« Fais confiance à la mycose! » – Mon Top Ten du WTF dans le cinéma SFFF

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Une petite chronique légère en cette période où je me trouve un peu sous pression.

S’il est une chose que l’on ne peut nier, c’est qu’au cinéma la SFFF est bien servie en termes de kitsch, d’improbable, parfois de ridicule. Et ce qu’il s’agisse de films cultes ou inconnus, de bonnes séries B ou de purs nanars, de récent ou d’ancien. Bref, il nous est à tous et à toutes arrivés de nous retrouver devant une « œuvre » qui vous a fait penser: « Nom de Dieu, mais qu’est-ce que c’est que ça? »

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Vous reconnaissez?… – Source: La Gazette du Geek

Après, je reconnais être « bon public », et je ne rechigne pas à regarder de pures stupidités rien que pour rire. Pour preuve, à l’époque où je travaillais sur un mémoire très compliqué à rédiger en allemand, il m’est arrivé d’avoir le cerveau tellement en bouillie que je me suis installée devant la télé non pas en deuxième, mais en troisième partie de soirée pour regarder un Steven Seagal – Désigné pour mourir, en me demandant à la fin si après le passage dudit monsieur il restait encore un seul Jamaïcain vivant en Jamaïque. Bref, refermons cette parenthèse pour parler SFFF, un genre qui a son lot de trucs franchement IMPROBABLES, soit parce qu’on a du mal à suivre l’histoire, qu’elle nous paraît complètement capillotractée ou parce que le visuel vous éclate la rétine. Des choses WTF (what the f***, quoi!). Je reconnais que l’expression manque d’élégance, mais en même temps, elle parle d’elle-même.

Il y aura dans ce classement des films pour la plupart desquels je ne rédigerai aucune chronique, certains que je n’ai franchement pas aimés – d’où ma véhémence, une fois n’est pas coutume! – et d’autre que j’ai malgré tout appréciés. N’essayez donc pas de régler votre écran, car je vous embarque, pour un voyage au pays de l’improbable… et éventuellement du rire, qui n’est pas si loin de la Quatrième Dimension. 🙂

  • Officiellement la pire chose que j’aie vue de ma vie – Sexmission (Juliusz Machulski, 1984)

Alors là, les p’tits loups, c’est du lourd, voire du TRÈS lourd. Sexmission est une comédie de science-fiction polonaise sortie en 1984, que j’ai eu le… Euh… Le privilège?… L’honneur?… Le malheur?… De visionner il n’y a pas si longtemps que ça lors d’une soirée où mon vaillant frère et moi-même n’avions rien d’autre avoir. Je n’aime vraiment pas dire ça, d’autant plus que je suis plutôt bon public et que je ne renâcle pas à regarder de bonnes conneries de temps en temps (voir intro de ce post), mais vraiment… ce film est un désastre. Il raconte les aventures de deux hommes cryogénisés qui se réveillent trente ans plus tard dans un monde peuplé uniquement de femmes après une guerre atomique meurtrière: elles dirigent d’une main de fer dans de grandes installations souterraines. Si celles-ci les accueillent avec une grande méfiance, nos deux larrons vont tenter de profiter de la situation… Comme on s’en doute, ils ont tous les deux des têtes de cataplasme défraichi, mais toutes les jeunes femmes qui les entourent ressemblent à des mannequins. Je me souviens d’un épisode de la brillante série Au-Delà du Réel qui partait sur le même postulat de départ, mais croyez-moi, le niveau n’est pas du tout le même!

La musique complètement psychédélique est déjà datée pour les années 80, et semble tout droit sortie du générique de Cosmos: 1999, mais le générique du début est presque ce qu’il y a de mieux dans le film (c’est cadeau! 😉 ). Sexmission pèche aussi par des décors affreux, si ce n’est inexistants, voire parfois par une esthétique de mauvais film érotique par moment (la scène finale dans la chambre a failli me faire perdre une rétine!), par un jeu d’acteurs caricatural à fond d’autant plus agaçant que les interprètes ne sont même pas mignons à regarder. La production n’avait probablement pas des moyens hollywoodiens avec des décors de folie et des effets spéciaux recherchés, mais cela n’empêche pas des scénarii corrects et bien ficelés comme dans L’Étoile du Silence ou La Planète des tempêtes, déjà chroniqués sur ce blog. Les idées sont exploitées de manière assez poussive, et réservent bien des moments WTF au spectateur, jusqu’au plan final qui mettrait tous les mecs de l’assemblée mal à l’aise. En vérité, je ne sais pas si j’ai vraiment envie de vous le recommander, car c’est à vos risques et périls…

