Quelques Contes Classiques Danois – La Petite Sirène et autres contes (Hans Christian Andersen)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

51qVfQkqmVLSans doute vous rappelez-vous qu’au printemps dernier, j’ai dédié tout une semaine aux adaptations de contes, à la suite de quoi, j’ai décidé qu’outre Grimm, je devais également lire Perrault et Andersen. Eh bien ça y est, j’ai lu, sur les deux volumes d’Andersen que je me suis offerts, La Petite Sirène et autres contes qui réunit une partie des histoires rédigées par Hans Christian Andersen (1805-1875), et qui font la renommée de leur auteur depuis les années 1830.

Vous en connaissez probablement certains comme La Petite Sirène, joyeusement adaptée par Disney (j’adore le crabe!), La Princesse au Petit pois, Le Vilain Petit Canard… On vous en a peut-être lus à l’école, vous en avez peut-être étudiés au collège, au lycée ou même durant vos études. D’autres contes sont beaucoup moins connus comme Ib et la petite Christine ou Le Dernier rêve du Vieux Chêne.

Je vous invite donc à vous plonger dans un recueil très différent de celui de Perrault…

  • Petite présentation des contes

L’édition que j’ai lue comprend onze contes: La Petite Sirène que je vous garde pour la fin, Les habits neufs de l’empereur, La princesse au petit pois, Le Vaillant petit soldat de plomb, Le Vilain Petit Canard, La Bergère et le ramoneur, La Petite fille aux allumettes, Ib et la petite Christine et Le Dernier rêve du vieux chêne. Si certains titres vous sont familiers, il ne nous fera aucun mal de revenir sur ces quelques histoires.

Les habits neufs de l’empereur relate une véritable escroquerie, celle de deux imposteurs qui déclarent à un empereur pouvoir fabriquer un tissu que seul les gens dignes de leur fonction peuvent voir alors qu’en fait ils n’ont rien à lui présenter. L’empereur et ses conseillers, pour ne pas se sentir ridicules, font semblant de voir l’étoffe, poussant la comédie jusqu’à ce que leur souverain se balade nu devant ses sujets…

La princesse au petit pois est l’histoire d’un prince qui ne trouve aucune princesse assez délicate pour devenir son épouse, jusqu’à ce que la reine sa mère décide de cacher un petit poids sous la couche d’édredons où une jeune bergère sans le sou va passer la nuit.

Vous connaissez Le Vaillant petit soldat de plomb, petite figurine unijambiste amoureux d’une petite danseuse de la salle de jeux, qui un jour tombe par la fenêtre et fait un périlleux voyage dans les égouts de la ville avant de retourner à la maison pour y retrouver sa jolie amoureuse… et y mourir.

Quant au Vilain Petit Canard, il suit les aventures de ce caneton trop gros et trop grand, le plus laid de sa couvée, qui, las des cruautés de son entourage va finir par s’enfuir et parcourir la campagne, jusqu’à rencontrer des cygnes qui le fascinent par leur beauté et leur grâce… et réaliser en grandissant qu’il est l’un d’entre eux.

La Bergère et le Ramoneur a inspiré le film Le Roi et l’Oiseau (je me faisais la réflexion en lisant le conte que l’histoire me rappelait quelque chose…): il s’agit des aventures d’un petit ramoneur de porcelaine amoureux d’une petite bergère posée sur la même console que lui, promise à un autre, qui décident de s’enfuir.

Dans La Petite fille aux allumettes, le lecteur assiste impuissant au destin tragique d’une gamine pauvre qui vend des allumettes dans la rue, le soir du Nouvel An, ignorée des passants, et qui finit par mourir de froid sur un trottoir.

Dans Ib et la petite Christine, deux enfants, Ib et Christine, élevés à la campagne et amoureux d’enfance, trouvent un jour des noisettes magiques: celle de Christine contient une pépite d’or et elle apprend qu’elle connaîtra un grand bien-être matériel et aura ce qu’elle désire, quand la noisette d’Ib, noire et rabougrie, lui apprend qu’il n’aura que le meilleur. Les chemins des deux gamins vont se séparer quand Christine, devenue une très belle jeune fille, épouse un jeune homme riche de Copenhague et qu’Ib va rester sur les terres de son père. Seulement, les revers de fortune guettent sa douce…

Enfin, Le dernier rêve du vieux chêne nous plonge dans les pensées d’un arbre centenaire qui décide de mourir, après une vie fort longue…

