Les prémisses de la saga arthurienne – Taliesin (Stephen R. Lawhead)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

9782253152187J’ai le plaisir de revenir cette semaine avec une chronique livre digne de ce nom, consacrée à l’une de mes dernières lectures: Taliesin, premier volume du Cycle de Pendragon de Stephen R. Lawhead. Il dormait depuis août 2014 dans ma PAL, quand je l’ai acheté après en avoir lu un avis très favorable sur le Forum de la Littérature fantastique.

Comme vous le savez, je suis assez compliquée dès qu’il s’agit de fantasy,  un genre dans lequel, hormis les aventures de Conan le Cimmérien, je ne me reconnais que rarement… En revanche, comme vous l’avez déjà vu à la faveur de différentes chroniques consacrées au fantastique au Moyen-Âge, à Excalibur, à Graal: La légende des Chevaliers et à la plus controversée 😉 série Merlin, je suis assez passionnée par la légende arthurienne. Cette grande histoire pleine d’aventure, de pouvoir, d’action épique, de foi, d’amour, de trahison et de magie à l’image des remous qui secouent le genre humain.

Bref, j’avais hâte de voir comment ce mythe magnifique était traité dans le cadre d’une grande fresque romanesque. J’ai donc décidé de m’y coller à la faveur des heures passées dans les transports. Le Cycle s’ouvre donc avec Taliesin

  • Des Atlantes au Pays des Bardes

Le roman court sur plusieurs années et suit en parallèle les destins de Charis, fille du roi atlante Avallach, et de Taliesin, enfant adopté par le prince breton Elphin et son épouse, de leur enfance à l’âge adulte. Douée de voyance, Charis évolue au milieu de palais somptueux et d’impressionnantes cités, où l’on adore le dieu-soleil Bel pendant d’impressionnants spectacles de tauromachie. Taliesin connaît un environnement plus rude dans le caer dirigé par son père Elphin, au milieu des remous qui agitent la Bretagne: déclin de l’autorité romaine, invasion de Pictes, d’Irlandais et de Saxons…

C’est dans ces temps troublés qu’en ces deux parties du monde, le mage atlante et précepteur de Charis, Annubi, ainsi qu’Hafgan, druide et maître du jeune Taliesin, scrutent le ciel pour y décrypter les signes annonçant la venue d’un Âge des Ténèbres et des individus exceptionnels qui y apporteront la lumière.

Alors que l’Atlantide est détruite et sombre dans les flots, Charis et les siens se réfugient sur l’île de Bretagne couverte de brume, dont les habitants font un accueil amical aux nouveaux venus. Les chemins de Taliesin et de Charis vont enfin se croiser. La question est désormais de savoir s’il sera possible, à partir de la rencontre de leurs mondes si différents, d’en construire un nouveau…

  • La rencontre de deux civilisations

Taliesin est un petit pavé, divisé en trois parties. Contrairement à ce que laisserait penser le quatrième de couverture, il ne s’agit pas d’une histoire d’amour à proprement parler, la rencontre de Taliesin et de Charis n’intervenant que dans le « troisième acte » du roman. Les deux premières parties voient alterner les chapitres se déroulant chez les Bretons ou chez les Atlantes. La plupart des personnages sont valeureux, chacun à leur manière, face aux bouleversements que connait leur monde. Les descriptions de ces deux civilisations, avec leurs us et coutumes, sont assez nombreuses dans la première partie du roman, et sont, malgré le style « fleuri » de l’auteur, très fluides et faciles à suivre. Fascinée par ce que je lisais, je me suis laissée emporter dans cet univers, dans cette atmosphère d’attente qui laisse présager de grands changements. Si certains passages sont très contemplatifs – notamment les visions de Taliesin dans la forêt, empreintes d’onirisme et de mysticisme – l’action n’en est pas absente pour autant dans ce monde en pleine mutation où font rage des guerres fratricides en Atlantide, et où les Bretons doivent faire face seuls au dangers qui menacent leur île quand les Romains se retirent.

Quant à la magie, elle est là, mais comme quelque chose de normal, elle n’est pas spectaculaire. J’ai beaucoup apprécié cet aspect du roman, car je n’aime pas quand la magie en fait des tonnes, surtout dans des sociétés comme celles décrites dans le livres: la magie est NORMALE, c’est une partie de la mentalité, un élément parmi d’autre dans des systèmes de croyances très différents du notre. Cela donne lieu à des passages d’une très grande beauté.

