Enquête glauque à Gotham – Batman: Des Cris dans la Nuit (Archie Goodwin, Scott Hampton)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

81GzTTRMHgLÇa y est, les chroniques reprennent… pour le meilleur, je l’espère.

C’est que je reviens avec du lourd ce lundi, et en « ce matin de mai fleuri ». Vous connaissez mon amour pour le Chevalier Noir de Gotham City, et mon (ré)intérêt récent pour les comics narrant ses aventures. C’est donc un opus dédié à Batman et à son improbable associé dans la lutte contre le crime, le commissaire Gordon, que je vous présente aujourd’hui: Des Cris dans la Nuit.

Je l’avais repéré à l’espace culturel non-loin de chez mes parents, en tête de gondole car c’est une re-sortie récente, et j’étais très intriguée par le style pictural, très différent de ce que j’ai vu dans les quelques comics que j’ai pu lire. Eh bien ma maman, connaissant mon amour tout particulier pour ce superhéros en particulier, et pour me réconforter comme je ne suis pas au top, a décidé de m’offrir la BD. ❤ Ça m’a bien sûr beaucoup touchée, et j’ai dévoré l’album d’une traite en rentrant à la maison ce jeudi. Aussi j’ai décidé de la chroniquer le plus vite possible. 🙂

Je vous ramène donc du côté de Gotham City, alors que Gordon et Batman/Bruce Wayne allient leurs efforts…

  • L’enquête

Nous sommes à Gotham City. Récemment promu commissaire et courant les pince-fesse qui l’ennuient, James Gordon ne peut s’empêcher de retourner sur le terrain lorsqu’il apprend le massacre d’une famille entière dans le quartier défavorisé des Heights. Suite à un second massacre, dans une riche demeure des alentours de Gotham, Gordon et Batman font le lien avec un règlement de comptes entre cartels, suite à l’apparition du boost, une nouvelle drogue bon-marché, sur le marché de la ville.

Or, les deux hommes vont découvrir une vérité beaucoup plus sordide encore, alors que parmi les témoins des meurtres, un petit garçon traumatisé affirme que le meurtrier de son père n’est autre que Batman lui-même…

  • Une atmosphère captivante

Batman – Des Cris dans la Nuit est paru en 1992 sous le titre original de Batman – Night Cries. Au scénario, nous avons Archie Goodwin, scénariste et éditeur disparu en 1998, qui a fait ses armes chez Marvel et chez DC Comics où il dirige la ligne adulte dans les années 80, époque de renouveau pour certaines grandes icônes de la maison, dont Batman. Le moins que l’on puisse dire, et ce n’est pas uniquement dû à mon amour pour le Chevalier Noir, c’est que l’histoire est très prenante. Plus on avance, plus on progresse dans la noirceur (c’est d’ailleurs, enfant déjà, cette espèce de noirceur qui m’avait attirée dans l’univers de Batman – j’étais une gosse un peu étrange, quand j’y pense…), au fur et à mesure des découvertes dérangeantes de Bruce Wayne sous son masque de chauve-souris, et de Gordon. J’y reviendrai dans la seconde partie de la critique.

On rencontre également une galerie de personnages secondaires assez énigmatiques comme le docteur McLean et sa sœur Sibyl, en charge d’un refuge pour enfants maltraités financé par les activités philanthropiques de Bruce Wayne, ainsi que Josh Adams. Le scénario oscille donc entre enquête policière, thriller et exploration des démons personnels des protagonistes. Cela prend même parfois aux tripes, je ne vous le cacherai pas!

Au dessin, le « peintre de comics » Scott Hampton a fait des MERVEILLES. C’est un des points pour lesquels je recommande cet album aux amoureux d’illustration. Visuellement, c’est une véritable tuerie. Très loin du trait appuyé et des couleurs chatoyantes que l’on prête au monde des comics, le dessin est visiblement peint. Tout y parait comme irréel et éthéré, les personnages sont assez fantomatiques, tels des ombres dans leur propre existence peuplée de démon. Qu’il s’agisse de Gordon, Batman/Bruce Wayne ou encore ces enfants témoins de massacre, ces choix visuels semblent traduire une vue de l’esprit où la noirceur, les démons, mais aussi l’innocence et la pureté inhérente à chacun se traduisent à l’image.

Ces illustration n’en renforcent que plus les thèmes abordés.

  • Batman face aux enfants maltraités
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Planche extraite de la BD, pour vous faire une idée du dessin – Source: ActuaBD.com

Je ne suis peut-être pas objective en ce qui concerne ce dernier point, un thème glauque au possible exploré par cette histoire: l’enfance maltraitée. En général, je suis très sensible aux questions de droits de l’enfant, aux violences qu’ils subissent, partout dans le monde… et je déteste apprendre des tragédies liées à des parents abusifs sur des enfants et adolescents, je trouve ça à gerber – le fait que ces jeunes êtres souffrent par la faute de ceux qui sont censés leur prodiguer de l’affection et prendre soin d’eux.

Dans Batman – Des Cris dans la Nuit, notre Bruce Wayne national est appelé à la rescousse d’un refuge pour enfants maltraités géré par le docteur McLean et sa sœur Sibyl qui cherche à récolter des fonds permettant d’aider plus de jeunes victimes. En tant que Batman, il se rend bientôt compte avec Gordon qu’ils ont fait fausse route quant aux motifs des meurtres, et à l’élément qui les lie entre eux: outre le rapport au trafic de drogue, les abus subis par des enfants au sein des familles massacrées. Ainsi, Batman et Gordon se trouvent en butte à de jeunes témoins anéantis, brisés par les horreurs subies – comme Kathy, la nièce de Rizzoli, retrouvé assassiné dans la première partie de la bande dessinée, peu après la découverte de la famille massacrée dans les Heights, ou Dustin, le petit garçon abusé par son père qui dit avoir vu Batman faire son sort à son géniteur. Ce sont des scènes plutôt dures.