  • Mon coup de gueule – Lucy (Luc Besson, 2014)
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Affiche du film – Source: AlloCiné

Il y a différents styles de WTF. Il y a le WTF vraiment laid que je viens de vous présenter, et il y a celui franchement énervant de Lucy. Luc Besson nous avait habitués à de grands opus comme Le Grand Bleu, Léon et Le Cinquième Élément (je me rends compte que je ne l’ai pas chroniqué, et que c’est un véritable crime) dont je suis une fan absolue, avant de produire des films d’action qui ne m’ont, pour la plupart, jamais beaucoup plu. Mes parents avaient commandé Lucy à un Noël, et nous l’avons visionné pendant les Fêtes. En fait, ce film me révolte carrément. Comment des acteurs reconnus comme Morgan Freeman et Scarlett Johanson ont-ils pu se compromettre dans cette sombre histoire pleine de clichés qui nous offre à la fin une sorte de magma gluant de pseudo-réflexion sur les capacités humaines? Sérieusement, pour quoi ça se prend?

En fait, j’ai voulu le regarder avec une certaine ouverture d’esprit, mais dès les premières minutes, j’étais déjà agacée. Par ce schéma classique de nana qui se fait avoir et se retrouve obligée de transbahuter contre son gré je ne sais quelle substance étrange. Scarlett Johanson est très mignonne, c’est un fait. Mais ce qui m’a hérissé le poil, c’est ce cliché à deux balles qui confond capacités cérébrales et rationalité: la nana va tout de suite se renseigner et engranger du savoir comme une machine. Sérieusement? Mais ne vient-il jamais à l’idée des scénaristes qu’être intelligent n’empêche pas d’être complètement flippé et irrationnel? Ne savent-ils pas que les gens géniaux peuvent être complètement irrationnels et à la ramasse?… Non mais qu’est-ce que c’est que ça? WTF? Bref, le délire part très loin, car Lucy ira jusqu’à maîtriser la matière et le temps par la simple force de son esprit aux capacités décuplées. J’ai donc eu la désagréable impression que la réalisation s’était bien foutu de nous, en se contentant de nous montrer une bombasse transhumaine qui porte le film à bout de bras – ou plus exactement qui « traîne » ce film, quand les autres personnages sont creux et le scénario épais comme une feuille de papier à cigarette. L’idée de départ – à savoir celle d’utiliser ses capacités cérébrales à fond – était séduisante, mais exploitée de manière plus que simpliste à mon goût. Ni la belle Scarlett, ni l’immense Morgan (les dieux savent que j’adore cet acteur, pourtant!) ne parviennent, selon moi, à sauver cette production.

Ça me fait bizarre d’écrire ça, car je ne consacre que rarement du temps à ce que je n’aime pas, mais comme disait le personnage de Mamina dans Papi fait de la Résistance: « Quand on est énervé, ça soulage. » 🙂

  • Du faux WTF – Kung Fury (David Sandberg, 2015)
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Affiche du film – Source: AlloCiné

Vous avez peut-être entendu parler de ce moyen-métrage qui a fait le buzz il y a quelques mois, Kung Fury. Très intriguée par ce que j’avais entendu à son sujet, j’ai tanné mon frère pour le regarder. Produit grâce au financement participatif, le film suit la logique suivante: le réal a fait tenir en une trentaine de minutes absolument tous les clichés, visuels et scénaristiques, des séries B d’action SF et d’arts martiaux des années 80. Il s’agit donc d’un parti pris « artistique », si j’ose dire, de WTF totalement voulu et assumé. Un peu comme la vague des « nanars » assumés et voulus popularisés depuis quelques années par Sharknado. qui se contentent d’en utiliser les clichés pour le plus grand amusement ou ennui du spectateur…

