Novélisation réussie d’un jeu culte – BioShock: Rapture (John Shirley)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

1507-1-2Je reviens cette semaine avec une chronique livre un peu particulière. Quand j’y pense, chaque chronique me paraît particulière! Mais celle-ci l’est car elle s’attaque à l’objet de mon dernier « craquage livresque » à l’Espace Culturel du coin, parce qu’il s’agit d’une sortie assez récente et parce qu’elle a pour objet un livre tiré de l’univers d’un jeu vidéo, BioShock. C’est un peu une chronique comme j’aurais voulu en écrire depuis longtemps! 🙂 Je vous préviens de suite: il n’y a pas besoin d’avoir joué pour comprendre ce qui s’y passe.

Car même si je fus une grande gameuse par le passé, je n’ai jamais eu l’occasion d’emprunter BioShock à mon frère, la date de sa sortie coïncidant avec une période où je n’avais plus le temps de me consacrer à mon loisir favori avec la lecture et l’écriture. 🙂 Mais n’ayant entendu que du bien de ce jeu, sur lequel je m’étais renseignée, j’ai été méchamment titillée par la très belle couverture et le pitch de cette novellisation: BioShock: Rapture, paru récemment chez Bragelonne.

Je présenterai d’abord brièvement le jeu et son univers, puis le livre à proprement parler, avant de revenir sur ce qui m’a plu dans l’histoire. Suivez-moi à présent au fond de l’Atlantique nord pour une expérience aussi fascinante que dangereuse…

N.B.: Cet article sera illustré avec des images extraites du jeu.

  • BioShock, le jeu

Si je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avoir joué avant de lire BioShock: Rapture, il est quand même utile de savoir à peu près de quoi il retourne. En effet, BioShock est un FPS (first-person shooter, pour les non-aficionados) développé par 2K Games, sorti en 2007. Comme je le disais en introduction, je n’ai malheureusement pas eu l’occasion d’y jouer, mais je n’en ai eu que de très bons échos, qu’il s’agisse de copains et de copines, ou d’appréciations lues sur le Net.

Bioshock
Logo de style Art Déco du jeu – Source: Wikipedia

Pour vous résumer le scénario, le joueur incarne Jack, rescapé d’un crash aérien dans l’Atlantique Nord. Il parvient à rallier un îlot surmonté d’un phare, où il trouve une bathysphère le menant à la cité sous-marine de Rapture. Au fur et à mesure de l’histoire, Jack est confronté à un certain Atlas, qui lui demande son aide: il souhaite s’emparer des « deux petites sœurs », hôtes d’un parasite d’où est issu l’ADAM, une substance riche en plasmides qui dotent ceux qui se les injectent de capacités surhumaines, utiles dans l’environnement hostile de Rapture dont  la société est en plein déclin. D’un autre côté, le docteur Brigid Tenenbaum tente de dissuader Jack de toucher aux « deux petites sœurs »… Notre héros découvre l’histoire tourmentée de Rapture, et de son fondateur, l’énigmatique Andrew Ryan, qui créa cette ville comme une utopie. Il verra également qu’il entretient sans le savoir une relation spéciale avec la ville de Rapture, que son arrivée là n’est pas due au hasard et qu’Atlas, qui n’est pas ce qu’il paraît, se sert de lui…

Pour certains joueurs, BioShock est donc un chef d’œuvre. C’est devenu une véritable franchise avec les sorties de BioShock 2 et BioShock: Infinite. Artistiquement, c’est un visuel  à base d’architecture Art Déco (je suis assez fan de ce courant qui me fascine!). Je regrette vraiment de ne pas y avoir encore joué, mais je suis certaine que l’atmosphère sous-marine et le côté mégalo de la cité m’auraient séduite… 🙂

Mais, me demanderez-vous, que peut bien raconter le livre?