Ce contexte glauquissime est pourtant intéressant du point de vue narratif, car il touche nos deux protagonistes principaux au plus profond de leur être. Au-delà de l’empathie, c’est une réelle compassion qu’éprouvent Wayne et Gordon à l’égard de ces enfants auxquels ils s’identifient. L’ami Bruce n’a pas été maltraité. Mais cette affaire brise complètement son armure de héros, et éveille en lui cet enfant blessé, traumatisé qui cherche à « combler le vide » laissé par ses parents assassinés. Bref, aux yeux des lecteurs, Batman n’en est que plus humain et vulnérable. Il semble chercher à protéger, à rassurer ces enfants, allant jusqu’à retirer son masque devant la jeune Kathy terrifiée pour la sortir de sa prostration, et lui demander ce qu’elle a vu sur les lieux du crime – à mon avis la plus belle scène du comic. Du côté de Gordon, cette affaire le touche d’autant plus qu’il est père, et que lui-même a subi un père violent dans son enfance – dans quelques flashbacks, cette violence est suggérée plus que montrée (des murmures dans le noir, un bras qui brandit un ceinturon pour frapper, etc. …)

  • Conclusion – Une enquête intense du Chevalier Noir

Comme vous l’avez compris, ce n’est certainement pas la BD la plus joyeuse que vous lirez. C’est même extrêmement sombre. La maltraitance des enfants est un sujet terrible, qu’on ne s’attend pas voir traité dans une histoire de superhéros. C’est pourtant bien quelque chose qui existe, de nombreux enfants, quels que soient leurs origines ou leur milieu, sont victimes d’adultes et n’ont pas Batman pour intervenir…

Il n’en reste pas moins que Des Cris dans la Nuit est passionnant à lire. On y découvre un Gordon et un Bartman plus vulnérables que jamais, face à des personnages secondaires eux aussi tourmentés. Le tout dans un style visuel très marqué qui accentue encore le côté cauchemardesque de cette aventure éprouvante pour nos héros. Là où le scénario est intéressant, c’est qu’il provoque également l’empathie du lecteur envers l’assassin, dont les motivations obéissent à un désir de protéger les jeunes victimes d’abus. Le thème abordé est certes sombre, mais il émane de cette œuvre une réelle beauté, car l’implication de notre Chevalier Noir dans sa mission de combattre le crime et de protéger n’en est que plus évidente.

Aussi je vous recommande vivement cet album aussi magnifique que sombre, aussi bien pour son scénario que pour ses illustrations fascinantes, qui ne peut laisser indifférent. C’est, à mon humble avis de lectrice de comics débutante, un must pour ceux qui aiment Batman. Je vous souhaite donc une très bonne découverte, une bonne lecture…

Et je vous remercie également pour ce mois d’avril qui a dépassé les 1500 vues, comme mars, et ce malgré cette dernière semaine où je vous ai délaissés! Je ne visais pas si haut pour ce mois-ci! Je vous dis donc à très bientôt pour la prochaine chronique de la semaine – et peut-être un instant papeterie ou un mini book haul. En attendant, je vous souhaite de bons livres et de bons films.

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Batman – Des Cris dans la Nuit
Auteur: Archie Goodwin, Scott Hampton
Éditions: Urban Comics
Collection: DC Deluxe
96 p.
Parution: Avril 2016
Prix: 14,00 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

9 réflexions au sujet de « Enquête glauque à Gotham – Batman: Des Cris dans la Nuit (Archie Goodwin, Scott Hampton) »

  1. Excellent ! Je ne savais pas que tu étais fan de Batou 🙂 ! Franchement Blanche il faut absolument que tu remettes aux jeux vidéo et que tu découvres la trilogie Batman Arkham qui est démentielle ! Sinon regardes-tu la série Gotham ? Bonne journée à toi et bravo pour tes stats qui décollent !

    Aimé par 1 personne

    1. Ben oui, enfant, j’attendais le vendredi soir avec impatience sur France 2, avec la série animée de Batman, sombre à souhait! 🙂
      J’ai loupé Gotham, malheureusement, il va falloir que je rattrape ça car la série m’avait l’air très intéressante. Pareil pour les jeux, et ça me frustre car la trilogie Arkham m’intéressait vachement. Mais dès que je me stabilise et que je peux avoir mon appart’, je pense investir dans une console. Il sera toujours temps de me rattraper! 🙂 En attendant, je me contente des BDs! 🙂

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      1. Bon courage avec ta recherche de stage! Mes étudiants sont dans le même état… Il ne faut pas hésiter à demander des conseils à tes professeurs et des recommandations. Au plaisir! 🙂

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      2. Merci! 🙂 Je suis dans une école à distance, donc pour espérer un conseil de prof’, il faut se lever de bonheur. C’était un peu pareil quand j’étais en école de relations internationales: comme en France nous fonctionnons très peu sur les recommandations, nous sommes un peu livrés à nous-même pendant les études. C’est donc soit à notre combattivité, soit aux relations haut-placées de nos parents! 😉 En revanche, je pense que je peux avoir de bons conseils de mon ancien maître de stage! Je dois l’appeler demain, je verrai ce qu’il aura à me dire! 🙂

        Aimé par 1 personne

      3. Au Canada, c’est très différent. Les professeurs sont toujours en lien avec les employeurs (nous avons des comités avec eux) et nous avons des centres de placement de stage dans nos institutions… Bonne chance!:)

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