Ne présentez jamais votre copine à votre maison – Hantée (Christina Lauren)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

81kzUF69FCLTout d’abord, je tiens à m’excuser pour l’absence de chronique cinéma cette semaine, mais ces derniers jours ont été assez épiques. 🙂 À ce niveau-là, je vous en dirai un peu plus dans les jours à venir. 😉 Je m’excuse également du retard avec lequel est paru l’article de « remplacement »: car exceptionnellement, c’est une seconde chronique livre que je vous propose cette semaine.

Avec Hantée de Christina Lauren, on entre dans un registre totalement différent de celui de ma dernière lecture, Metro 2033, chroniqué ce mercredi. Ici, il s’agit d’une romance young adult sur fond de fantastique, qui fait partie du mini book haul du week-end dernier. Et encore une fois, il s’agit pour moi d’une sortie relativement récente, et la chronique sera, je pense, assez brève.

Je vous emmène donc dans une petite ville où se dresse une étrange demeure, abritant des secrets tout aussi bizarres qu’elle…

  • Le pitch

Delilah, dix-sept ans, est de retour dans sa petite ville natale de Morton, par un froid mois de janvier. Elle vient de passer six ans dans un internat catholique du Massachusetts financé par sa grand-mère: ses parents l’y avaient envoyée après qu’elle se soit violemment bagarrée avec des garçons de son école pour défendre celui qu’il malmenaient. Ils pensaient la calmer, mais cela n’a fait qu’accentuer son goût pour les ambiances gothiques et morbides. Or quand sa mamie devient gâteuse et doit rentrer en institut, les géniteurs de Delilah, ne pouvant plus payer l’école, n’ont d’autre choix que de la faire revenir. Dès son premier jour au lycée, notre jeune héroïne retrouve son ami d’enfance Dhaval, ainsi que Gavin, le garçon qu’elle avait défendu six ans auparavant: toujours vêtu de noir, très grand, svelte et ténébreux, il la fascine littéralement. Le garçon vit dans une grande demeure mystérieuse, personne n’a jamais vu ses parents. La fascination de Delilah est réciproque, car Gavin n’a pas oublié la petite fille qui s’est portée à son secours face à ces brutes épaisses qui le martyrisaient. Comme elle, il aime dessiner, rêvasser.

Les deux jeunes gens finissent par se fréquenter, et Gavin décide de faire entrer Delilah dans son monde: il l’emmène chez lui. Elle fait alors la connaissance de Maison, et de tous les objets animés qu’elle renferme, qui se sont occupé de Gavin depuis sa plus tendre enfance. D’abord enthousiaste et heureuse, sa relation avec Gavin évoluant, Delilah ressent peu à peu un profond malaise: son sommeil se peuple de cauchemars, Maison prend un aspect plus inquiétant, elle s’y perd, s’y blesse. Il semble que la demeure, jalouse protectrice de Gavin les espionne sans arrêt, et rejette la jeune fille, quitte à mettre sa vie en danger pour garder le jeune homme pour elle… Gavin se rendra-t-il compte à temps que sa protectrice est également son bourreau? Et Delilah aura-t-elle le courage de se faire accepter ou d’affronter Maison pour Gavin?

  • Mon avis

Ouh lala, ça change vraiment de ce que j’ai l’habitude de lire, mais je dois avouer que ça m’a fait du bien, l’espace de 300 pages, de ne pas faire semblant de ne pas être romantique! (Oubliez de suite cette phrase!) La seule chose qui m’énerve vraiment quand je lis ce genre de littérature, c’est qu’à chaque fois elle me rappelle à quel point ma vie de lycéenne et les garçons qui gravitaient autour de moi étaient inintéressants!

Outre ce petit détail d’ancienne lycéenne complexée et carrément solitaire sur la fin, j’étais assez curieuse du résumé avec cette maison vivante habitée par des objets vivants qui me rappelaient un peu l’ambiance de La Belle et la Bête (à la fois le dessin animé de Disney et le film de Cocteau). Et finalement, jeudi, en plein book hangover après ma précédente lecture, et entre deux recherches de stage, je suis littéralement tombée dedans. J’ai poursuivie comme une folle durant tout le temps passé dans les transports hier.

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé l’ambiance surréaliste, cette atmosphère tour à tour feutrée et inquiétante qui règne à l’intérieur de Maison. L’endroit est absolument fascinant, les visions d’horreur de Delilah glauque à souhait – cafards, murs qui coulent, organes vivants dans les murs de la maison, bruits de succion bien dégueulasse… Le lecteur prend toute la mesure de la peur de l’héroïne, pourtant bien courageuse, ses questionnement, ainsi que ceux de Gavin, profondément troublé et blessé par le comportement de sa demeure qui lui refuse le bonheur. En ce qui concerne l’intrigue, outre la romance, le lecteur assiste à la découverte de nombreux secrets liés à la maison, au passé de Gavin, ce qui crée une sorte d’addiction: on veut savoir ce qu’il en est, si Maison va finir par faire du mal à son jeune habitant, ce qui est arrivé à ses parents… J’ai également apprécié les interventions d’autres personnages secondaires, tel Dhaval et sa mère Vani, la seule adulte vraiment compréhensive avec les adolescents, disposée à les écouter et à répondre à leurs questions.

