte à en reparler avec certains d’entre vous qui auriez lu et même apprécié les aventures de Kyla. 🙂

  • Conclusion – Une série à découvrir

Que vous dire si ce n’est qu’il s’agit d’une agréable découverte?… Effacée, Fracturée et Brisée m’ont réservé une surprise assez positive, alors que comme je le disais, je n’en attendais rien de particulier. Je ne regrette absolument pas de m’être penchée sur la chose et en toute honnêteté, je pense que certains et certaines d’entre vous pourriez y trouver votre bonheur.

Bien sûr, il y aura toujours des esprits chagrins comme j’en ai parfois vu sur des forums littéraires, qui n’aiment jamais rien et trouvent toujours le temps de vous pondre un argumentaire de cent lignes sur chaque détail qui cloche dans l’histoire, quitte à en oublier les points positifs et l’aspect global, à regretter un tel manque de complexité dans un ouvrage S.F., qu’on « voit bien que c’est écrit pour la jeunesse », et bla-bla-bla… Genre, je suis un grand penseur! 😉 Mais pour ma part je trouve très intéressant que les trois tomes d’Effacée se soit concentrés sur l’individu et la quête d’identité de l’héroïne dans un contexte hostile. On aurait tort de diminuer le rôle de la politique et les réflexions éthiques dans le parcours de Kyla, et à mon sens, il n’aurait servi à rien de vouloir encore plus approfondir, car plus de complexité aurait noyé le fil conducteur en partant tous azimuts… L’intrigue se tient, elle est efficace, et le tout éveille une certaine empathie pour le petit bout de femme d’un mètre cinquante (elle insiste souvent sur sa petite taille, je ne peux que comprendre le problème! 😉 ) qui se bat pour savoir qui elle est, et pour renverser ceux qui ont effacé sa mémoire.

Enfin, je suis surprise de ne pas encore en avoir entendu parler sur la blogosphère… Mais sans doute n’a-t-elle pas encore connu le succès d’un Hunger Games, puisque je n’ai pour le moment, pas connaissance d’une éventuelle adaptation! 🙂 Ceci dit, Effacée a ceci d’intéressant qu’il ne donne pas dans le spectaculaire, ou rarement, pour se concentrer sur les gens, sur la façon dont le contexte influe sur leur vie quotidienne. Or certains (j’ai dit « certains »!) amateurs de dystopie oublient bien souvent qu’un système dictatorial, ce n’est pas que des parades militaires, une architecture massive ou des mises en scène dignes des jeux romains. Un gouvernement totalitaire prend en charge TOUS les aspects de la vie de ses citoyens, parfois jusque dans leur intimité. C’est intrusif, dévastateur pour l’individu, quelles que soient ses opinions. Pour vous en rendre compte, il n’est nul besoin de commencer par de la S.F. mais de lire des témoignages sur certains systèmes dictatoriaux et totalitaires, comme le très intéressant ouvrage de Nina et Jean Kéhayan paru à la fin des années 70, Rue du Prolétaire rouge : ce couple de membres du PCF est parti passer deux ans en URSS. Si certains détails amusants prêtent à sourire, ils y dépeignent une réalité grise, morose, où le désespoir et la violence se le disputent à la vénalité et au matérialisme. C’est un livre hallucinant que je vous conseille pour voir à quel point les individus trinquent et à quel point le quotidien peut devenir aussi bizarre qu’une fiction…

Mais en revenant à Effacée, de par son aspect plus feutré qu’un Hunger Games, je ne suis pas certaine qu’un format cinéma conviendrait. Plutôt une mini-série S.F. comme la BBC sait en faire (j’ai même une idée d’acteur pour Nico!), qui retranscrirait à merveille cette ambiance délétère et parviendrait, par des acteurs de haut vol comme on en trouve qu’en Grande-Bretagne, à nous rendre les personnages attachants, fascinants et même inquiétants. 🙂 Mais en attendant une telle perle, je vous invite vraiment à découvrir Kyla et ses compagnons de lutte!

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à bientôt pour de nouveaux chapitres du roman, ainsi que pour de nouvelles chroniques… livre, et cinéma aussi, j’espère! 😉

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Brisée – Effacée, t.3
Auteur: Teri Terry
Éditions: La Martinière
Collection: Fiction J
364 p.
Parution: Octobre 2015
Prix: 16,50 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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