Sauvetage délicat – « Seul sur Mars » (Ridley Scott, 2015)

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Affiche du film – Source: Allôciné.fr

Titre: Seul sur Mars (The Martian)
Année de production: 2015
Réalisation: Ridley Scott
Origine: Etats-Unis
Durée: 2h22
Distribution: Kyle MacLachlan, Jessica Chastain, Kristen Wiig, Jeff Daniels, Sean Bean…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Me revoici avec une chronique ciné express, la seule chose que me permettent en ce moment mon emploi du temps de ministre et un état de santé assez déplorable, et pour une fois, avec un film RÉCENT! Car – sortez les confettis et les cotillons – il y a quelques jours, je suis enfin retournée au cinéma après des années sans y avoir mis les pieds! J’ai été avec mon frère voir Seul sur Mars pendant l’un de nos derniers week-ends chez nos parents. À ce moment j’ignorais que le film était tiré d’un livre, et je ne pourrai malheureusement pas y faire référence dans cette petite chronique…

  • Le pitch

Sur Mars, une tempête se lève, obligeant une équipe d’astronautes à quitter en urgence leur camp de base. L’un d’entre eux, Mark Watney (Matt Damon) est emporté par le vent et laissé pour mort. Or, le monsieur a survécu… Blessé, sa combinaison abîmée, il retourne à la base et fait appel à toute son ingéniosité pour survivre dans cet environnement hostile, en attendant l’arrivée d’une autre expédition capable de le sortir de là, et pour contacter la Terre…

Mais à 225 millions de kilomètre de là, sur notre bonne vieille planète où sa mort a été annoncée, une jeune ingénieure en communication de la NASA tombe par hasard sur des vue satellitaires de Mars qui laissent à penser que la base martienne est encore habitée! Il est clair que Mark Watney et encore vivant et oeuvre seul sur la planète rouge… Alors que les coéquipiers de Watney sont encore en chemin pour rentrer sur Terre, Teddy Sanders (Jeff Daniels), président de la NASA, et Mitch Henderson (Sean Bean, qui ne se fait pas trucider pendant le film, pour une fois), décident de leur cacher la vérité sur la survie de l’astronaute, et réunissent une équipe de cerveaux pour tenter de contacter et récupérer Watney…

  • Une aventure spatiale un peu spéciale
Récolte de patates martiennes - Source: Allôciné.fr
Récolte de patates martiennes – Source: Allôciné.fr

Bon, je ne vais pas vous mentir, j’adore, J’ADORE ce qui se rapporte à l’espace et à la conquête spatiale, à tel point qu’il y a quatre ans, j’ai consacré mon mémoire de géopolitique à la coopération spatiale internationale à l’horizon 2030, et que j’ai hésiter à me porter candidate à Mars One (oui, je suis folle). Donc voilà, le sujet me « parle » d’entrée de jeu. Pour ce que je connais du spatial, j’ai trouvé Seul sur Mars assez réaliste. J’insiste sur le « assez », aussi bien au niveau technique (gravité artificielle induite par le mouvement de rotation du vaisseau par exemple), au niveau « géopolitique » avec son équipe d’astronautes internationale (avec cependant une sur-représentation des Américains et une absence de Russes qui m’a faite grincer des dents, sachant que d’une part les Américains ont constamment recours au Soyouz russe pour envoyer des hommes à bord de l’ISS depuis la fin des navettes et qu’en cas de mission internationale, toutes les grandes puissances spatiales imposeraient l’un de leur représentant dans l’équipe – Américain, Russe, Européen, Chinois, Indien, Japonais… les possibilités sont multiples) et au niveau de l’environnement extraterrestre martien, reconstitué de manière assez impressionnante. Rien ne m’a donc fait plus plaisir que de lire que la rédaction du magazine Ciel et Espace avait également apprécié le film! Quant au milieu du spatial en lui-même, il est, je trouve assez bien dépeint dans la dimension « politique » et « relation publique » des déclarations de la NASA. En effet, et de plus en plus, les agences spatiales, quelles qu’elles soient, doivent justifier d’un point de vue scientifique, moral et même économique, le financement souvent public de projets aux coûts « astronomiques » et très risqués – un accident dans l’espace, c’est la perte assurée d’un matériel onéreux ou d’un équipage dans son entier tant les chances de survie dans le vide intersidéral sont minces.

Ensuite, c’est une sorte de survival, ou une « robinsonnade » (sauf qu’on ne trouve pas de Vendredi alien) car notre ami Mark Watney se retrouve bel et bien comme un naufragé, seul en territoire hostile, et notre cauchemar à nous tous, véritablement seul au monde car à part lui, il n’y a pas âme qui vive sur la planète. Rien de plus symbolique que sa minuscule silhouette d’humain face à l’immensité du désert martien…

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Un petit homme sur fond de paysage grandiose et désespérément désertique… un destin glaçant, quand on y pense! – Source: Allôciné.fr