Quid de Kung Fury? On y suit les aventures d’un flic de Miami affublé du doux sobriquet de Kung Fury (alors que sa dégaine tient plus de Karaté Kid que des chefs d’œuvres du film de Kung Fu), qui entreprend un voyage dans le temps pour venger l’un de ses amis tué en mission. Il y croise Hitler et des bombasses Viking, et est aidé par un copain nerd fana d’informatique avec grosses montures en écaille et coupe à nuque longue. Pour le coup, on s’y croirait. Ça suinte la nostalgie eighties. L’esthétique pleine de néon, d’éclairs et autres jeux de lumière très colorée, les bruitages et certains éléments du scénario – schéma classique du film de flic des années 80 – nous ramènent dans une époque révolue. Tant pis ou tant mieux, à chacun d’en juger. Mais si l’intrigue part complètement en vrille à partir du voyage dans le temps, cette petite plongée trente ans en arrière dans un visuel vraiment typé a quelque chose de jouissif, voire de touchant. Mes parents aimaient bien la SF d’action quand j’étais petite, et je crois que ça doit me rappeler ces moments où ils me laissaient veiller tard pour regarder des films avec eux.

Ceci dit, je ne me relèverais pas la nuit pour Kung Fury, mais je pense que l’idée de départ était assez sympa. Donc à mon avis, avec cette incursion dans le WTF volontaire, il y a moyen de se payer une petite tranche de rigolade avec des proches en fin de soirée.

  • Le summum du glauque – Re-Animator (Stuart Gordon, 1985)
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Tout est dit sur l’affiche… Argh… – Source: AlloCiné

Aïe. J’ai déjà mal. J’ai des images absolument écœurantes et traumatisantes qui me reviennent en mémoire! Et pas seulement parce que ce film m’a fait saigner la rétine. Le fait est que Re-Animator, librement adapté d’une nouvelle de Lovecraft (que je n’ai pas encore lue), m’a vraiment mise mal à l’aise, comme rarement un film l’a fait. À une ou deux reprise, je me suis même mise à gigoter ou serrer les genoux sur mon siège parce que je me sentais presque agressée.

Je vous re-situe. Le film transpose le récit de Lovecraft à l’époque contemporaine du film, à savoir dans les années 80. Dan Cain est un jeune interne en médecine heureux au CHU d’Arkham, fiancé à une jeune femme qu’il adore, Megan, et promis à un brillant avenir. Mais un jour arrive à la fac le mystérieux Herbert West qui pense détenir un moyen de vaincre la mort. Devenu le colocataire de Dan, il l’entraine avec lui dans ses expérience et les deux hommes vont se trouver en butte à l’hostilité du docteur Hasley, doyen de l’école de médecine et futur beau-père de Dan, et du docteur Hill, un neuro-chirurgien mégalo. Comme vous vous en doutez, les choses vont mal tourner et l’on se retrouve avec un zombie du docteur Hasley devenu violent une fois ré-animé, et la tête coupée de Hill encore vivante qui lui donne des ordres.

Non seulement il émane de l’image en elle-même un je ne sais quoi de sale avec l’horrible tronche de pic vert d’Herbert West, la lumière blafarde et une pléthore d’effets gores, mais les choses deviennent carrément dérangeantes quand Hill fait enlever Megan, fiancée du personnage principal et fille du doyen, pour abuser d’elle. C’est juste affreux. La jeune femme est attachée nue sur une table d’opération tandis que son père zombifié place la tête coupée parlante de Hill entre ses cuisses. Ça me colle la chair de poule rien que d’en parler, c’est du WTF complètement dégueulasse! Re-Animator a, si j’ai bien compris, a été plutôt bien accueilli par la critique. Mais rien que pour ça, pour cette scène affreuse sur la table d’opération, c’est un WTF horrifié et flippé. Je ne reverrai pas Re-Animator, c’est moi qui vous le dis!