  • BioShock: Rapture, la naissance d’une société nouvelle

L’histoire commence au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que débute une longue période de lutte idéologique que nous connaissons sous le nom de Guerre froide. Andrew Ryan, un magnat plein aux as, dégoûté de ce monde empreint de médiocrité et vivant dans la peur de l’apocalypse nucléaire, de ces sociétés communistes et capitalistes qui contrôlent les individus, les empêchant de prospérer financièrement et de mener au bout leurs grandes idées. Il décide alors de soustraire quelques « élus » à ce monde qui menace de se détruire, pour fonder avec eux une société nouvelle, dans une cité qu’il a fait bâtir au fond de l’Atlantique Nord: Rapture.

Le livre court sur une quinzaine d’années, qui voient la construction et le délitement de la société nouvelle créée par Andrew Ryan. S’y croisent les destins de Bill McDonagh, un ingénieur mécanicien qui, s’étant retrouvé plombier à New York mais rêve de créer sa propre boîte, est recruté par Ryan après avoir réparé ses toilettes, de Sullivan, chargé de sécurité de Ryan, mais aussi de l’escroc Frank Fontaine, de l’audacieuse psychiatre Sofia Lamb, de l’artiste sur le déclin Sander Cohen, ainsi que des savants Brigid Tenenbaum, Yi Suchong et J.S. Steinman.

Alors que les années passent, des luttes intestines émergent, nées des espoirs déçus des masses laborieuses de Rapture et de la volonté de pouvoir de quelques mégalomanes. Car face au pouvoir d’Andrew Ryan qui ne jure que par les lois du marché et ne souhaite pas venir en aide aux « parasite », Frank Fontaine cherche à lui reprendre ses parts de marché et à prendre le pouvoir. Il recrute deux savants mécontents, la vénéneuse Brigid Tenenbaum et le docteur Yi Suchong, qui ont découvert d’étranges limaces sous-marines sécrétant des plasmides qui, injectés aux êtres humains, développent en eux des capacités surhumaines…

Ils ne reculeront devant aucun moyen, même les plus inavouables, pour produire et vendre toujours plus de plasmides, sur fond de conflits sociaux. Car même Bill McDonagh, homme de confiance de Ryan, en vient à se méfier de son mentor dont le mode de gouvernement se fait de plus en plus tyrannique…

  • Une ambiance captivante

Je ne connais pas vraiment l’œuvre de John Shirley, par ailleurs scénariste et musicien. L’ouvrage s’inspirant d’un jeu vidéo, j’avais peur du style d’écriture et je redoutais qu’il soit sacrifié au rythme de l’histoire… Eh bien, je me suis trompée! Et j’ai même vu, pendant la rédaction de cette chronique, que cet ouvrage faisait partie des coups de cœur de la Fnac! Je ne choisis pas mes lectures en fonction de cela, bien sûr, mais cela fait plaisir de constater qu’un vendeur de livres a également adhéré!

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Une vue fascinante de Rapture, extraite du jeu BioShock – Source: BioShockWiki

Première bonne surprise: je ne sais pas si cela est dû à la traduction, mais l’écriture est enlevée, les dialogues en argot sont très imagés. Bref, les bons mots de Bill McDonagh, de Frank Fontaine ou autres individus et un régal à lire! Je ne vous raconte même pas les figures de style qui ne sont pas sans rappeler celles d’American Tabloid de James Elroy, tout comme les mecs en imper arpentant les quais brumeux de New York puis de Rapture me font penser aux vieux films noirs américains. Et c’est ce jeu avec les codes du genre gangster/film noir qui ajoute un peu de piquant à l’ensemble, et crée le décalage avec l’environnement Art Déco très années 20/30 voulu par Andrew Ryan.

