Survivre en vase clos – Dôme (Stephen King)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Couverture du premier tome – Source: Amazon

De retour au poste et cette fois-ci, ponctuelle malgré la fatigue et les soucis, voire un peu en avance car il y a des choses sur lesquelles j’aimerais avancer sur ma formation. Comme je me suis un peu débloquée, je préfère en profiter de suite! 🙂 Nous nous retrouvons donc avec le « livre du lundi », avant onze heures!

Je reviens en ce début de semaine avec une nouvelle chronique littéraire… Elle se démarque un peu de celles que j’ai écrites jusque là, car ce n’est pas le genre de lecture dont je sui familière. Aujourd’hui je me consacre donc à un maître de l’horreur et du fantastique, j’ai nommé le grand Stephen King. Bien que je m’intéresse depuis fort longtemps à ses écrits et suive chacune de ses nouvelles sorties, je n’ai vu que des adaptations télé et ciné, avant de ne lire mon premier King que récemment. Il s’agissait des tomes 1 et 2 de Dôme.

En effet, je recherchais quelque chose d’un peu différent à lire à l’époque où j’étais hôtesse, mais j’avais des horaires tellement impossibles que je n’avais même plus la force de lire en rentrant le soir. Les ouvrages – un petit coffret des deux volets en livres de poche – ont donc dormi un petit moment dans ma PAL avant que je me décide à m’y mettre, et ce pour mon plus grand plaisir.

Je vous emmène à Chester’s Mill, une petite ville du Maine…

  • Un huis-clos

Un beau matin, un dôme transparent apparait soudainement au-dessus de la petite ville de Chesters’s Mill, causant plusieurs accidents mortels. Tout d’abord surpris, les habitants comprennent bientôt qu’ils sont coupés du monde, ce qui n’arrange pas Dale Barbara, un vétéran de la guerre d’Irak qui, après une grave altercation avec des jeunes gens du coin, souhaitait quitter la ville le jour-même… Il s’engage alors auprès de la communauté pour aider au soin des blessés et à la distribution des ressources qui pourraient venir à manquer.

C’est dans ce contexte un peu particulier que le deuxième adjoint au maire, et accessoirement le père de l’un des jeunes qui s’en est pris à Dale,  Jim Rennie, dit « Big Jim », y voit l’occasion d’asseoir un peu plus son pouvoir sur la commune. Il prend ainsi le contrôle de la police en lui imposant comme chef son ami Peter Randolph. Ils y incorporent plusieurs jeunes gens particulièrement violents acquis à sa cause, dont son fils Junior. Face à eux, Dale Barbara, contacté (oui, le Dôme n’empêche pas de recevoir Internet ou la télé) par l’armée américaine qui encercle la ville depuis l’apparition de l’étrange phénomène, est désigné par l’un de ses anciens supérieurs, le colonel Cox, pour enquêter sur place et trouver les origines, ainsi que l’éventuelle source d’énergie qui alimente le Dôme. Pour ce faire, il reçoit l’aide de Julia Shumway, directrice du journal local, Rusty Everett, infirmé et le seul qualifié pour dirigé l’hôpital en l’absence des médecins lorsque le Dôme est apparu, et par trois adolescents du coin.

Sans compter qu’à Chester’s Mill règne une ambiance de fin du monde. Entre crimes, vols et tensions exacerbés, c’est la loi du plus fort, à savoir celle de Jim Rennie, qui s’installe peu à peu. En effet, les rationnements suscitent des mouvements de panique, violemment réprimée par les nouveaux agents de police ivres de pouvoir. Cet état de fait satisfait Rennie, qui profite de la peur générée par les événements récents. Il ne lui reste qu’une épine dans le pied: Dale Barbara qui, de par ses contacts privilégiés avec l’armée et ses capacités de leader, pourrait saper son autorité. Il va tout faire pour mettre des bâtons dans les roues du vétéran et de ses alliés, quitte à les rendre responsables de crimes qu’ils n’auront pas commis. De son côté, Barbara dit « Barbie », grâce à l’aide des adolescents et de Julia Shumway, fait de surprenantes découvertes quant au Dômes. La journaliste, elle, met à jour de terribles secrets sur Jim Rennie, ce qui va lui causer de sévères ennuis…