  • Mauvais goût assumé – Iron Sky (Timo Vuorensola, 2012)
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Affiche du film – Source: AlloCiné

Je fais partie de ces gens qui pensent qu’on peut rire de tout mais pas avec tout le monde… c’est donc pourquoi je vous le présente avec certaines précautions. Aux débuts de ce blog, j’ai rédigé une chronique dédié à Iron Sky, une comédie parodique de science-fiction qui repose sur l’idée que les Nazis survivants de la Second Guerre mondiale, partis sur la Lune refonder un Reich et préparer leur revanche. À la faveur d’une rencontre avec des astronautes américains au début du XXIe siècle, ils décident de faire leur grand retour sur Terre… Comme je l’ai écrit dans ma chronique, c’est loin, très loin d’être fin. L’humour ne pète franchement pas haut. J’avoue avoir passé un bon moment et avoir ri quand je l’ai visionné, mais lorsque je suis retombée dessus il y a quelques temps, je me suis dit que ça ne faisait pas le même effet la seconde fois.

Il y a deux dimensions dans le WTF d’Iron Sky. Tout d’abord, le sujet: c’est assez risqué que de traiter de quelque chose d’aussi dégueulasse et catastrophique que le nazisme sur le ton de la comédie – quoique le film se termine sur une note assez inquiétante. C’est pour ça que je ne le recommande pas à tout le monde. Seconde dimension… l’effort sur l’univers visuel et sonore. Je dois dire que certaines idées en la matière sont assez brillantes, même si elles paraissent absurdes de premier abord, ce qui a pour résultat des images absolument ahurissantes – qu’il s’agit du décor rétro de la base lunaire, du design de certains vaisseau, du look des personnages.

Donc, WTF pour Iron Sky, pas nécessairement dans le pire sens du terme à mon sens, puisqu’il y avait vraiment le potentiel pour faire quelque chose de très bon et d’aussi inquiétant bien que je comprenne tout à fait qu’on le déteste.

  • Faites confiance à la mycose – Super Mario Bros. (Rocky Morton, 1993)
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Mario et Luigi, chevaliers de la Ventouse – Source: Imdb.com

Tout est dit dans la phrase d’accroche, que j’ai choisi pour le titre de ce post! 🙂 Combien de mes potes avaient, dans mon enfance, une Nintendo 64 et passaient des heures à s’éclater avec les jeux Mario. Pour ma part, me retrouver à jouer à Super Mario Kart avec des copines aussi mauvaises gagnantes que perdantes équivalait pour moi à une grosse punition et me plombait mon après-midi. Fait paradoxal pour quelqu’un qui aime les jeux, je détestais Mario! 🙂

Mario a pourtant fait l’objet d’une adaptation cinéma au début des années 1990, Super Mario Bros. Il y a quelques temps, je visionnais sur Youtube un ancien épisode de Crossed, l’émission ciné de Karim Debbache qui traitait des films touchant au gaming. Il décrit cet opus comme un foirage complet car il n’a pratiquement rien à voir avec l’univers du jeu… C’est un fait. Ici Mario, incarné par le regretté Bob Hoskins (!), et son frère Luigi sont deux plombiers de Brooklyn qui se retrouvent propulsés dans une autre dimension pour sauver d’un dangereux dictateur Daisy, une jolie archéologue sur qui Luigi a flashé… Jusque là, il est clair que ce cher Karim a raison: ça n’a pratiquement rien à voir avec l’ambiance du jeu! L’histoire est jalonnée de référence aux jeux, dans des noms d’endroits et de bâtiments. Il n’y a qu’à voir: la seule véritable référence aux champignons sur lesquels saute Mario dans le jeu est une mycose géante qui envahit la cité où nos deux plombiers vont sauver la gonzesse!… D’où une scène bien WTF où l’un des deux frères exhorte l’autre à « faire confiance à la mycose » en s’en servant comme un trampoline dans un gros conduit! Entre autres moment complètement improbables comme Mario glissant sur un matelas au milieu d’un tuyau gelé avec toute une bandes de nanas qu’il vient de sauver!

Bref, plus qu’une adaptation, juste un délire basé sur le jeu que les puristes ne doivent pas aimer… mais que je ne parviens pas à détester pour autant! 😉

  • Si outrancier que c’est peut-être du génie – Evil Dead (Sam Raimi, 1981-1992)
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Bruce Campbell bodybuildé sur l’affiche d’Evil Dead III – Source: AlloCiné

Je le confesse: je ne suis pas fan de films d’horreur gores des années 80 que je trouve la plupart du temps ridicules et qui me font beaucoup rire – sauf Re-Animator qui m’a mise très mal! Je vais en revanche parler d’un classique: la série des Evil Dead. Mon frère est fan et a le coffret DVD. Il faut bien dire qu’ils valent leur pesant de cacahuètes, en particulier pour le jeu exacerbé et halluciné de son acteur principal, Bruce Campbell, qui incarne Ash, le « héros ».

