Orgies macabres dans les tourbières – Les Furies de Borås (Anders Fager)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

51SJPStWJWLJe suis très fière de vous présenter enfin une chronique lecture après ces quelques jours de flottement (où vous êtes restés fidèles, encore merci!), et de vous dire que c’est le troisième livre que j’aie lu ce mois-ci, ce qui ne m’est pas arrivé depuis longtemps… Et je l’ai dévoré, pratiquement dans son intégralité, pendant mes heures de transport. Comme quoi, tout a ses avantages! Et c’est à croire que cette année, je sois abonnée aux livres sympas depuis quelques temps, ce que me confirme la lecture des Furies de Borås, un recueil de nouvelles fantastiques glauques à souhait de l’auteur suédois Anders Fager.

Laissez-mois vous emmener en balade sur les tourbières, dans une Suède peuplée d’êtres étranges et de monstres…

  • Treize récits glauques à souhait

L’ouvrage se divise en treize histoires: Les Furies de Borås qui donne son titre au recueil, Le vœu de l’homme brisé, Fragment VI, Joue avec Liam, Fragment VII, Trois semaines de bonheur, Un point sur Västerbron, Fragment X, « Encore! Plus fort! », Fragment XII, L’escalier de service, Le Bourreau blond. Je ne les présenterai pas dans l’ordre et pas toutes complètement, car cette petite anthologie a ceci de particulier que certaines de ces histoires ont un rapport entre elles…

La nouvelle-titre, Les Furies de Borås nous emmène à Borås, un patelin paumé du fin fond de la Suède, aux environ duquel se trouve une discothèque isolée en pleine forêt fréquentée par les pèquenauds du coin bas de plafond. Anna, Alexandra, Saga, Kari, Sofie et toute leur bande aiment parfois à entraîner ces tristes sires sur la tourbière pour se livrer à de véritables orgies de sexe et de sang…
On retrouve le personnage de Sofie, veilleuse au sein de cet étrange groupe de filles, dans Fragment VII, Fragment IX et à Stockholm où elle exerce encore ses talents de tueuse dans l’étrange récit fermant le recueil, Le Bourreau blond.

Dans Fragment VI et Fragment XII, vous découvrirez un monstre arrivé par une météorite, qui a besoin de sang – beaucoup de sang – pour se nourrir, qu’il s’agisse de mouette, de chien ou d’humain trop curieux qui l’auraient approché de trop près.

Dans Trois semaines de bonheur, le lecteur fait la connaissance de Malin Mänsson, une jeune femme atteinte d’une grave maladie de peau. Celle-ci se terre dans un appartement humide en sous-sol derrière sa boutique d’aquariophilie. Les poissons, les anguilles et les murènes sont ses seuls amours. Mais toutes les six semaines, d’étranges sensations la poussent à sortir de sa tanière à la recherche d’un partenaire…
Un récit extrêmement sombre et choc, surtout dans ses derniers paragraphes, qui répondent d’une manière assez crue aux questions que l’on se pose à sa lecture. On y retrouve un écho dans Fragment XII quand on croise par hasard Malin dans une rame de métro.

« Encore! Plus fort! » est un récit sur lequel je ne peux pas vous dire grand-chose sans vous gâcher le plaisir de découvrir d’autres nouvelles. 🙂 On y fait la connaissance de deux amants qui vont vivre une étrange aventure, en s’étranglant pendant l’acte pour tester l’expérience de mort imminente.

Concernant les quatre dernières histoires, celles-ci sont totalement indépendantes des autres.
Le vœu de l’homme brisé nous amène au temps jadis (je ne connais absolument rien de l’histoire tourmentée de l’Europe du Nord, alors je ne sais pas du tout à quelle époque cela se passe), dans la campagne nordique, où un brave fermier, veuf et heureux père de deux filles, a maille à partir avec des soldats pendant une guerre entre Suédois et Norvégiens. Battu et laissé pour mort, il voit sa fille aînée assassinée. Vieille mère, laponne et mère de sa défunte épouse, l’encourage à invoquer un démon du froid issu du folklore lapon pour se débarrasser de ces hommes et venger sa fille…
Joue avec Liam m’a beaucoup troublée. Liam, un petit garçon de six ans un peu solitaire et passionné de dinosaures, a un petit secret bien à lui. Un jour, il a découvert une brèche dans le grillage de son école et s’y est faufilé pendant la récré, pour s’aventurer sur un terrain rocheux et torturé. Il y rejoint le bord d’un trou où se tapit un monstre, qu’il ne voit pas mais qu’il imagine être un dinosaure, et qui lui réclame de la viande. Pendant des jours, le gamin se demande bien comment lui en fournir…
Dans Un point sur Västerbron, un phénomène étrange a lieu: des retraités sortent de chez eux et convergent vers un pont d’où ils se jettent à l’eau…
L’Escalier de service est l’histoire d’Elvira Wallin, fille d’une riche veuve issue de la haute société de Stockholm au début du XXe siècle – c’est du moins l’époque à laquelle je situe ce récit quand je vois le traitement dont elle fait l’objet. La jeune femme est prise en charge par le docteur Lohrman à cause d’étrange cauchemar où dans sa cave, elle rencontre une créature effrayante qui tente de la déshabiller…

