Animation S.F. méconnue – Titan A.E. (Don Bluth, 2000)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du film – Source: Wikipedia

Depuis maintenant un an que ce blog est lancé, vous devez savoir que j’aime beaucoup le cinéma en général, plus particulièrement les genres de l’imaginaire… qui nous ont valu quelques petites perles dans l’animation. Hormis dans l’animation japonaise, on parle malheureusement trop peu de la science-fiction. J’avais essayé de le faire avec Atlantide: L’Empire Perdu, et j’y reviens aujourd’hui avec une production signée Don Bluth et produite par la 20th Century Fox: Titan A.E., sorti en 2000.

Bien avant la sortie du film quand j’étais ado, j’avais été très intriguée par la bande-annonce au rythme enlevé sur fond de course-poursuite spatiale et de musique pop-rock. On semblait bien loin des histoires de princesse à l’eau de rose, sauf que, du fait de la réalisation et du studio, on y retrouvait les qualités graphiques d’Anastasia, avec un héros mignon tout plein, ce qui ne gâchait rien.

J’ai fini par le voir, non pas au cinéma, mais en VHS, quand une amie fan du film, de la musique et du derrière du héros me l’a prêté. Je m’en souviens, parce que c’était la fin de mon année de 3ème, et qu’elle me l’avait mise dans les mains alors que j’étais invité à une grosse fête chez elle… Et je lui avais rendu son film le lendemain, lors d’une autre soirée, après avoir visionné Titan A.E. deux fois, juste histoire d’être sûre.

Attachez donc vos ceintures pour un voyage des plus dépaysants à travers le cosmos…

  • L’humanité errant à travers l’espace
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Le terrible rayon de la mort Drej s’abattant sur la Terre… – Source: AlloCiné

L’histoire commence en 3028. Le jeune Cale est amené sur une base spatiale par son père, le docteur Sam Tucker. Celui-ci dirige un programme connu sous le nom de Titan, et a bâti un vaisseau du même nom. Or, les Drejs, une race d’extraterrestres faits de pure énergie, craignent les conséquences de ce projet qu’ils ne souhaitent pas voir concrétisé. Ils attaquent la Terre, et Tucker parvient à propulser le Titan dans l’hyperespace pour protéger sa création. Il doit également jeter son petit garçon dans un vaisseau d’évacuation en ne lui laissant qu’une bague. La dernière image que Cale emporte de la Terre sera celle d’un astre pulvérisé par un rayon alien… Privés de leur planète natale, les humains survivants sont donc condamnés à errer dans l’espace comme des parias, et sont traités comme des moins-que-rien par l’ensemble des populations extraterrestres.

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Cale et Akima, prisonniers des Drej – Source: AlloCiné

Nous retrouvons Cale quinze ans après la destruction de la Terre, qui travaille dans une casse spatiale traitant diverses pièces détachées de vaisseaux, la station Tau 14. Agacé par les railleries dont il fait l’objet et amer quant à sa condition d’humain, il s’ennuie à mourir jusqu’à ce qu’arrive ke capitaine Korso pendant l’une de ses escales. Celui-ci dit à Cale être un ancien ami de son père, à sa recherche depuis des années. D’abord méfiant et cynique, Cale ne veut pas le croire, mais doit changer d’avis quand Korso active la bague laissée par son père, qui dessine dans la main du jeune homme une carte spatiale menant au Titan. Tek, le compagnon extraterrestre qui a suivi Cale depuis sa naissance sur Terre, très enthousiasmé, lui apprend que l’avenir de l’humanité dépendra de sa capacité à trouver le Titan. Cale ne souhaite pas se joindre à l’aventure, mais quand les Drej attaquent Tau 14, il est forcé de suivre Korso à bord de son navire spatial, la Valkyrie. Il y fait la connaissance de la jolie pilote Akima, et de l’équipage extraterrestre – Preed, Gune et Stith.

Grâce au déchiffrement du plan dans la main de Cale, la première étape du voyage amène nos voyageurs sur Sesharrim, une planète habitée par des goules, où la carte indiquera le prochain cap. Mais une fois celui-ci révélé, les Drejs rattrapent nos héros. Ils enlèvent Akima et Cale, afin de lire la carte dans sa main, et de parvenir avant lui au Titan pour le détruire….