Dans le premier volet, il arrive avec des potes dans une bicoque perdue au milieu de la forêt, évidemment hantée par un démon sumérien, et les voit tous se faire massacrer les uns après les autres. Il se réveille déboussolé dans le deuxième opus, toujours dans la baraque possédée. Le premier Evil Dead est assez comique, mais le second atteint un autre degré de WTF. J’ai ri, mais RI à gorge déployée, tant à cause des mimiques de Bruce Campbell qu’à cause des quelques moments… franchement barrés. Je pense notamment à cette scène où Ash, les yeux exorbités et le visage déformé par un rictus de douleur, se découpe le bras à la tronçonneuse pour se débarrasser du démon qui possède sa main… Giclures écarlates, hurlements, tout y est… Et s’il n’y avait que ça: vous pouvez également voir tout le mobilier et le déco d’un petit salon suranné se tordre de rire. Ouais, ouais, vous avez bien lu… Le pire, c’est qu’à chaque fois que je la vois, je ne peux m’empêcher de rire à gorge déployée moi aussi.

Mais, MAIS… Ce n’est pas fini, car on atteint encore un AUTRE niveau de WTF avec Evil Dead II: L’Armée des Ténèbres. Spoiler Alert, Ash se retrouve propulsé à l’époque médiévale où il poursuit le fameux démon. Il a toujours la tronçonneuse greffée au moignon – je me demande quand même comment il arrive à la faire fonctionner après quelques jours au Moyen-Âge… Toujours est-il que ce film est un pur DÉLIRE. Ash, toujours incarné par Bruce Campbell – ce mec a une GUEULE! mais une GUEULE! – se débrouille fort bien aux temps médiévaux, s’improvisant forgeron, guerrier, et sauvant évidemment la fille. Toujours avec ses mimiques de fêlé, il nous abreuve dans la version française de l’expression « d’enfer! » à toutes les sauces. C’est un monument de kitsch… qui date tout de même des années 1990. Je pense tout de même qu’il s’agit d’un parti pris. D’autant plus que je ris beaucoup à chaque fois que je vois ces films, dont je me demande à chaque fois si cette débauche de gore et de jeu halluciné ne confinerait pas presque au génie.

  • Des effets spéciaux et de la musique sous LSD – La Forteresse Noire (Michael Mann, 1983)
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Affiche du film – Source: Imdb.com

J’ai fini par visionner La Forteresse Noire (The Keep) il y a quelques temps, et cela faisait très longtemps que je souhaitais le voir. Le film est l’adaptation d’un roman fantastique de Francis Paul Wilson.

Je vais un peu développer, car l’histoire est vraiment pas mal et prenante: en 1941, une troupe de soldats allemand prend possession d’une forteresse au fin fond de la Roumanie, malgré les avertissements de la population locale quant à une présence maléfique dans ces lieux. Des soldats y détachent du mur une croix en nickel en pensant que celle-ci est en argent, libérant ainsi une sorte d’entité qui chaque nuit vient tuer leurs camarades. Au grand dam de Woerman (Jürgen Prochnov), une garnison SS arrive en renfort et, décrétant qu’il doit s’agir de meurtres commis par les partisans, terrorisent les villageois alentours. Pour comprendre le phénomène, Woerman va faire appel à un professeur juif gravement malade, Cuza (Ian McKellen, qui fut jeune avant Gandalf et qui dégageait un truc franchement fascinant!), qui arrive à la forteresse avec sa fille Eva (Alberta Watson). Cuza décide de pactiser avec l’entité qui lui redonne la santé en échange de son aide, mais il ne se doute pas dans quel guêpier il s’est fourré en se mettant au service du Mal à l’état pur… Pendant ce temps, un homme (Scott Glenn), réveillé au moment où la forteresse est ouverte, parcourt l’Europe pour rallier les lieux…