Si l’Atlantide n’est pas la première chose à laquelle j’aurais pensé dès lors qu’il s’agit du mythe arthurien (sachant que d’après Platon elle aurait coulé aux alentours de 10 000 ou 9000 avant J.C., j’ai trouvé l’idée intéressante du fait des chocs entre deux cultures radicalement différentes. Le raffinement des Atlantes fascine les Bretons qui leur font un très bon accueil et laissent à Avallach des terres non-loin d’un lac pour y construire son palais. En revanche, la situation est plus difficile pour les Atlantes, qui voient les Bretons comme des rustres primitifs et croient déroger en se mélangeant à eux, d’où des tensions, jusqu’à provoquer l’ire du roi Elphin, pourtant bon et généreux, qui ne souhaite pas voir son peuple traité comme des inférieurs. Cette perception de l’autre contrarie également les amours de Taliesin et de la belle Charis.

Dernier aspect qui m’a interpelée: la présence de l’Histoire. Je ne suis pas très regardante quant à la rigueur historique lorsqu’il s’agit de mythes et de légendes, mais j’ai pas mal accroché à la grande histoire en filigrane. Il est régulièrement question des Romains, en particulier quand le roi Elphin demande aux autorités romaines de pouvoir entrainer ses guerriers « à la romaine » afin que ceux-ci puissent par la suite assurer leur propre protection lors des invasions. Le christianisme est également là. Si l’on se réfère à l’Arthur « historique », l’intrigue de Taliesin doit se dérouler au Ve siècle après J.C., voire à la toute fin du IVe siècle. Aussi est-il question, d’abord par allusion (les druides avaient vu la naissance de « Jesu » dans les astres) et plus ouvertement dans la dernière partie du roman, du christianisme, incarné par les prêtres Dafyd et Collen qui se lient d’amitié avec Taliesin devenu adulte et barde. Ils ne sont pas du tout représentés comme des crétins endoctrinés, ce qui serait un sérieux handicap quand on sait que la geste arthurienne est largement empreinte de christianisme. Leurs propos préfigurent d’ailleurs déjà la quête du Graal…

  • Les personnages

Enfin, je vais parler des personnages, en premier lieu des deux protagonistes principaux.

En début de roman, j’ai été un peu rebutée par le côté « princesse évaporée » de Charis. Mais d’une part, il ne faut pas oublier qu’elle est encore une petite fille. D’autre part, elle suit une trajectoire plutôt intéressante. On découvre dans la seconde partie du roman une jeune fille assez tourmentée: en effet, dévorée par la culpabilité suite à la mort de sa mère, la reine Briséis, elle fuit le palais paternel pour risquer sa vie comme danseuse aux taureaux dans l’arène. Elle retourne chez Avallach quand elle comprend à quel point les visions des mages sont véridique, et qu’elle décide de sauver sa famille de la destruction de l’Atlantide. Malgré sa force de caractère, elle est dévastée par la fin de son monde et arrivée en Bretagne, s’enferme dans la solitude. Sa reconstruction en tant qu’individu s’avère très difficile, tout comme son acceptation des sentiments qu’elle éprouve pour Taliesin, qu’elle trouve trop éloignée de son monde malgré le fait qu’elle s’en soit instantanément éprise. Bref, je me suis un peu reconnu dans ce côté passionné mais aussi très « je-cogite-je-flippe ».

Quant à Taliesin, ma foi… 🙂 Cela ne m’était pas arrivée depuis longtemps, mais j’ai eu comme un fictional crush avec ce gaillard. Taliesin dont le nom signifie « Front Clair », est d’abord un très bel enfant blond, insouciant, malgré ses dons et son impression de ne pas toujours être à sa place. Très aimé par son père adoptif Elphin et par l’épouse de celui-ci, ainsi que par le barde Hafgan, son maître qui doit lui enseigner la voie des druides, c’est un être qui aime la vie et les autres. Il s’en dégage un je ne sais quoi de lumineux à la lecture de l’histoire. Il m’a vraiment fascinée, même si je regrette quelque peu qu’il n’ait pas eu un défaut ou deux pour contrebalancer ses qualités: je ne sais pas, moi, un brin d’arrogance du fait de son talent, de l’orgueil… Mais parvenu à l’âge adulte, Taliesin, en plus d’une beauté éclatante, a développé en plus de ses dons de visions un réel talent de barde, envoûtant tout le monde par ses chants. Il reconnaît en Charis une femme endormie au fond d’un lac qu’il a déjà aperçue lors d’une vision, et fait preuve d’une grande douceur pour l’approcher. Bref, Taliesin a une puissante aura, les « 3 B de la victoire » (le trio gagnant beau, blond, british) et EN PLUS il est musicos. Je ne pouvais que craquer!