Au niveau narratif, il s’agit tout d’abord, dans des chapitres assez longs mais très bien divisés (donc pas de problème pour faire des pauses), d’alterner des tranches de vie de différents personnages, d’abord à New York, puis à Rapture. S’ils ne semblent d’abord ne pas entretenir de rapport entre eux, ou bien indirectement, leurs destins vont finir par se croiser pour un cocktail explosif d’action, de coups tordus et d’expériences scientifiques complètement à l’ouest dans la jungle sous-marine de Rapture! Si les éléments mettent un peu de temps à se mettre en place, on se doute dès le début, avec les fouineries de Frank Fontaine, un vrai sale type, qui dans le port de New York espionne les cargaisons qu’Andrew Ryan expédie vers l’Islande, et les ennuis commencent dès l’arrivée à Rapture. Qu’il s’agisse de cette structure colossale à entretenir, de cette arrivée de techniciens massés dans des taudis, de la mégalomanie des différents protagonistes… Et même les scènes plus intimistes laissent transparaitre ce sentiment d’étouffement, de menace et de claustrophobie.

Le lecteurs suivra avec plaisir différents subplots – scènes intimistes centrées sur certains personnages, les expérimentations mégalomaniaques des savants aux techniques discutables, répression de la pensée dissidente par Ryan et ses hommes, questionnements de son autorités, violences et tensions sociales – s’articulent très bien ensemble, mais je ne peux en dire plus sans vous en raconter trop. Je ne voudrais pas vous gâcher la surprise.

Quant aux personnages, l’auteur reprend ceux du jeu, mais crée également toute une galerie de protagonistes hauts en couleurs aux caractères bien trempés. Je pense à Bill McDonagh, ce plombier freiné dans son évolution car n’ayant pas passé son diplôme d’ingénieur dans une université prestigieuse, qui considère Andrew Ryan comme son mentor, tiraillé entre sa loyauté et la sécurité de la famille qu’il fonde à Rapture. Le lecteur peut assez aisément s’identifier à cet homme plein de bon sens, qui évolue et se questionne au milieu de fêlés qui se prennent pour des génies ou des artistes, et qui voit la personne à qui il doit tant devenir un tyran.

Venons-en à l’environnement de Rapture en lui-même: c’est de toute beauté. Entre les bâtiments titanesques entourés du bleu-vert de l’Océan nagent des bancs de poissons et d’autres créatures marines (on croise souvent des orques, parfois des poulpes!), s’étendent des parcs et se dressent des statues massives dans un genre années 30, portant le nom de divinités et figures mythologiques grecques, qui ne sont pas sans rappeler l’architecture de films dystopiques connus – Equilibrium, Bienvenue à Gattaca, Dark City, Brazil… Nous sommes donc dans un terrain relativement connu de notre imaginaire, dans quelque chose qui évoque la menace d’un système sans pitié de par son côté monumental… avec cette différence que le tout se trouve sous l’eau, peignant dans l’esprit du lectures des images extraordinaires. Quand bien même vous n’auriez pas testé le jeu, votre imaginaire ne tombera pas en panne grâce aux très belles descriptions de l’auteur.

N.B.: Dans la seconde moitié du livre, j’ai quand même repéré quelques coquilles, en l’occurence quelques fautes de grammaire et d’accords de conjugaison, et même un « dès » à la place d’un « des », ce qui m’a un peu retourné la rétine! 😉 Ça ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture, mais c’est quand même un peu troublant!

  • L’expérience sociale d’Andrew Ryan

J’en arrive à l’une des parties les plus intéressantes de BioShock: Rapture, celle de cette expérience de société initiée par Andrew Ryan. Celui-ci a fui le bolchévisme en Russie lorsqu’il était enfant, a vu des individus dépouillés de biens pour lesquels ils avaient travaillé au prétexte du « bien du peuple », et pensait découvrir aux États-Unis un pays où l’individu était protégé – qu’il s’agisse de ses droits, de ses biens, de son argent… Que nenni! Avec le New Deal de Rossevelt et l’attribution de terre à des personnes dans le besoin suite à la crise de 1929, cette croyance de Ryan a volé en éclat: il voit un système où l’argent des individus partir en impôts, pour donner à ce qu’il appelle des « parasites » qui ne peuvent s’élever par eux-même, où les bonnes idées d’individus brillants sont soit volées soit bridées par l’État. Il est pour une liberté d’entreprendre sans limite et pour lui, le marché est la seule loi qui existe, et il croit que le monde qu’il connaît, en pleine Guerre froide, ne peut que s’auto-détruire. Aussi veut-il, avec Rapture, mettre à l’abri certains individus qu’il estime méritants et brillants, et teste un nouveau modèle de société.