  • Ce que j’en pense

Capture d’écran 2016-05-21 à 21.21.35Voici l’un des livres les plus insolites que j’aie lus depuis un certain temps!… À dire vrai, c’est d’abord la couverture très colorée à l’allure très fifties qui m’a attirée, avant que je lise le résumé. À mon humble avis, le quatrième de couverture tient ses promesses de femmes badass et de monstres dégueulasses à souhait. Je ne sais pas si cela est dû à un style spécifiquement scandinave, car je n’ai pas encore pris le temps de lire ces thrillers signés Stieg Larsson ou les Camilla Läckberg. Je sais, c’est mal, mais avec ma PAL et la ligne éditoriale de mon blog, je me devais d’établir quelques priorités dans mes lecture. Mais l’ami Anders Fager nous entraîne dans un univers à la fois glauquissime et fascinant, gluant et suintant, avec un vocabulaire et des scènes parfois très crus. Gore et sexe brutal sont au rendez-vous. Pour le coup, il ne ménage pas le lecteur et étrangement, ça fait du bien (après, je suis scorpion, mes congénères astraux et moi sommes bien connus pour nos penchants un peu morbides! 😉 ), même si certains récits sont un brin dérangeants.

Les filles y sont de vraies brutes qui déchiquettent les hommes, mais sans glamour aucun – on les voit couvertes de boue en train de perdre leur culotte, considérer leurs partenaires comme des proies, jouir de la présence de monstre. Elles n’ont aucune douceur, et les mecs sont souvent des lourdauds brutaux et pas très futés. Je n’aime pas ce genre de personnages d’habitude, mais au final, je pense que les récits de Fager n’auraient pas si bien fonctionné avec des personnages héroïques. Même le plus innocent des enfants peut y devenir un meurtrier. Ce n’est que sensations physiques affreuses ou violemment plaisantes, textures gélatineuses, ténèbres et bruits de succion. À dire vrai, il est difficile de savoir qui des créatures cauchemardesques ou des humains présentés par l’auteur sont les plus monstrueux, car il y étale sans fard la bassesse humaine, dans toute son horreur…

Il nous dépeint également des personnages très solitaires, à tel point que c’en est parfois douloureux. Malgré sa brutalité, on plaint Sofie, jeune fille de dix-huit ans, passionnée d’histoire, qui s’ennuie dans ce trou qu’est Borås dont les habitants ont une mentalité si étriquée. On plaint Malin Mänsson avec sa peau qui part en charpille et ses sombres secrets. On plaint le petit Liam, coincé dans un appartement minuscule avec ses parents qui se disputent sans arrêt, et qui se réfugie dans ses jeux peuplés de dinosaures menaçants. Anders Fager nous livre des tranches de vies ordinaires, à la limite du médiocre, mais souvent pittoresques, où le fantastique n’étonne pourtant personne. Cela est parfois rapporté avec un humour très sombre, les réflexions de protagonistes qui prêtent à sourire malgré les situations parfois tordues et troublantes. J’ai donc apprécié cet aspect de l’écriture, grinçant et ironique.

  • Conclusion

Si vous êtes curieux et n’avez pas froid aux yeux, c’est un livre à ne pas manquer! Certaines situations sont certes malsaines,  mais ma foi, il n’est pas difficile de se laisser prendre par le style de son auteur – cela est également dû à la traduction, j’imagine. Je vous conseille en tout cas de lire les nouvelles dans l’ordre du sommaire et pas en suivant les groupes que j’ai constitué dans la présentation. C’est comme ça que j’ai fait, j’ai suivi l’ordre des pages… Et cela a été un vrai plaisir que de découvrir au fur et à mesure les liens qui existaient entre ces différentes histoires. Un véritable régal.

J’ai trouvé un livre extrêmement différent de ce que j’ai pu lire jusque là, complètement barré et fêlé, à l’image de ses personnages, et j’en suis ravie. Je ne regrette absolument pas d’avoir craqué, et même si j’ai frissonné, j’ai franchement adoré ces portraits sans concession de personnages étranges, avec un passé sombre, dans des situations cauchemardesques.

Je croise à présent les doigts pour un retour à la normale sur le blog d’ici peu. 🙂 En revanche les posts seront partagés un peu plus tard sur les réseaux sociaux. Dans la semaine, je mettrai en ligne une chronique qui ne sera pas consacrée à un film, mais à une série – pour une fois! – déjà finie que j’ai beaucoup aimée et dont je souhaitais vous parler depuis un moment. Sinon, j’angoisse à mort car à partir d’aujourd’hui, je suis en autonomie complète sur le studio graphique en EXE, et j’ai peur des trous de mémoire quant à la somme d’infos que j’ai engrangées pendant toute cette semaine! Espérons que je m’en sorte! 🙂

À très bientôt avec des lectures, des visionnages, des créations! Bon début de semaine à tous!

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Les Furies de Borås
Auteur: Anders Fager
Éditions: Pocket
Collection: Pocket Fantasy
384 p.
Parution: Janvier 2016
Prix: 7,80 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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