Le retour des Jeux Uchroniques – Wang, t. 2: Les Aigles d’Orient

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

81eiG7QFVsL
Couverture – Source: Amazon.fr

J’y suis finalement parvenue, à rédiger cette chronique livre!… Je suis revenue de Bordeaux après la cérémonie de remise de diplôme du p’tit frère (il était mignon tout plein avec sa toge et son petit chapeau, on se serait cru dans Harry Potter), un dîner de gala succulent sur un joli domaine, une nuit dans un petit châteaux du Bordelais, et des aventures rocambolesques dont ma famille d’excentriques a le secret.

Et en rentrant, j’ai envie de dire: WOW! Et surtout de tous vous remercier car pendant mon absence ce week-end, le blog a enregistré une activité tout à fait respectable. Bravo à vous tous! 🙂

Donc, donc, donc… Me revoici avec une nouvelle chronique express consacré au second tome de Wang de Pierre Bordage, Les Aigles d’Orient. Si vous vous souvenez de la chronique de la semaine dernière, celle-ci était consacrée au premier tome du roman: il racontait les aventures d’un jeune homme parti de chez lui en Pologne, pour gagner un Occident coupé du monde en pleine décadence. Il y devenait une sorte de gladiateurs pour les Jeux Uchroniques, compétitions entre stratèges, où il « officiait » dans l’équipe de Frédric Alexandre…

Le voici de retour pour de nouvelles aventures au-delà du Rideau Électro-Magnétique…

  • Une vedette au service du chaos

Nous sommes toujours au XXIIIe siècle.

Quatre ans après la victoire de son équipe aux Jeux Uchroniques selon une tactique , Frédric Alexandre surfe sur l’astuce de son « capitaine de Champ », Wang. En effet, le jeune stratège a remporté diverses victoire grâce à lui, et bien que les deux hommes n’aient que peu de rapports entre eux, il aime à faire croire aux médias à cette « stratégie du Chaos » initiée par Wang et lui. Wang est devenu un « migrant » très populaire, qui avec ses camarades, voyage à travers l’Occident dans des tournées triomphales. Et s’il n’y avait que les médias…

Delphane, la propre fiancée de Frédric, éprouve pour lui une certaine attirance, mais quand l’occasion d’établir avec lui des relations plus intimes, elle renonce, trop formatée par son éducation qui fait de la sexualité un acte répugnant et écoeurée par le contact physique avec Wang. Elle décide néanmoins de lui apporter son aide d’une manière plutôt inattendue… Par une nuit sombre, elle l’entraîne au beau milieu de la campagne et le présente à la « Ruche », une sorte d’intelligence supérieure, de collectivité extraterrestre avec laquelle elle a pris contact dès le premier opus. En effet, mal à l’aise avec elle-même et le système dont elle fait partie, elle a décidé de participer à sa destruction et de s’intégrer à la Ruche. Pour cela, elle a besoin de Wang pour semer le chaos., alors que se préparent les prochains Jeux Uchroniques. Thème: la guerre du Vietnam.

En contact télépathique avec la Ruche, Wang doit profiter de ceux-ci pour désactiver le Rideau Électro-Magnétique et mettre fin à cette fermeture de l’Occident…

  • Géopolitique et extraterrestres

Je ne reviendrai pas sur le contexte, qui a déjà été étoffé dans la précédente chronique livre… Nous retrouvons cette même société occidentale dystopique.

Outre dans les souvenirs de Wang, on n’avait pas entendu parler de Grand-Maman Li depuis longtemps: et le livre s’ouvre sur une scène avec la vieille dame qui, si elle n’a pas de nouvelles de son petit-fils depuis son départ, croit toujours en sa grande destinée. Destinée que notre jeune héros semble enfin décidé à accomplir, avec l’aide de la belle Delphane qui pour lui, retrouve également la trace de Lhassa, la jeune fille dont Wang est tombé amoureux dans le premier volume. En effet, le jeune homme n’est plus ce migrant comme les autres mais une personnalité souvent sollicitée, du moment qu’il reste dans le rang. Aussi est-il étroitement surveillé, et le moindre manquement ferait éteindre la diode reliée au dispositif implanté dans son cerveau. Ses petites expéditions en personnel, guidées par les communications télépathiques de la Ruche, ménagent quelques instants de suspense.