Je termine avec le meilleur, le plus étoffé et le complexe de ces contes, à mon goût le plus beau que je me suis gardé pour la fin: La Petite Sirène. Le peuple des mers y vit dans une joie et un luxe inimaginables à la surface. Dernière des filles du roi des mers, la petite sirène est autorisée à nager à la surface pour ses quinze ans. Le soir de sa remontée, elle croise un navire où est fêté l’anniversaire d’un jeune prince dont la jeune fille tombe instantanément amoureuse. Quand une tempête se lève, elle le sauve de la noyade et le ramène à terre. Revenue au palais de son père, elle ne peut oublier le jeune homme qui lui manque terriblement et remonte souvent à la surface pour le contempler. Un beau jour, elle décide d’avoir recours à la sorcière des mers pour pouvoir le rejoindre: en échange de sa très belle voix (sa langue est coupée), elle gagne une père de jambe, mais devra se faire aimer et épouser du prince sous peine de mort s’il venait à en choisir une autre…

  • Le merveilleux presque absent

S’il est une chose qui m’a surprise par rapport aux contes de Grimm et de Perrault, c’est que le « merveilleux » tel qu’on le connaît, avec son lot de fées et de magie, en est quasiment absent, excepté dans La Petite Sirène, qui nous dépeint les créatures fantastiques que sont les sirènes. On assiste la plupart du temps à une autre sorte de magie: celle du quotidien. En effet, chez Andersen, ce sont les jouets ou autres bibelots de la maison qui s’animent, connaissent leurs propres tourments, envies et sentiments. C’est assez mignon quand on y pense, quoique très troublant, et le propos peut parfois sembler naïf, comme cet amour entre le petit soldat de plomb et la ballerine, ou entre la bergère et le ramoneur.

S’il est une chose qui m’a également troublée dans les contes d’Andersen, hormis dans Les Habits neufs de l’empereur, très ironique, où les personnages, à force de ne pas vouloir paraître ridicules, le deviennent et méritent leur sort, c’est cette impression d’absurdité et d’injustice dans le destin des différents protagonistes. Très peu se terminent bien comme La princesse au petit pois ou Le Vilain Petit Canard – et encore après que ce dernier ait quand même pas mal dégusté suite au rejet et à l’abandon de son entourage. La petite sirène ne parvient pas à se faire aimer du prince, et après moult souffrance due au sort de la sorcière, voit celui qu’elle aime en épouser une autre et manque de mourir de chagrin – sa seule « récompense », si l’on peut appeler ça de cette manière, est celle de devenir un esprit de l’air. Toutes ces souffrance pour rien! La petite marchande d’allumette va mourir seule dans la rue et retrouve sa grand-mère au Ciel, le vieux chêne meurt également. Quant au petit soldat de plomb, une fois de retour auprès de la petite ballerine, il atterrit avec elle dans le poêle par simple caprice d’un des enfants de la maison qui les y jette pour s’amuser. Plus d’une fois, je me suis dit: « Quoi? Tout ça pour ça? » Même la très chanceuse Christine dans Ib et la petite Christine, finit par subir un revers de fortune et par mourir dans la misère en léguant son enfant à Ib.

Je n’ai pas trouvé d’analyse de l’œuvre d’Andersen, étant donné le peu de temps que j’ai pu consacrer à mes recherches sur le sujet, mais il en ressort un sentiment de précarité de l’existence, de son manque de sens, où la seule véritable libération consiste à mourir ou à se détacher du reste pour mener à une vie simple car les efforts des êtres ne mènent pas bien loin… Bref, ces récits dégagent pour la plupart une certaine tristesse qui est étonnante pour des histoires qui, à l’origine, s’adressent aux enfants! Ils sont très bien écrits, pleins de poésie, mais cela n’est pas parvenu à me faire oublier leur cruauté.

Et pourtant, quelque chose me les rend assez chers car ils mettent l’accent sur l’humain, plus que dans les contes de Grimm ou de Perrault, où les réactions des protagonistes, trop patients avec des réactions qui paraissent en-dessous ce qu’un individu peut ressentir en cas de coup dur, et point que j’apprécie grandement: les personnages féminins, en particulier la petite sirène et Christine, je les trouve bien plus fouillées, intéressantes et audacieuses que les héroïnes de Grimm ou de Perrault qui restent à attendre sagement que les choses se passent. Mon seul regret est qu’elles en paient le prix fort… Au vu de ce dernier critère, j’ai hâte de lire La Reine des Neiges, ce qui, je l’espère, est pour bientôt.