J’ai beaucoup aimé assister aux trésors d’ingéniosité qu’il déploie, ne serait-ce que cette serre qu’il improvise, pour économiser de l’énergie ou pour retrouver un vieux rover abandonné et s’en servir comme moyen de communication… Mais je vais arrêter sur ce point car je risque de vous gâcher le plaisir de la découverte. Ce personnage qui ne se démonte pas face à l’adversité, attire inévitablement la sympathie du spectateur au travers de ses blagounettes sur le journal de bord – entre autres celles touchant à la musique disco laissée par sa capitaine, Melissa Lewis (Jessica Chastain), qui crée un contraste assez surprenant avec les conditions de vie difficiles de notre héros. Celui-ci n’en reste pas moins humain et connaît des moments de découragement… C’est que la solitude et la perspective de mourir de faim, de froid ou d’asphyxie, entre autres joyeusetés de la vie sur Mars, ça effraierait plus d’une âme, même très résistante! La transformation physique de Matt Damon, que l’on voit fondre à vue d’oeil du fait des rationnements et de l’activité intense auxquels son personnage s’astreint, ainsi que des soucis qui le rongent au fur et à mesure que sa solitude se fait plus pesante, ne peuvent manquer de susciter l’empathie. Aussi, rien que pour ce sentiment, et cette question que l’on se posera immanquablement lors du visionnage « Mais qu’est-ce que je ferais, moi, si ça m’arrivait? », l’histoire marche plutôt bien quand bien même son schéma reste très classique.

Pour ce qui est de la narration – et du sujet aussi! – l’histoire n’est pas sans rappeler celle du film Apollo 13 (Ron Howard, 1995). On y assiste à une alternance de scènes du côté de notre astronaute en détresse et sur Terre, là où tout le monde s’active pour le tirer de là. Au final, l’ingéniosité est partout, et les idées fusent tant que même s’il n’y a pas de grand méchant, que le suspense n’est pas à couper au couteau, on ne s’ennuie pas… C’est du moins les impressions que mon frère et moi échangions en sortant du cinéma. En effet, la réalisation n’en fait pas des caisses au niveau des effets spéciaux impressionnants (hormis les scènes spatiales ou les paysages martiens, mais là pour le coup, il n’est pas encore possible d’installer des plateaux de tournage dans l’espace ou sur Mars!), mais aussi au niveau dramatique. Les rebondissements – bon en même temps, au moment où le héros a sa routine et qu’il reste une heure de film, on se doute que quelque élément perturbateur va intervenir – sont assez vraisemblable et on ne sombre jamais dans des sentiments dégoulinant, ce qui rend l’ensemble plutôt crédible.

Dernière mode printemps-été sur Mars - Source: Allôciné
Dernière mode printemps-été sur Mars – Source: Allôciné.fr

On ne se perd pas non-plus dans les écueils d’une réflexion pseudo-intello comme ce fut le cas de certains films de S.F. ou d’action. Réfléchir ne fait certes pas de mal, mais se détendre non-plus… et en cela, Seul sur Mars réussit sa mission de divertissement de qualité, est simple mais efficace.

  • Conclusion

J’avoue bien aimer les films de Ridley Scott la plupart du temps – Kingdom of Heaven et Robin Hood n’ont pas la puissance d’un Gladiator ou des DuellistesPrometheus n’est pas Alien. Je les trouve plus ou moins efficaces d’une fois sur l’autre, aussi j’essaie de ne m’attendre à rien quand je les vois, quitte à les prendre pour ce qu’ils sont, des divertissements avec une belle direction artistique, ou à avoir une bonne surprise. Je ne pense pas que Seul sur Mars reste dans les annales comme un Blade Runner et qu’il faille le considérer comme le « grand retour » de monsieur Scott dans la science-fiction. Mais j’ai vraiment passé un moment agréable, un peu comme devant Apollo 13, avec petit opus sans trop de fioritures, assez intéressant pour ceux qui s’intéressent au spatial.

Dans la même veine, si l’exploration habitée vous intéresse, je vous conseille un très bon documentaire sur le sujet Comment devenir un extraterrestre? diffusé il y a quelques années durant le cycle de La Chaîne Histoire consacré au spatial. Et qui sait si un jour, le spatial en soi, et plus particulièrement ne mériterait pas un petit post sur ce blog consacré à l’imaginaire? Car si l’on regarde à l’échelle de l’histoire, cela fait une soixantaine d’années seulement que nous avons exploré notre environnement au-delà de l’atmosphère terrestre, il reste encore de nombreuses merveilles à découvrir, de nombreux sols nouveaux à parcourir, et des façons d’y parvenir qui dorment dans notre imaginaire…

J’espère en tout cas vous avoir donné envie de visionner le film, et pourquoi pas, de vous intéresser d’un peu plus près à l’exploration spatiale en elle-même?

Blanche Mt.-Cl.

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse de livres et de films SFFF mais pas que (de tout ce qui raconte de bonnes histoires, en général), auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

4 réflexions au sujet de “Sauvetage délicat – « Seul sur Mars » (Ridley Scott, 2015)”

  1. Je vais certainement voir ce film alors! Merci pour la recommandation! Le film que j’avais aimé qui abordait le thème de l’exploration de l’espace était Contact avec Jodie Foster…Je ne sais pas mais, c’est mon préféré… Merci!

    Aimé par 1 personne

    1. Ah « Contact » a une dimension un peu plus métaphysique que « Seul sur Mars », si je me souviens bien… Après le charme et le jeu de Jodie opèrent toujours. 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Rien de tel dans « Seul sur Mars ». 🙂
        Les préoccupations du « colon » de Mars sont extrêmement terre-à-terre, tout est axé sur sa survie, sur les moyens de ne pas mourir sur cette planète avant de revoir âme qui vive!

        Aimé par 1 personne

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