Adaptation – « Hunger Games » au cinéma (2012-2015)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du premier opus d’Hunger Games – Source: AlloCiné

Une fois n’est pas coutume, je reviens avec du très, très récent! En effet, je suis allée au cinéma ce week-end, voir la conclusion de la série Hunger Games, trilogie transformée en tétralogie dans la version filmée. Je ne vous cacherai pas que je suis assez fan des livres, que j’ai déjà traités sur ce blog (en même temps, j’ai aimé Battle Royale et Wang, il fallait bien s’attendre à ce que j’adhère!). Il est vrai que j’aime bien les O.V.N.I.s et les curiosités, mais je m’intéresse aussi aux sagas populaires car je suis curieuse de ce que les autres aiment.

À dire vrai, le premier volet était déjà sorti au cinéma quand j’ai pris connaissance de la trilogie de Susanne Collins. Les bande-annonces que j’avais vues me paraissaient assez tentantes, aussi ai-je décidé que je verrais le film, mais pas avant d’avoir lu les bouquins. Ils ont dormi dans ma PAL jusqu’en janvier dernier, et je me suis hâtée d’acquérir les Blu-Ray des trois premiers films. À la maison, ils étaient ravis d’avoir enfin quelque chose d’inédit à regarder le soir. Seul mon frère, un peu snob quand il s’agit de cinéma, s’est refusé à visionner la saga Hunger Games.

Comme dans ma critique littéraire, je traiterai la série dans son entier. Emploi du temps de ministre oblige, je serai aussi concise que possible dans ce topo en ce qui concerne le pitch, pour me concentrer sur une courte présentation des films et sur la « direction artistique », si j’ose dire. Et il n’y aura pas de fiche technique, comme je le fais d’habitude.

Prêts à entrer dans l’arène? Comme disait la dame: « Puisse le sort vous être favorable! »

  • Rapide présentation
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L’une des affiches promotionnelles d’Hunger Games – L’embrasement, second opus de la saga – Source: AlloCiné

Sortis entre 2012 et 2015, réalisés d’abord par Gary Ross (Hunger Games) puis par Francis Lawrence (Hunger Games – L’EmbrasementHunger Games – La Révolte: Partie 1Hunger Games – La Révolte: Partie 2), ils mettent en vedette la talentueuse et délicieux Jennifer Lawrence dans le rôle de l’héroïque Katniss Everdeen, Josh Hutcherson dans le rôle de son coéquipier Peeta Mellark, Liam Hemsworth dans celui de son ami d’enfance Gale Hawthorne.

Il y a donc continuité dans le casting des personnages principaux – ce qui n’est pas forcément le cas quand une saga change de réalisateurs, mais aussi des rôles secondaires: Elizabeth Banks campe une Effie Trinket aussi irritante qu’attachante, Woody Harrelson parvient à rendre l’épouvantable Haymitch Abernathy très sympathique… et pour compléter un casting grand luxe, nous avons Donald Sutherland dans le rôle du grand ennemi, le président Snow, le beau Lenny Kravitz en Cinna, le styliste de Katniss, la beauté glacée de Julianne Moore en présidente Coin.

Pour faire simple, Hunger Games reprend le premier tome éponyme, Hunger Games – L’Embrasement le second tome, tandis que le troisième volume a été divisé en deux films Hunger Games – La Révolte: Partie I et Partie II. La réalisation nous a donc fait le même coup que pour Harry Potter et Twilight, en divisant le final en deux. Voilà pour vous situer…

Et maintenant, voyons ce que j’en ai pensé…

  • Fidélité de l’histoire

Que dire si ce n’est que j’ai été assez agréablement surprise? Il est vrai que pour moi qui n’ai jamais lu Harry Potter (la honte!), j’entendais tant de gens dire que les livres étaient mieux, et j’avais été plus que déçue par l’adaptation de Twilight.

D’une part, le scénario est très fidèle, hormis quelques raccourcis (la façon dont Katniss obtient la broche avec le geai moqueur, le fait que Peeta ait une jambe artificielle à la fin des premiers Hunger Games…). Mais n’oubliez pas que l’on ne peut pas raconter une histoire à l’écran comme on la raconte dans un livre, il faut s’adapter au support et au public… Vous allez peut-être me prendre pour quelqu’un de morbide, mais j’ai apprécié que la violence ne soit pas trop édulcorée et que comme dans le livre on se rende compte à quoi sont confrontés ces enfants (oui quoi, à seize ans, on est encore gamin sur les bords!), et la ligne directrice de l’histoire est respectée.