  • Conclusion

Vous venez de lire mon avis sur les contes d’Andersen: c’est très beau, mais aussi très triste. Je vous conseille donc de les lire à un moment où vous avez le moral pour ne pas risquer de déprimer complètement! 🙂 Et surtout, ce recueil vaut le coup principalement pour La Petite Sirène, une histoire tout à fait magnifique et plus fouillée que les autres, où les tourments de la jeune héroïne sont sublimés, on y saisit toute la douleur d’un amour à sens unique et du sacrifice de soi pour quelqu’un qui ne nous rend pas nos sentiment. Pour un peu, il m’aurait tiré des larmes. Et la description du monde et des moeurs aquatiques est absolument fabuleuse… 🙂

Aussi, au vu de la beauté de La Petite Sirène, ai-je grand hâte de découvrir La Reine des Neiges et d’autres écrits d’Andersen, qui peut-être seront un peu moins tristes, sait-on jamais! 😉 J’espère au moins vous avoir donné envie de lire ce premier conte, absolument magnifique! 🙂

Je vous dis donc à très bientôt avec d’autres chroniques… et avec Le Sang des Wolf! 🙂

Blanche Mt.-Cl.


Titre: La Petite Sirène et autres contes
Auteur: Hans Christian Andersen
Éditions: Éditions 84
Collection: Librio Littérature
92 p.
Parution: Mars 2005
Prix: 2,00 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

14 réflexions au sujet de “Quelques Contes Classiques Danois – La Petite Sirène et autres contes (Hans Christian Andersen)”

  1. Andersen était quelqu’un de très timide et assez mélancolique, je pense que c’est ce qui donne sa saveur à son écriture.
    Tu nous diras pour la Reine des Neige, le conte n’a en effet rien à voir avec le produit final de Disney (le projet préparatoire était apparemment bien plus proche du conte ^^). C’est un de mes contes préférés, j’ai beau aimer Elsa, ça m’a fait du mal de voir l’original charcuté comme ça

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai que pour le moment je connaissais surtout les contes de Grimm, déjà très noirs pour certains, et de Perrault, mais je pense que pour le moment ce sont ceux d’Andersen qui sont le plus triste (en même temps, pour « La Petite Sirène », on s’en doute!).
      Merci pour ces axes! 🙂 Je garde ces liens de côté, que j’aurais peut-être dû regarder avant la chronique à chaud! 🙂 Ils me serviront de grille de lecture pour mon deuxième ouvrage d’Andersen qui comprend « La Reine des Neiges »… Le conte me paraît assez différent de Disney pour que je l’aime, et il est cité dans une des deux sources que tu m’envoies! 😉 C’est que je déteste le dessin animé, happy end ou pas, je trouve juste le propos craignos! 😉
      Bon dimanche! 🙂

      J'aime

      1. « La reine des neiges » version Disney est insupportable, à mon sens. Enfin, il n’ a pas grand chose à voir avec le conte. ^^
        C’est vrai que la Petite Sirène était l’un des contes qui me faisait bcp réfléchir quand j’étais petite ( et La Petite Fille aux allumettes! argl……)

        Aimé par 1 personne

      2. Ben tu vois, ce que tu disais dans tes commentaires sur la série « Merlin » qui avait vite dépassé tes limites, de mon côté, c’est pareil avec « La Reine des Neiges »! 😉 Je ne supporte pas le bonhomme de neige, en plus! Pour moi, il est à « La Reine des Neiges » ce que Jar-Jar Binks est à « Star Wars »! 😉
        Bonne nuit! J’ai hâte d’étoffer ma découverte et ma réflexion sur l’œuvre d’Andersen grâce à tes liens et à « La Reine des Neiges »!

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    1. Oui, les contes sont vraiment des histoires très riches quand on creuse un peu, et il est dommage que trop de gens en aient un point de vue si réducteur. Si le coeur t’en dit, j’en ai pas mal parlé sur le blog depuis le printemps! 🙂
      Bon dimanche et à très vite sur la blogo! 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Une bien belle chronique… Oui, ces contes sont tristes mais la vie n’est pas rose et il faut sans aucun doute que les enfants comprennent qu’il y a des hauts et des bas… C’est mon humble opinion…

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    1. Bien sûr, mais je pense que les enfants se rendent assez vite compte par eux-même que la vie n’est pas toute rose… et qu’il y a un juste milieu entre « la vie n’est pas rose » et « on pleure tout le temps »! 😉 En un sens, il y a aussi la fin heureuse du « Vilain Petit Canard » pour nuancer la chose! 🙂
      Ceci dit, malgré la tristesse engendrée, je trouve que « La Petite Sirène » est une histoire magnifique.

      Aimé par 1 personne

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