Concernant les personnages en général, j’ai pu lire certains commentaires reprochant au livre une approche un peu trop manichéenne, avec des méchants trop méchants et des gentils trop gentils… Personnellement je suis un peu plus nuancée sur le sujet. Quand bien même l’entourage proche de Taliesin, notamment son père adoptif Elphin déborde de gentillesse, être sympathique ne l’empêche pas de zigouiller d’autres hommes sans état d’âme lors de batailles et d’escarmouches en forêt et au bord de la mer. Sinon, j’aime beaucoup le barde Hafgan, une sorte de second père pour Taliesin, pour sa bienveillance teintée de rudesse.

Du côté atlante, j’étais un peu plus mitigée du fait de leur arrogance et de leur sentiment de supériorité face aux Bretons, mais au final, ce sont bien des êtres humains avec leurs défauts, pour qui il est possible d’éprouver de l’empathie pour ces gens en exil sur une terre au climat rude et aux mœurs moins raffinées que les leurs. Donc si j’ai un moment été incommodée par la dureté d’Avallach envers sa fille à qui il reproche la mort de son épouse Briséis, j’ai ensuite éprouvé une certaine sympathie pour l’homme blessé par la mort de son épouse et de ses fils dans des luttes fratricides. Plus ambivalents sont le mage Annubi, d’abord un vieux sage rude mais sympathique qui enseigne à Charis, qui après avoir perdu son don de vision, glisse vers l’apathie, puis vers les ténèbres, ainsi que Lile, seconde épouse d’Avalach, experte en plantes médicinales et dangereuses, et sa fille, Morghian (son nom ne sonne-t-il pas comme celui d’une sorcière bien connue de la légende arthurienne?) au charme vénéneux. Je soupçonne d’ailleurs ce trio d’être à l’origine de quelque chose d’horrible, mais il me faudra sans doute attendre les volumes suivants pour savoir si je me trompe ou non!

  • Mythologie celtique

Le lien avec la légende arthurienne, hormis peut-être le contexte, n’est pas évident au premier abord même s’il est fait dans le quatrième de couverture du roman. Et pourtant! 🙂 Les prémisses en sont bien présents et certains motifs émergent par allusion! 🙂 Il ne s’agit pas ici de vous narrer par le menu tout ce qui a été écrit sur la « matière de Bretagne », parce qu’il y aurait des volumes entiers à remplir sur le sujet, mais de mettre en évidence dans Taliesin des éléments connus de la légende arthurienne.

Le nom de Taliesin en premier lieu: en effet, le barde est un personnage important de la mythologie celtique, présent dans la littérature galloise, et qui aurait existé. C’est un des points que je connais le moins bien, Taliesin n’appartenant pas nécessairement aux mythes arthuriens. Né au VIe siècle et, détail amusant, contemporain du roi Arthur à la légende duquel il a été associé, et non-pas né avant, il aurait composé de sa main certains poèmes du Livre de Taliesin, un recueil de poésie fixé au Xe siècle.  Taliesin serait la ré-incarnation de Gwion Bach, assistant du vieil aveugle Morda pour surveiller la préparation d’un poison par la sorcière Ceriddwen, dont le fils laid et détestable Morvan est rejeté par tous, et à qui, pour compenser ces défauts, elle souhaite faire don de la voyance en lui faisant boire ce breuvage. Or des gouttes de poison qui lui sont destinées vont gicler du chaudron sur Gwion Bach. Celui-ci devient prescient et comprend que Ceriddwen va le tuer pour avoir pris ce qui revenait à son fils. Il prend diverses apparences pour la fuir, jusqu’au moment où transformé en grain de blé, il sera avalé par la sorcière changée en poule. De ce prodige nait un bébé magnifique que Ceriddwen abandonne dans une petite embarcation, un coracle, au bord de la mer. L’esquive dérive pendant une quarantaine d’année où le bébé reste comme figé dans le temps. Il est trouvé par Elffin, fils d’un écuyer et serviteur à la cour d’un roi breton, le jour où il part ramasser des saumons dans un combre. En dépaquetant ce qu’il trouve dans la petite embarcation, il voit d’abord apparaître le front clair du nourrisson qui lui donnera son nom (j’ai l’image en tête et je trouve ça vraiment chou!). Dès lors Elffin connaît la bonne fortune, et Taliesin grandit pour devenir un barde renommé. L’Elphin de Taliesin, bien que son destin soit sensiblement différent, faisait donc lui aussi partie de la légende!