Les scènes intimistes sont assez agréables à lire, les sentiments amoureux (ben oui, quand on a déjà été amoureux on sait ce qu’on a ressenti!) sont assez bien rendu, ainsi que le côté « physique ». Même si l’auteure n’en fait pas des tonnes au niveau du sexe, la dimension physique n’est pas passée à la trappe, et les sensations bien décrites également, il est même dit par allusion que Delilah se masturbe – ça nous change d’une Bella Swan dans Twillight, qui semble ignorer certaines choses de la vie(je n’ai pas détesté Twillight!). Zut, il y en avait marre que les nanas soient trop sages et ne fassent qu’attendre (je pardonne quand l’héroïne est timide!)! 🙂 Seule petit point noir: la « première fois » qui se passe, évidemment, sans accroc pour la jeune fille alors que parfois, même avec un mec super qui fait un effet d’enfer, on peut douiller sévère. J’ai également apprécié le fait que, pour une fois, la fille, Delilah, ne soit pas timide et fasse le premier pas vers l’objet de ses vœux. À part ça, la relation de ces deux adolescents, avec leurs petits moments à eux, obligés de se voir en cachette, est très attendrissante, et cela est dû aux personnalités des deux protagonistes.

Car ce qui touche le plus dans cette histoire, ce sont Delilah et Gavin en eux-mêmes. Ce sont deux solitudes qui se retrouvent: Delilah vit avec des parents très peu affectueux, uniquement préoccupés par ce que les autres pensent et ne souhaitant pas que leur fille fréquente ce garçon au look excentrique, et Gavin, s’il est très entouré des attentions de sa demeure, n’a pas vraiment de contact humain. Je me suis un peu reconnu dans l’amour de Delilah pour les dessins tordus, mais ça s’arrête là. Son audace me l’a rendue encore plus sympathique: c’est elle qui prend l’initiative avec Gavin, elle n’est pas timide et en général, je suis assez admirative des filles qui sont capables de prendre l’initiative car depuis un gros râteau en début de fac, je suis tout simplement nase dès que quelqu’un me plait.

Quant à son amoureux, je crois que c’est celui des deux qui m’a le plus attendrie: dans l’allure, il me rappelle un peu un personnage de Tim Burton. Il se dégage de lui une certaine innocence, et beaucoup de vulnérabilité. C’est un peu lui le « damoiseau en détresse », finalement! Sa profonde solitude m’a souvent fait de la peine pour lui. Outre ses sentiments pour l’héroïne, il voit ses convictions et ses certitudes bousculées, il connaît le sentiment de trahison, le déchirement entre deux êtres qu’il aime profondément. Bref, si j’avais connu ce genre de garçon dans mon adolescence, nul doute que je m’en serais éprise, mais maintenant que j’ai grandi (enfin vieilli, plutôt…), j’avais envie de passer dans le livre pour aller lui faire un câlin et lui dire que tout allait bien se passer. J’ai même retrouvé en lui des sentiments, des mimiques qui me rappellent un peu le personnage masculin de mon roman… mais en brun et très mince! 😉

  • Conclusion

La romance n’est certes pas mon genre prédilection, et je ne pense pas en lire encore beaucoup, mais j’ai vraiment été captivée. Ce n’était peut-être pas une « claque » littéraire, mais c’était très mignon. J’ai passé un bon moment avec Delilah et Gavin, si attachants, et leur ami Dhaval (car il va finir par être également pote avec Gavin!) et cette ambiance était parfois hypnotique, entre frisson et fascination. Parfois, je me serais presque crue dans un conte. Et puis, ne soyons pas de mauvaise foi, on aurait tous aimé vivre quelque chose de romantique et de limpide comme ce qui lie Delilah et Gavin. Que ce soit dans sa jeunesse ou même plus tard! 😉

Enfin, cette histoire se lit vraiment très vite. Je conseille Hantée non-seulement aux amateurs de romance, mais aussi à ceux de fantastique ancré dans le réel. D’autant que si vous n’avez pas trop la tête à la lecture, cette histoire vous divertira sans doute agréablement… Et j’aimerais que vous puissiez découvrir Maison, cette demeure à la personnalité si particulière! Mais bon, vous y réfléchirez peut-être à deux fois en invitant votre petit/e ami/e chez vous!

Je vous souhaite donc une bonne lecture, et vous dis à bientôt pour de nouveaux posts! À très vite!

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Hantée
Auteur: Christina Lauren
Éditions: Hugo Roman New Way
Collection: New Way
312 p.
Parution: Janvier 2016
Prix: 17,00 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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