  • Un échec commercial
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Korso et son acolyte Preed – Source: AlloCiné

Titan A.E. est sorti dans la foulée de productions à succès comme Anastasia – également dirigé par Don Bluth et Gary Goldman. Ses réalisateurs et l’équipe de production ont souhaité explorer un univers futuriste plus sombre avec cette incursion dans la science-fiction. Pourtant, malgré les qualités graphiques du film, ses critiques ont été assez mitigées quant au scénario et à l’animation, arguant que l’histoire n’était qu’un copié-collé de différents éléments issus de films S.F. déjà existants. Le fait est que ce dessin animé a été un véritable échec commercial qui a coûté 100 millions de dollars à la Fox, menant à la fermeture du département animation du studio. Et ce malgré un casting grand luxe pour le doublage: Matt Damon en Cale, Drew Barrymore en Akima, Bill Pullman en Korso.

Comme pour Atlantide de Disney, sorti un an plus tard, je me risquerais à dire que le public n’a pas vraiment adhéré à cet opus trop différent d’Anastasia qui avait fait rêver petits et grands avec cette jeune fille se découvrant à la fois princesse et petite-fille adorée, qui trouvait famille et amour à la fin. En même temps, Don Bluth nous avait habitués depuis notre enfance à de gentils animaux – Fievel, Le Petit Dinausaure et la Vallée des Merveilles (ah lequel d’entre nous n’a pas pleuré quand la mère de Petit-Pied est morte!), Brisby et le Secret de Nimh (un peu plus sombre celui-ci…) – ou à de jolis contes avec fées et princesses avec Poucelina et Anastasia. Il est clair que si vous voulez voir parler des chauve-souris ou une chanter une princesse, je ne vous conseille pas de regarder Titan A.E.!

Pour ma part, je trouve – c’est purement subjectif – que ce dessin animé n’a pas vraiment mérité d’être boudé de la sorte. Comme pour Atlantide, j’aurais tendance à penser qu’outre quelques faiblesses propres aux productions de Bluth en général, le public a tendance, à quelques exceptions près pour des films bien particuliers, à voir les dessins animés issus de grands studios comme quelque chose qu’il faut garder frais et naïf à destination d’un jeune public. C’est un peu ce que je déplore dans notre culture cinématographique actuelle: les spectateurs restent un peu trop dans leur zone de confort et ne savent pas apprécier ce qui est différent. (Après, je ne prétends pas que « différent » signifie nécessairement « meilleur »…)

  • Graphisme, histoire, musique…
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La planète Sherralim, première étape du voyage vers le Titan, attaquée par les vaisseaux Drej… – Source: AlloCiné

Or, Titan A.E. a des qualités artistiques et visuelles indéniables. Tout d’abord, la production a fait appel à une équipe de choc pour concilier 2D des personnages, créés en animation traditionnelle, et décors en 3D. Et les faits sont là: les protagonistes en 2D s’intègrent beaucoup mieux aux paysages et effets numériques que dans Anastasia. Don Bluth préférait en effet l’animation traditionnelle, plus proche du dessin à la main, pour conférer plus de chaleur aux personnages, vecteurs d’émotion dans le film.

On retrouve donc un blondinet mignon au caractère de chien, un vieux routard de capitaine aux traits coupés à la serpe, et une jolie Asiatique qui ne se laisse pas faire, mais rou, et quelques créatures extraterrestres qui, hormis les froids Drejs, ne font absolument pas peur et dont les « rondeurs » ne sont pas sans rappeler les personnages du Petit Dinosaure (ils sont d’ailleurs pour moi une des faiblesses du film, car je trouve qu’ils tranchent trop avec le reste de l’esthétique, et pour certains, dégoulinent un peu trop de bons sentiments). Les décors emmènent le spectateur à travers des territoires inexplorés, du vide sidéral à des champs d’astéroïdes en passant par des nébuleuses, dans le vaisseau drej tout de bleu et de froideur, sur une planète aquatique rouge avec des arbres à hydrogène, dans des stations spatiales isolées où se sont regroupés les derniers humains…

Quant à l’histoire, elle est assez simple: la quête du salut et de la survie pour une humanité éparpillée à la recherche d’une nouvelle maison, ce qui est, en soi, pour tout être humain capable d’empathie envers ses semblables, une problématique clairement émouvante. C’est un peu, si j’ose dire, ce qui va faire évoluer le personnage de Cale, amer et cynique au début du film. En effet, on peut comprendre ce garçon qui a perdu son père à quatre ou cinq ans, qui a vu depuis l’espace sa planète exploser (image glaçante s’il en est!), pour se retrouver le seul humain à travailler dans une casse spatiale où il est traité comme un paria, puisse concevoir quelque sentiment d’injustice quant à sa situation, et ait développé un certain égoïsme. Sa quête – plus ou moins obligée puisqu’il suit d’abord Korso pour échapper aux Drej – va finalement l’amener à côtoyer des humains et à s’ouvrir aux autres, alors qu’à la base il méprise ses semblables, qu’il qualifie de « clochards » autant que lui-même. Outre à la quête d’une solution pour l’humanité, Cale part donc aussi à la quête de lui-même.