Je ne suis pas folle – du moins, je ne suis plus folle – de politique et de questions sociales, sans doute parce que je m’enflamme trop vite quand j’en parle, mais je vais bien être obligée de m’exprimer. Et sans m’énerver, c’est promis. 🙂

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Dans les entrailles de Rapture, une « petite sœur » ou « glaneuse » de plasmides avec son protecteur robotique – Source: JeuxVidéos.com

Chaque système a ses sympathisants et tenants qui tenteront d’y voir la solution à tous, du moins à la plupart des problèmes de la société… Mais une fois sortie de la théorie la pratique nous a bien appris ce dernier siècle que ni le communisme, ni le capitalisme ne sont des systèmes parfaits, qui ont leurs privilégiés, leurs déçus et leurs mécontents. Rapture: BioShock montre comment s’en sort le fondateur d’un nouveau système, basé sur un individualisme extrême, qui voit émerger des problèmes qu’il n’avait pas prévus, ou du moins, qu’il avait choisi d’ignorer. Pour ma part, je suis quelqu’un d’une nature un brin individualiste et j’ai du mal à comprendre que l’on n’encourage pas le talent ou l’épanouissement personnel. Je pense qu’un individu recèle des ressources merveilleuses, et peut aller très loin s’il s’en donne les moyens… En revanche, je pense également, à la fois par observation et expérience,  qu’il est complètement utopique d’en faire une généralité! 🙂 Si cela suffit pour certains, il arrive que l’individu SEUL ne puisse pas tout faire, tout réussir, ou subvenir à ses besoins. Il existe en ce monde plusieurs sortes de freins venant des individus ou des systèmes – facteurs psychologiques (manque de confiance en soi, culpabilité par rapport à l’ordre établo, épuisement, pression familiale), législatifs et administratifs, discrimination (sexe, apparence physique, origine, lieu de formation, expérience…), les opportunités (milieu où l’on évolue, lieu d’habitation, possibilité ou non de « réseauter »…), les moyens financiers (capital, salaires, charges…)…

Bref, la réussite d’un individu dépend, à mon avis, de bien des éléments! Et le monde, la nature humaine sont plus complexes que les simplifications qu’en font des dirigeants ou des théoriciens acquis à une cause! C’est ce que va découvrir Andrew Ryan (de son vrai nom Andrei Rianovitch) en développant Rapture. Vous noterez que dans les utopies, les sociétés sont en vase clos, l’absence d’influence extérieure permet de tester sans risque d’être dérangé un autre modèle de société. Croyant dur comme fer à son idéal de société sans entrave, qu’il s’agisse de réglementation commerciale ou d’éthique scientifique, Ryan va très vite se heurter à plusieurs sortes de problèmes:

  1. Des individus terriblement malsains – Être opportuniste est une chose, être complètement givré en est une autre. À la faveur de l’absence de règlementation et d’éthique scientifique, des « artistes » ou des « scientifiques » poussent leurs recherches et expérimentations à l’extrême (un des résultats en sera la découverte des plasmides – ce qui va mettre un beau bordel dans cette poudrière qu’est Rapture!), quitte à maltraiter des individus. Je pense à Brigid Tenenbaum et Yi Suchong qui n’hésitent pas à enlever des cobayes non-conscentants dans les bas-fonds de la cité, et qui, une fois à la solde de Fontaine après que Ryan leur ait coupé leurs financements, vont encore descendre plus bas dans la dégradation d’individus déjà à terre.
    Bref, la question est: sont-ils brillants comme semble le croire Ryan, ou se croient-ils juste brillants alors qu’ils sont juste dangereux?
  2. Des individus aussi ambitieux et opportunistes que lui – Le marché règne en maître à Rapture, dans une logique de capitalisme sauvage où tous les moyens sont bons, même brutaux, pour prospérer, quitte à s’emparer de l’entreprise de l’autre pour conserver influence et pouvoir. Aussi Ryan se voit-il confronté à un dilemme: intervenir alors que par principe il n’est pour aucune réglementation, ou s’affaiblir en perdant du terrain pour voir son empire mourir? Et par extension, doit-il accepter des procédés répugnants pour permettre à son entreprise de prospérer?
    De plus, l’ambition concerne aussi bien l’argent que le pouvoir. On le voit avec la psychiatre Sofia Lamb qui, en secret, utilise son métier de psychiatre pour manipuler les mécontents, ainsi que les problèmes sociaux induites par les déceptions pour gagner la confiance de personnes vulnérables et s’en faire des alliés afin de s’emparer du pouvoir.
  3. La « question sociale » – La construction et l’entretien de la cité a nécessité l’arrivée en masse de travailleurs plus ou moins qualifiés. Si les proches de Ryan comme Bill McDonagh ou Sullivan bénéficient de bons salaires leur permettant d’occuper de très beaux appartements dans le centre de Rapture, les ouvriers se retrouvent parqués dans la zone du Point de Chute, entre autres habitants de Rapture complètement marginalisés au destin brisé, qui se sentent bernés par les promesses de bonheurs de Ryan lors de leur « recrutement ». Ils vivent entassés à plusieurs familles dans des taudis où les tensions sont exacerbés par l’utilisation des plasmides, qui, outre des capacités nouvelles, suscitent dépendance et violence. Aussi ces personnes déjà vulnérables deviennent-elles plus malléables et perméables aux discours des ennemis de Ryan qu’ils accusent de leur malheur.
    De son côté, Ryan ne souhaite pas se pencher sur la question, malgré la violence, le désespoir, les orphelins de Rapture, car selon lui le sacrifice d’individus trop « faible », de « parasites » n’est pas un problème.
  4. Ses propres contradictions – La philosophe Hannah Arendt a écrit, je ne sais plus dans quel ouvrage, qu’au lendemain d’une révolution, le plus grand révolutionnaire devenait le plus acharné des conservateurs. Au final, c’est ce qui arrive avec Ryan dont le rêve ne va pas comme prévu, qui va finalement tout faire pour ancrer ses propres croyances chez les citoyens de Rapture.
    Je parle de croyance, car les courants politiques quels qu’ils soient, ont ceci de commun avec ces religions qu’ils décrient qu’ils finissent par s’appuyer sur un véritable DOGME qu’ils suivent jusqu’au conservatisme, sans le questionner, et préfèrent lire le monde qui les entoure comme la traduction de leurs propres conceptions. Ainsi, Ryan commence par « éduquer » ses citoyens à coup de propagande surannée en diffusant des annonces par haut-parleurs dans toute la ville. Et quand la situation s’envenime de trop, Rapture, née comme une société libre, devient sous sa houlette un État policier où la moindre pensée dissidente est sévèrement punie, à l’image de l’Inquisition, des purges staliniennes ou de la directive « Nuit et Brouillard » sous le IIIe Reich. La comparaison est assez affreuse, mais l’ambiance à la fin du récit en devient, malgré la fascination du lecteur, très oppressante.

Certes, je ne vais pas essayer de vous vendre BioShock: Rapture comme un ouvrage au contenu social et politique de premier ordre (je laisse ce privilège aux philosophes et politologues), mais outre l’aspect S.F. très divertissant, il fait parfois froid dans le dos, place le lecteur face aux contradictions du pouvoir et pose des questions assez pertinentes.