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Affiche promotionnelle de Hunger Games – La Révolte: Partie I – Source: AlloCiné

À ceci près que contrairement au livre, on en sait un peu plus que Katniss puisque régulièrement le spectateur assiste à des scènes en parallèle au Capitole, qu’il s’agisse du palais présidentiel ou de la régie télévisuelle qui scénarise les embuches de l’Arène. Ce qui est impossible dans le livre raconté à la première personne par Katniss elle-même. Ce choix narratif peut s’expliquer par le fait que cette unicité de point de vue aurait paru trop statique. Quand bien même le mystère quant aux intentions et aux plans de Peeta et Haymitch dans le premier opus reste entier pour un spectateur qui ne serait pas passé par la case lecture. L’histoire est donc captivante, alternant action et séquence intimistes.

J’ai pu entendre quelques critiques négatives quant à Hunger Games – La Révolte Partie I et II, mais ce sont en substance les mêmes que celles faites au troisième livre de Susanne Collines: moins d’action, le manque de présence de Peeta…

Pour ma part, comme je le disais il y a quelques mois quand j’écrivais sur le livre, c’est justement ces raisons qui font la puissance de ce troisième opus, et qui donne un semblant de vraisemblance à toute cette histoire, puisque la première partie de La Révolte nous montre nos jeunes héros, Katniss et Finnick (Sam Claflin à l’écran – je suis fan de la fausse nonchalance de ce personnage) dans la tourmente, en train de se reconstruire. À mon humble avis, Susanne Collins a exploré avec une certaine sensibilité la dimension traumatique de la violence – subie ou même infligée car nous n’avons pas vocation à nous en prendre à nos semblables. Et pour ma part, je trouve que la réalisation aurait été mal inspirée de négliger tout ceci… D’autant plus qu’il y a un nouvel enjeu pour notre héroïne, outre sa reconstruction personnelle et les difficultés à rester elle-même car, devenue l’objet d’une véritable propagande, elle ne s’appartient plus: retrouver et aider son ami Peeta à redevenir celui qu’il était, ce qui constitue en soi une noble quête.
En revanche, le dernier opus, La Révolte – Partie II souffre un peu de la division du dernier livre en deux films: même si l’intrigue reste prenante, on peut y déplorer certaines longueurs en particulier au moment de la fin. Le « syndrome du Seigneur des Anneaux », quoi! 🙂

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Affiche de La Révolte – Partie II, avec le « Geai Moqueur » – Source: AlloCiné

Au niveau du casting dont je parlais plus haut… je n’ai pas grand-chose de négatif à en dire. Bien que je n’imaginais pas Katniss avec le physique de pin-up de Jennifer Lawrence, je l’ai trouvée excellente. J’avoue beaucoup apprécier cette jeune actrice, à qui je trouve un talent fou (elle est quand même vachement plus expressive que Kristen Steward dans les blockbusters Twilight) ainsi qu’une beauté particulière avec son visage pas banale et ses jolis yeux clairs en amande. Elle arrive à traduire la détermination et la vulnérabilité de l’héroïne à merveille. C’est simple: quand je la vois pleurer à l’écran, j’ai envie de pleurer avec elle et d’aller la consoler. Dingue!
Quant à Josh Hutcherson, j’avoue avoir été troublée par ce choix. Car à la lecture du livre, les descriptions de Peeta me laissaient imaginer, physiquement parlant, une version jeune d’Arthur Pendragon dans la série Merlin. 😍 Finalement, je me suis assez bien habituée à la bonne bouille de petit gars gentil de son interprète, que je revois encore enfant dans Zathura: Une Aventure Spatiale, et qui arrive très bien à faire passer le petit côté nounours du personnage.
Notre duo vedette n’est donc pas mal du tout.

  • Une direction artistique au poil
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Les tenues chatoyantes d’Effie Trinket, digne de Lady Gaga – Source: AlloCiné

S’il était une chose qui avait aiguisé ma curiosité à la lecture d’Hunger Games, c’était la peinture de la société hédoniste du Capitole qui n’était pas sans me rappeler celle de la Cité des Dômes dans L’Âge de Cristal. J’étais donc impatience de voir de quelle façon transcrire cela à l’écran sans que l’ensemble ait l’ai trop kitsch. Eh bien… contre toute attente, cela fonctionne très bien. On est loin de la lourdeur de l’esthétique seventies de certains classiques de la science-fiction, sans être pour autant un copié-collé du joyeux bordel de plastique coloré du Cinquième Elément. Or, argents, postiches, faux-cils, jupes bouffantes et teintures chatoyantes… Hormis Cinna, le craquant styliste de Katniss qui lui crée ses tenues de tribut, tout est exagéré, en mode « esprit libertin » du XVIIIe, avec piercings et tatouages en plus. En face, nous avons des héros habitués à la pauvreté et aux tenues sobres du District Douze: Katniss n’est pas coquette et porte uniquement des tenues marron et vert sombre pour la chasse, Peeta porte des vêtements simples. Cela rappelle les temps anciens, quand le vêtement marquait un statut. J’ai d’ailleurs été soufflée par les costumes créés par Cinna, dans lesquelles paradent les tributs, et qui font de Katniss « la fille du feu ».