Je n’essaie pas d’exhumer une philosophie absente du film, mais je pense vraiment que cette évolution de Cale, qui bien qu’elle paraisse naïve, est un des grands atouts de l’histoire qui fort heureusement, ne verse pas trop dans le sentimentalisme niaisou. De plus, les aventures et les rebondissements se suivent à un rythme soutenu, et c’est tout de même ce que l’on demande en priorité à un bon récit d’aventures! Aussi, nous passons de courses poursuites à des découvertes en tout genre, à des fusillades et des sauts dans l’espace… Bref, je pense qu’il y a sincèrement moyen de ne pas s’ennuyer.

Passons maintenant à un point qui m’avait particulièrement interpelée à l’époque des premières bandes annonces: la musique. En effet, Titan A.E. n’est pas chanté. Qu’à cela ne tienne, la bande originale repose principalement sur des morceaux composés par divers groupes rock ou pop rock. Personnellement, j’aurais adoré que cela dépote encore plus au niveau du son avec du bon metal mâtiné de consonances électro et new wave pour donner au tout un air bien dark, mais bon, nous sommes tout de même dans une production destinée à un public familial. Marilyn Manson ou Rammstein, ça ferait un peu désordre, ma foi! Nous retrouvons néanmoins des morceaux fort sympathiques et rythmés comme « Cosmic Castaway » d’Electrasy que je vous laisse écouter ici, « Karma Slave » de Splashdown, « Over my Head » de Lit… Le tout participe bien sûr à l’atmosphère si particulière du film et donne franchement la pêche.

  • Conclusion – À redécouvrir

En même temps, je ne suis pas très, très objective dès qu’il s’agit de Titan A.E. Non seulement c’est assez affectif car c’était, à l’époque, un des rares dessins animés de science-fiction que je connaissais, alors que Disney commençait positivement à me lasser, et j’ai encore du mal à m’y retrouver maintenant. Il y avait également une dimension affective à mon attachement pour Titan A.E., puisque c’était quelque chose que je partageais avec une amie (une des rares de cette période à être encore mon ami, d’ailleurs! 🙂 ), moi qui avais des goûts si particuliers que j’avais du mal à en parler à d’autres. J’ai poussé le vice jusqu’à me faire faire la même coupe de cheveux qu’Akima au lycée (sauf que mes mèches étaient rouges, et pas violettes).

Après, en grande fan de l’espace que j’étais, comment ne pouvais-je pas être séduite par cet environnement grandiose et par la quête du héros? Sans compter que le visuel me plaisait, et me plait encore (j’ai une prédilection particulière pour la scène de la planète des goules, ou la traque dans le champ d’astéroïde dans la dernière ligne droite pour trouver le Titan), j’adore le spatial et le fait qu’un dessin animé destiné à un jeune public aborde un sujet aussi passionnant que la terraformation (mais de cela je ne peux rien dire sans spoiler!). Bien sûr, j’aurais aimé, par goût personnel sans doute, qu’il soit un peu plus sombre, mais je prends tout de même à chaque fois beaucoup de plaisir à redécouvrir la qualité du dessin et de l’animation, l’adorable emmerdeur qu’est le héros, et des morceaux de musique tour à tout cool ou entraînant.

Aussi, je vous laisse avec la bande-annonce, au cas où je vous aurais donné envie d’y regarder de plus près!

Je vous souhaite un bon visionnage et je vous retrouve bientôt pour une nouvelle chronique ou création! (Et c’est qu’il faudrait que je m’arrête un peu d’écrire, après tout j’ai un auto-challenge lecture en V.O., faut pas que je me loupe!)

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Titan A.E.
Année de sortie: 2000
Réalisation: Don Bluth, Gary Goldman
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h44
Distribution (voix): Matt Damon, Drew Barrymore, Bill Pullman…

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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