En soi, rien de très WTF dans l’histoire, un récit fantastique sur fond de nazisme, qui pose la question du choix individuel face au Mal (incarné par la créature, mais aussi par le nazisme). En soi, le propos est donc très pertinent. Les interprètes sont excellents, Jan McKellen et Jürgen Prochnov en tête… Seulement voilà, pour un spectateur du XXIe siècle, le visuel et la bande sonore sont très marqués par les années 80. 🙂 Si la plupart du temps je trouve que cela participe au charme du film, eh bien cette fois-ci, nous nageons en plein WTF. Il y a ici une débauche d’éclairs – les yeux de l’étranger qui s’illuminent! énorme! Cyclope dans les X-Men, ça n’est rien à côté! – et de lumières colorées, des scènes extrêmement contemplatives et parfois longuettes – comme ce long moment érotique entre Eva et l’étranger qui arrive enfin au village – qui pourraient desservir le propos pourtant captivant de la Forteresse Noire. Je vous le recommande tout de même, car l’histoire se laisse vraiment suivre… Et je n’exclus pas de me mettre à la recherche du livre.

  • Série B de luxe baroque et grand-gignolesque – Batman Forever (Joel Schumacher, 1995)
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Source: Imdb.com

Comme vous le savez, j’adore Batman. Enfant, j’étais une grande fan de la série animée ainsi que de Batman et Batman: le Défi, réalisés par Tim Burton. Ils font certainement partie des films les mieux inspirés du réalisateurs, qui en a fait quelque chose de vaguement gothique et grotesque, dans le bon sens du terme. Et les prestation de Jack Nicholson en Jocker, ainsi que la transformation physique de Dany DeVito pour incarner le pingouin sont sans conteste ce qu’il y a de plus marquant dans ces deux opus. Arrive alors en 1995 Batman Forever, réalisé cette fois-ci par Joel Schumacher, et produit par Tim Burton…

Alors, alors. Je l’ai revu il y a quelques temps. Récemment j’écrivais sur le blog une chronique dédiée à L’Expérience Interdite, également réalisé par Joel Schumacher, que le style de ce réal était assez… baroque. Et Batman Forever est un vrai feu d’artifice. C’est très coloré, excessivement coloré, surtout si vous vous en tenez à cette scène de cirque au cours de laquelle on fait la connaissance de Dick (Chris O’Donnell), futur Robin, qui voit ses parents mourir lors d’une acrobatie à cause d’Harvey Dent/Double-Face (Tommy Lee Jones). Et alors les costumes, les décors. C’est de la folie pure, ça pète et flashe de partout, c’est excessif et baroque: le double décor de la maison de Dent pour aller avec ses deux visages, la tenue vert Brésil et les cheveux orange carotte de l’Homme Mystère (Jim Carrey), un Bruce Wayne relativement crédible. L’excès est également présent dans le jeu des acteurs, en particulier Tommy Lee Jones et Jim Carrey, qui campent des personnages très, très théâtraux. Bref, un festival WTF où ça gigote et flashe joyeusement dans tous les sens, quand on sait que l’univers batmanien est parfois très sombre. C’est prendre à contre-courant les autres interprétations des aventures du héros de DC Comics.

En revanche, si la plupart des critiques sont mauvaises et que l’on n’atteint pas la puissance des films de Tim Burton, j’aime bien Batman Forever. Je le trouve très divertissant, car ce beau bordel est tout de même très soigné, l’univers foisonnant, les  costumes inimitables de Jim Carrey (surtout la veste à diodes vertes) aux jambes moulées dans des collants vert pétant, et de Tommy Lee Jones. Ce n’est peut-être pas un chef d’œuvre mais je trouve que l’on manque franchement de ce genre de films depuis quelques années, avec de tels visuels. Parce que même si tout cela est excessif, baroque et bariolé, ce n’est pas désagréable pour autant. Le film n’est d’ailleurs pas dénué de glamour, avec les présences de Nicole Kidman (un peu malsaine la psy qui drague ostensiblement Batman, d’ailleurs!) et de Val Kilmer moulé dans le costume en latex noir du Chevalier Noir. 🙂 Et puis, il y avait la chanson du film, « Kiss from a Rose » de Seal! Une chanson dont j’étais folle! 🙂

  • Là où l’on touche au sublime – Brazil (Terry Gilliam, 1985)
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Source: Imdb.com

Je viens de traiter deux films que j’ai somme toute bien aimé malgré leurs défauts, mais j’achève ce top du WTF avec un film culte et à mon avis sublime tant on atteint des sommets d’absurde… Je ne développerai pas sur celui-ci, très coloré, excessif et théâtral également, car je souhaiterai lui dédier une chronique complète tant c’est un monument. J’ai nommé… Brazil.