  • Conclusion
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Un réveillon du Nouvel An sous tension… – Source: VideoGamer.com

Comme vous l’avez donc vu, cet ouvrage m’a beaucoup plu. Et même plus: il m’a réellement passionnée, comme ça ne m’était pas arrivé depuis un moment, je crois bien que c’est un petit coup de cœur! Je vous le recommande vivement pour cette histoire, pour cette mystérieuse cité Art Déco qui sombre dans la violence au milieu des bancs de poissons, et pour le côté « expérience sociale » en vase clos. Cela a pour résultat à prequel un peu barré dans lequel on se plonge avec délice, aussi fasciné qu’inquiet face à la mégalomanie d’un homme dont l’utopie sombre dans la dystopie. (Après, je fais partie de ces gens étranges pour qui même les utopies sont déjà flippantes en elles-mêmes!). J’ai vraiment apprécié cet univers et je recommande vivement cette lecture, quand bien même vous n’auriez pas joué à BioShock. Quand bien même il s’agit avant tout d’un divertissement, le propos sous-jacent sur la vie en communauté dans un environnement isolé vaut le déplacement, tout comme la réflexion sociale, assez actuelle.

De plus, le livre en lui-même, avec sa couverture ouvragée en mode Art Déco et ses feuillés dorés à la tranche, est un très bel objet à placer dans une bibliothèque, et je tiens à féliciter les éditions Bragelonne qui font un très bel effort de mise en page à l’heure du numérique, nous rappelant qu’un livre papier est aussi quelque chose de BEAU. En tant que graphiste, j’adorerais travailler chez un éditeur, ou en collaboration avec un éditeur, qui propose des collections avec des couvertures aussi attrayantes et créatives, ainsi que de belle mises en page, sans nuire à la lisibilité de l’ensemble. 🙂 Le revers de cette médaille, c’est un peu… le prix. Et oui, ces très beaux ouvrages sont un peu chers, donc si vous pouvez pour le faire offrir, c’est aussi une bonne option… 😉 Après, ne nous illusionnons pas: le prix des livres en général a pas mal augmenté ces dernières années, de toutes les façons et l’on est bien loin du moins de 30 francs le livre de poche de mon enfance. Mais quand on est un lecteur passionné, il est bien difficile de résister, surtout quand se présente l’occasion d’avoir un très beau livre dans sa bibliothèque! Je serai ravie de l’exhiber chez moi dès que je serai installée, et que j’aurai une bibliothèque digne de ce nom.

J’espère vous avoir donné en vie de jeter un œil entre ces pages merveilleuses, et qui sait, peut-être de jouer à BioShock? 😉

Blanche Mt.-Cl.


Titre: BioShock: Rapture
Auteur: John Shirley
Éditions: Bragelonne
Collection: BRA.STEAMPUNK
432 p.
Parution: Février 2016
Prix: 28 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

4 réflexions au sujet de « Novélisation réussie d’un jeu culte – BioShock: Rapture (John Shirley) »

  1. Quel bel article tu as écrit là ! Comme mon amie Eléonore, je suis un méga fan de la trilogie BioShock. Ta critique m’a bien donné envie d’acheter le livre ! Je te conseille également de te lancer dans l’un des jeux, qui sont des chefs d’oeuvre vidéoludiques mais également des modèles de narration. En tout cas tu as fait un super boulot je te félicite 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Aaaah ma saga de jeux vidéos préférée… Je ne compte plus le nombre de fois auxquelles j’ai joué aux trois Bioshock ! Ces jeux sont juste incroyables, parfaits, touchants, steampunk et assez glauques… Je me suis achetée le livre récemment même si j’ai peur qu’il en dévoile un peu trop vu que c’est le mystère qui fait tout le charme du jeu. Mais rien que pour la collection je n’ai pas pu résister à me le procurer !

    Aimé par 2 people

    1. C’est vrai que même si je n’ai pas joué, j’aime assez ce côté glauque, en décalage complet avec cette cité magnifique. 🙂
      Après, je pense qu’on peut se lancer sans crainte dans la lecture du livre, quand bien même il enlèverait au jeu une touche de mystère. C’est tellement bien emmené!

      Aimé par 2 people

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