  • Toute la bassesse humaine
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Couverture du second volume – Source: Amazon

Stephen King utilise l’apparition d’un phénomène inexpliqué, le Dôme, pour créer une schéma narratif classique maintes fois éprouvé: celui de l’huis clos. Bien évidemment, nous avons tous déjà lu une histoire de ce type, où les protagonistes, coupés de l’extérieur, doivent se supporter et laissent éclater les tensions. C’est souvent ainsi, et en cela, le roman de King ne révolutionne pas le genre. En revanche, il sait tenir le lecteur en haleine jusqu’au bout, grâce à des chapitres courts dignes de séquences filmées qui donnent au récit un rythme trépidant. Ainsi l’on suit avec plaisir les turpitudes des protagonistes de bout en bout…

Avec plaisir, mais aussi avec une fascination teintée de dégoût. Car s’il est une chose que l’on peut dire, c’est que l’ambiance de Chester’s Mill est absolument glaçante! Pour ceux qui auraient vu la série inspirée du livre, Under the Dome, sachez qu’à côté du bouquin, le patelin du Maine est un fichu camp de vacances, et Jim Rennie un enfant de choeur…

Chester’s Mill est en proie à des émeutes, à des crimes commis par le jeune Rennie que son père s’empresse de dissimuler, avant d’en rendre responsable Dale Barbara pour lui attirer la vindicte des habitants et pouvoir s’en débarrasser. Notre adjoint municipal est une véritable ordure, prêt à tous les coups bas, et même à tous les crimes. L’ami Jim Rennie fout vraiment les boules, c’est le « méchant » qu’on voudrait ne jamais connaître en vrai. En plus d’être physiquement repoussant, il est aussi laid à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il est hypocrite, mégalo, violent, prêt à tout, même à se salir les mains dans les crimes les plus odieux, pour conserver son pouvoir et protéger ses magouilles de longue date avec quelques sbires. Tout au long de l’histoire, on ne peut s’empêcher de suivre ce qu’il fait, tout en se demandant quel coup bas ce larron va bien pouvoir inventer pour nuit aux autres, et chaque nouveau chapitre ne fait que le rendre plus effrayant au fur et à mesure qu’il gagne en pouvoir. Il joue sur la raréfaction des ressources et la peur, tandis que les toutes nouvelles recrues de la police s’adonnent au vol de matériaux, aux brutalités sur la population et même au viol.

« Big Jim » est donc secondé par des personnages tout aussi odieux, qui correspondent exactement à l’idée (caricaturale) que l’on se fait des pèquenauds de l’Amérique profonde à l’esprit fermé, avide de leur petite gloriole. Il s’agit de Pete Randolph, le nouveau chef de la police, le révérend Lester Collins, et un certain Thibodeau, avec lesquelles il se livre de longue date à des activités peu recommandables, mises à mal pas la fermeture de la ville… C’est aussi terrifiant que fascinant, et le lecteur s’y laisse facilement prendre.

Du côté des « gentils », je dirais qu’aucun d’entre eux n’est particulièrement attachant, si ce n’est la bande de gamins, un trio d’amis inséparables, qui viennent en aide à Dale Barbara. Cependant, leur enquête sur les origines du Dôme va les emmener sur un chemin qu’ils n’allaient pas soupçonner, le chemin du surnaturel et de l’étrange, alors que depuis le début du phénomène, les enfants semblent frappés d’étranges absences et de visions prémonitoires. Cela ajoute bien sûr au mystère et nous distrait quelque peu des atrocités commises par Rennie qui écarte ses adversaires un à un, et l’extraordinaire de la situation saute un peu plus aux yeux – les étoiles filantes vues en rose à travers le Dôme, par exemple, les différents essais de bombardement aériens par l’armée américaine qui ne donnent rien… Donc outre les exactions de la police, il reste un peu de merveilleux dans l’histoire, en plus de différentes intrigues secondaires liées aux habitants de Chester’s Mill, et un certain sentiment de jouissance quand quelque chose ne va pas comme les méchants l’auraient voulu!