Ensuite, prenez le roi Avallach… Arrivé en Bretagne, il fait bâtir au bord d’un lac un palais somptueux où sont gardés les trésors restant de son ancienne cité, et où il se terre, victime d’une vieille blessure qui ne se referme pas après les guerres terribles qui ont ravagé l’Atlantide… Ça ne vous rappelle pas quelque chose?… 🙂 Le Royaume du Roi Pêcheur, bien sûr! C’est d’ailleurs le sobriquet que donnent les Bretons à Avallach, lorsqu’ils le voient pêcher et qu’ils attribuent des prodiges à ce mystérieux souverain et aux siens… Dans la geste arthurienne, le Roi Pêcheur apparaît dans le roman Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes: affligé d’une blessure qui ne guérit pas, il se traîne lamentablement dans un royaume appauvri où il ne peut rien faire d’autre que pêcher aux alentours de son palais, en attendant le valeureux chevalier capable d’accomplir un miracle. Il est vu comme le gardien du Graal, recherché par Perceval. Mais selon différentes versions de la légende, il pourrait choisir de Galaad, ou même de deux rois blessés, un père et un fils. Mais il semblerait que le Roi Pêcheur serait aussi présent dans la mythologie celtique, comme dérivé du dieu des morts Nodens qui pêche les âmes des morts, ou de Dagda, dieu-druide détenteur d’un chaudron magique. Il pourrait également s’agit de Bran le Béni, qui possède un chaudron capable de donner la vie – chaudron à la recherche duquel les hommes d’Arthur partiraient dans la littérature galloise médiévale. Aussi, je suis curieuse de la destinée d’Avallach et de ses descendant dans la suite du roman, et de voir son impact dans la suite du Cycle de Pendragon. 🙂

  • Conclusion – De la belle fantasy

Après une relative déception à la lecture de Druide dont j’avais lu de très bonnes critiques sur Le Forum de la Littérature fantastique,  j’avais peur d’être également déçue par Le Cycle de Pendragon – ce qui serait embêtant puisqu’il m’en reste quatre volumes dans ma PAL! Mais j’ai été séduite par l’ambiance crépusculaire de cette fresque suivant Taliesin et Charis, parents du futur Merlin qui donne son nom au second volume de la saga. Je suis même encore en plein book hangover suite à ce coup de cœur, jusqu’à en avoir du mal à me plonger dans Le Maître du Haut Château. J’ai été captivée par Taliesin, par ce monde empli d’irrationnel, au temps des bardes et de la magie, quand le monde occidental glissait doucement de l’Antiquité au Moyen-Âge. Pour le coup, c’est de la très belle fantasy où j’ai eu le bonheur de retrouver également ce qui me plaisait dans les meilleurs romans historiques lus par le passé: dépaysement, lieux magnifiques… C’est bien simple, pendant la journée au travail, j’avais hâte de monter dans le train pour lire la suite!

Quand je vois à quel point j’ai aimé ce premier opus, je suis assez pressée de découvrir la suite et j’ose à peine imaginer ce que ça sera quand les grands protagonistes de la légende – Merlin, Uther, Arthur, les chevaliers, Morgane… – vont se joindre à la partie!

Pour ma part, j’espère vous avoir donné envie de découvrir Le Cycle de Pendragon et les aventures de Taliesin et de Charis. En attendant la lecture des prochains volumes, je vous dis à bientôt pour de nouvelles chroniques (croisons les doigts, plus régulières!) lecture et cinéma, et de nouvelles créations! D’autant plus que je reprends du service avec les devoirs, en espérant que mes productions graphiques seront aussi belles que les précédentes! Bonne semaine à tous!

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Cycle de Pendradon, tome 1 – Taliesin
Auteur: Stephen R. Lawhead
Éditions: Livre de Poche
Collection: Livre de Poche
667 p.
Parution: Septembre 2007
Prix: 7,60 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

6 réflexions au sujet de “Les prémisses de la saga arthurienne – Taliesin (Stephen R. Lawhead)”

  1. Que tu donnes envie ma parole avec cette superbe chronique ! Déjà que ce bouquin me faisait de l’oeil depuis un moment, mais là… Limite je vais le commander, là.
    J’aime énormément l’univers athurien, même si je n’en ai pas lu tant que ça. L’occasion de s’y mettre.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, j’adore le mythe arthurien! 🙂 Mais bizarrement, je ne suis pas parvenue à aller jusqu’au bout des « Dames du Lac ». Je pensais ré-essayer un jour, mais si la suite de « Taliesin » est à la hauteur de mes attentes, ma foi, ça va être difficile! 🙂

      Aimé par 1 personne

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