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Piège au coeur du Capitole… à Noisy-Le-Grand – Source: AlloCiné

Et s’il n’y avaient que les costumes, au demeurant époustouflants, les décors sont absolument fascinants. Le regard des spectateurs se gave d’extérieurs et de forêts magnifiques, d’architecture en bloc digne des réalisations soviétiques, le Capitole déploie ses perspectives gigantesques qui n’attendent que des défilés de tributs à l’image de la Rome antique… On peut dire ce que l’on veut, mais ça dépayse. Rien de tel que des décors monumentaux dans de la science-fiction, pour accentuer la dimension écrasante des régimes terrifiants qui officient. D’ailleurs, j’ai reconnu le décor de La Révolte – Partie II, pour avoir lu un article sur cet endroit: le Palacio d’Abraxas à Noisy-le-Grand. Cocorico, une partie de la saga a donc été tournée en France, dans un lieu qui a aussi accueilli le tournage de Brazil.

L’ambiance inquiétante des films est également accentuée par sa bande originale, signée James Newton Howard, oscillant entre les grandes envolées lyriques de l’Hymne de Panem qui résonne pour annoncer les morts des Jeux, et les lancinantes petites notes du geai moqueur… hymne de la Révolte.

Quant à la communication et au marketing autour du film, j’avoue que la production a fait très fort avec le dernier opus, en nous présentant les premières bandes-annonces comme de petits clips de propagande, et d’affiches graphiquement magnifiques, qui étoffent encore l’univers du film. Certains y voient du pur capitalisme, entre ça et les nombreux jeux-concours, produits dérivés et autres joyeusetés, mais au niveau créatif, j’avoue être plutôt admirative: graphiquement, les affiches sont très recherchées et mettent l’accent sur différents enjeux et personnages, et ont parfois un véritable côté immersif qui fait qu’on a vraiment l’impression d’une promotion des tribut destinés à l’arène des Hunger Games dans le monde réel. Et ça, c’est quand même très fort.

  • Conclusion

Les aventures de l’amie Katniss Everdeen ont donc pris fin au cinéma. Libre au spectateur de voir s’il préféré le film, les livres, ou s’il a apprécié l’un et l’autre pour ce qu’ils étaient: un livre S.F. jeunesse à l’intrigue haletante et aux héros attachants, avec une narratrice dont le courage et la débrouillardise auraient de quoi inspirer les jeunes filles d’aujourd’hui, et une série de blockbusters de bonne facture, fidèles à l’histoire, agréable à regarder, avec des acteurs de talent. J’avoue qu’après la mauvaise expérience de Twilight, voir une adaptation plus que correcte d’une saga que j’ai adoré a été un véritable soulagement. Tous les éléments, enjeux, ont été explorés et aucun n’a été laissé de côté – confrontation des enfants à la violence, utilisation de ces mêmes jeunes gens à des fins de propagande, amour, amitié, révolte…

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Katniss au secours de Peeta dans la tourmente – Source: AlloCiné

Amatrice de beau spectacle, je ne suis donc pas objective quant à ces films dont la fin, bien qu’elle ait quelques faiblesses, est tout à fait correcte.
Tout ce que je peux vous assurer, c’est que vous y trouverez un bon divertissement, de l’émotion, de quoi meubler un week-end de glandouille ou une soirée popcorn en famille. On ne s’ennuie pas une seconde, et j’ai trouvé les critiques envers les deux derniers films quelque peu injustes. Mais bien évidemment, pour les apprécier à leur juste valeur, si vous n’avez pas encore visionné les quatre films de la saga, je vous conseillerais de lire la trilogie avant! 🙂 Et qui sait si dans vingt ans, une autre adaptation, une autre vision du roman verra le jour dans l’esprit d’autres réalisateurs brillants? 🙂 (Si ça pouvait être le cas pour Twilight, que les fans ne passent plus pour de sombres abrutis…)

Je vous souhaite un bon visionnage, et éventuellement, une bonne lecture!

Je vous retrouve bientôt avec une nouvelle chronique… il y aura peut-être un peu de perturbation, car je pars ce week-end dans le Sud-Ouest pour la remise de diplôme de mon petit frère!

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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