C’est du WTF d’auteur, à ce stade-là. On touche au sublime avec ces situations assez cruelles et ces images aussi inquiétantes qu’onirique dans un monde normé à l’extrême, jusqu’à l’absurdité. J’adore. Aussi, je ne vais pas vous en dire trop et vous laisser languir de la chronique que je vais lui dédier. 🙂

  • Conclusion

J’espère donc que ce petit top vous aura plu, et que je ne donne pas l’impression d’être moins inspirée ces derniers temps… Nom de Dieu, je ne sais même pas si je vais arriver à écrire une chronique livre, car je n’ai pas pu terminer Le Maître du Haut Château que je trouve pourtant très bien! Qu’à cela ne tienne, je vous donne quelques news demain! 🙂

C’était un petit classement perso, qui bien sûr n’engage que moi, mais j’espère qu’il vous aura fait découvrir ou redécouvrir, donner envie de voir ou de fuir certains des films présentés ici. Vous me direz ce que vous avez pensé du générique de Sexmission! 😉 Au moins, j’aimerais vous avoir fait passer un bon moment avec des considérations un peu plus légères! Et vous alors quels sont les films de S.F., d’horreur ou fantastiques les plus WTF que vous ayez vus? Je suis très curieuse de le savoir!

Je vous souhaite à tous une bonne nuit, et vous dis à très bientôt!

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

7 réflexions au sujet de « « Fais confiance à la mycose! » – Mon Top Ten du WTF dans le cinéma SFFF »

    1. J’adore… Je ferai un petit article ce week-end pour expliquer comment ça va se passer sur le blog une fois que j’aurai repris le boulot… Mais il faudra que je consacre une chronique à « Brazil » dès que je trouve le temps! 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Ah, c’est un film qui m’a tellement marquée… Je l’avais vu à sa sortie (en 85). Ce qui était amusant à ce moment, c’était le parallèle que les gens faisaient entre la sortie de 1984 le film adapté du roman d’Orwell sorti juste avant, et Brazil. Il y a énormément de liens à faire…Le ressenti général était que Gilliam avait réussi 1984 quand Radford s’était plus ou moins englué….

        Aimé par 1 personne

      2. Je n’ai pas aimé du tout « 1984 ». En revanche, j’ai toujours trouvé « Brazil » énormissime. Pourtant avec moi, ce que fait Terry Gilliam ne marche pas à tous les coups.

        Aimé par 1 personne

  1. C’est marrant, moi j’ai beaucoup apprécié Evil Dead III justement parce que c’était tellement millième degré que je n’avais pas peur ! ^^ (je déteste les films d’horreur, je suis trop sensible, ça me donne des nuits blanches pour plusieurs semaines si je tombe sur un !). Je crois que c’est un parti pris, d’ailleurs, et pas un effet non voulu. Ne serait-ce que la fameuse scène pour récupérer le bouquin… mwhaha !! XD

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    1. Ah mais je n’ai pas dit que je n’avais pas aimé! 🙂 Mais ça m’a vraiment surprise… et tordue de rire. Tellement millième degré qu’il y a peut-être bien du génie derrière.

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  2. Super Mario Bros le film est éminemment drôle ! Je n’ai aucune idée de comment ce film a pu voir le jour, il est horrible mais avec un peu de distance, c’est fou ce qu’on peut rire devant x)
    Je partage aussi ta déception sur Lucy : j’avais été le voir au cinéma et il n’est pas moche mais il est vraiment creux ; plutôt que de faire un vrai bon film, Besson s’est contenté d’un blockbuster et c’est carrément dommage parce qu’il y avait quelques idées géniales dans le scénario mais juste sous-exploitées pour laisser place à toujours plus de baston, quitte à dire adieu à la logique dans certains moments pour partir dans un délire franchement pas nécessaire =/

    Aimé par 1 personne

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