IMG_20151121_114150
Couverture de mon exemplaire personnel

Les moments des Jeux Uchroniques ménage également quelques scènes d’action vraiment héroïques, et des clins d’oeil cinématographiques comme Apocalypse Now dans la dernière partie du livre, dont l’action se conclue de manière grandiose à Paris – cocorico! Ainsi, l’action est toujours aussi palpitante et les aventures de Wang nous tiennent en haleine un moment.

Ce volume fait une plus grande place à la « géopolitique » – je la mets entre guillemets car les enjeux de pouvoir sont considérablement simplifiés, sans doute à cause du dogmatisme politique: on assiste à des conseils de chefs d’Etats occidentaux, inquiétés par la popularité de Wang et bien déterminés à ne jamais éteindre le Rideau Électro-Magnétique. Petite faiblesse que j’avais relevée dans le premier opus, ils sont assez… caricaturaux et mégalomanes. Ils font plus figure d’une bande de méchants aux décisions arbitraires… hormis le président français – comme c’est étrange! – las, et qui parfois montre une once d’humanité. Face à cela, Wang et ses camarades, ainsi que sa belle amie Lhassa, n’en paraissent que plus humains et naturels, moins affectés que ces personnages un peu ridicules auxquels les lecteurs ont du mal à d’identifier.

Pour contrebalancer ça, on découvre, au milieu de ce marasme humain, quelques « bons » Occidentaux – du moins des personnages plus en nuance, qui par leur imperfection ou leur empathie – je pense aux propos de Lhassa, lors de ses retrouvailles avec Wang, faisant référence à une toubib qui l’a laissée emporter un objet en souvenir alors qu’elle devait tout laisser derrière elle en passant le rideau électromagnétique. Quant au vieux monsieur chez qui la jeune femme travaille, il est un peu polisson et mateur sur les bords, mais il est plutôt coulant et protecteur à partir du moment où il réalise que son employée a un amoureux. Cela fait quand même du bien!

Si les faits de Wang m’ont beaucoup intéressée, j’ai en revanche moins apprécié l’intervention du « facteur exogène » – l’intelligence extraterrestre de la Ruche à laquelle Delphane décide de s’assimiler, acceptant aussi une terrible dégradation physique alors qu’elle est superbe, tout cela parce qu’elle est incapable d’éprouver le moindre plaisir. Je trouve ça assez pitoyable… et glauque. De même j’ai trouvé que cette intervention de la « Ruche » facilite un peu trop l’action du héros, ce qui est regrettable. J’aurais aimé, quand bien même une aide aux héros est toujours appréciable, que cela se « goupille » d’une autre façon, si je peux me permettre l’expression. Car à la longue cela a rendu le propos quelque peu naïf, alors que le personnage principal a beaucoup évolué au cours des deux livres… Alors qu’il gagne en maturité, il semble que le schéma narratif en perde, avec ces E.T. qui jouent les anges gardiens. Et c’est bien dommage.

  • Conclusion

Malgré un souffle épique toujours présent et Wang, notre héros toujours aussi courageux qu’attachant, j’ai trouvé cette suite un peu moins surprenante, et j’ai, comme je l’écrivais, quelque peu regretté cette intervention du « facteur externe » que représente la Ruche. De même, la fin, comme on s’en doute, heureuse, me parait également un brin naïve. Pour moi, il y aurait dû avoir un peu plus de « casse ». Bien sûr, l’écriture de Pierre Bordage reste fluide et agréable à lire, et l’ouvrage reste très divertissant et prenant. Vous passerez donc un bon moment à suivre les pérégrinations de l’ami Wang, quand bien même, depuis Wang, j’ai lu des choses qui m’ont beaucoup plus marqué. Je vous le recommande en tout cas pour vous mettre en douceur à la SF, ou bien pour vous y remettre si vous n’en avez pas tâté depuis longtemps. Vous découvrirez un monde kitsch et déroutant!

Je vous retrouve donc bientôt avec une prochaine chronique, film ou autre, durant cette semaine de folie! Bonne journée à vous tous, et surtout… bonne lecture!

Blanche Mt.-Cl.

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse de livres et de films SFFF mais pas que (de tout ce qui raconte de bonnes histoires, en général), auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

Vos réflexions sont les bienvenues...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.