  • Conclusion

Je n’ai certes pas lu des romans cultes comme les Tour Sombre, Shining ou Ça, mais il n’en reste pas moins que pour ma première lecture du grand King, je n’ai pas été déçue, quand bien même je m’attendais à autre chose! Mais c’est moins la dimension « fantastique » et vaguement S.F. que j’ai retenu que l’évolution des personnages dans ces conditions des plus hostiles, face à des ennemis détestables contre lesquels tout semble perdu d’avance. Mon frère qui a pas mal lu de livres de Stephen King, et m’a dit que beaucoup d’entre eux se déroulaient dans des petites villes du Maine avec des habitants très intégrés dans la vie locale, dont pas mal de détestables. Ma foi, ça promet!

Je pense donc que je relirai du Stephen King, car cela se lit assez facilement, mais je pensais y trouver quelque chose d’un peu plus terrifiant, en particulier dans un vase clos comme celui-ci. Ce qui ne m’a pas empêché de passer un très agréable moment à Chester’s Mill – en tant que lectrice, car je ne voudrais pour rien au monde vivre au même endroit que Jim Rennie! – et une fois lancée, je voulais absolument connaître la suite! 🙂 En revanche, il est assez violent, avec pas mal d’hémoglobine, et je le déconseille aux âmes sensibles.

J’espère vous avoir fait passer un agréable moment (je ne sais pas si c’est mon angoisse qui parle, mais j’ai l’impression qu’il y a une baisse de qualité dans mes articles ces temps-ci, il serait temps que je remédie à cela!). Et vous donc, avez-vous cédé à la sirène des ouvrages de Stephen King? Si oui, quels sont vos préférés?

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Dome* et Dome**
Auteur: Stephen King
Éditions: Le Livre de Poche
Collection: Fantastique
840 et 744 p.
Parution: Mars 2013
Prix: 8,90 € le tome

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

15 réflexions au sujet de « Survivre en vase clos – Dôme (Stephen King) »

  1. Cela avait été une grande première pour moi aussi ! Jamais lu de King et me suis lancée cet été dans Dôme un peu contrainte et forcée (une histoire de famille un peu longue à raconter ici ;-)!) ! Au final je ne le regrette pas même si selon les puristes, ce n’est pas son meilleur et donc pas représentatif du style King.
    J’avais plus accroché au côté « action » qu’au côté SF de l’histoire … Mais je ne désespère pas trouver le temps de lire un autre King un de ces jours pour enfin découvrir le vrai « style » King !

    Aimé par 1 personne

    1. De mon côté, mon frère les a presque tous lus, et je pense piocher dans sa bibliothèque pour en trouver un sympathique, bien dans l’horreur et le fantastique. 🙂
      Au passage, merci pour ce commentaire et bienvenue sur ce blog! 🙂

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    1. Merci! De même, n’hésite pas à faire un saut sur le blog de temps en temps! 🙂
      Je pense que tes challenges et défis d’écriture vont beaucoup m’intéresser! 🙂 Je voudrais « dérouiller ma plume »! 🙂 Bonne journée!

      J'aime

      1. La série… Je ne sais pas, à partir de la seconde saison, quand ça s’est trop éloigné de l’univers du livre, je n’ai plus trop accroché. Et je trouvais presque Jim Rennie sympa par rapport au livre! 🙂

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      2. OK! 🙂 Je n’avais pas compris. Oui, en effet, je vais demander à mon frère s’il a « Dead Zone », auquel cas, je lui emprunterai. Les Stephen King se lisent assez vite, alors ça devrait me permettre de redémarrer niveau lecture. Je suis sur un ouvrage un peu difficile en ce moment, alors ça devrait me détendre ensuite!

        Aimé par 1 personne

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