Fantômes du passé – « La Maison des Ombres » (Nick Murphy, 2011)

Titre: La Maison des Ombres (The Awakening)
Année de production: 2011
Réalisation: Nick Murphy
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h46
Distribution: Rebecca Hall, Dominic West, Imelda Staunton, Isaac Hempstead-Wright, Joseph Mawle…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du film – Source: Wikipedia

Je reviens avec le « Film du jeudi » pour une chronique « express ». Cette semaine, j’ai décidé de revenir avec une histoire fantastique… que j’ai vu pour la première fois sur le câble il y a peut-être trois ans, à un moment où je passais beaucoup de temps à bosser et où je ne pouvais regarder que les secondes, voire les troisièmes parties de soirée. Il s’agit de La Maison des Ombres, qui vous emmène dans l’Angleterre post-Première Guerre mondiale, dans un pensionnat isolé…

  • Un pensionnat… hanté?

Nous sommes en 1921. Florence Cathcart (Rebecca Hall) est une chasseuse de fantômes renommée… Mais pas dans le sens que vous croyez. Elle chasse les fantômes dans le sens où elle analyse chaque manifestation « fantomatique » pour y trouver une explication rationnelle. Auteure d’un livre sur le sujet, elle est un jour contactée par Robert Mallory (Dominic West), un vétéran de la Grande Guerre qui enseigne dans un pensionnat pour garçons. En effet, on a retrouvé le corps sans vie de l’un des jeunes pensionnaires, mort imputée à un fantôme qui terrorise tous ces enfants, celui d’un petit garçon… D’abord réticente, Florence croit à une mauvaise farce des élèves, ou à des mauvais traitements par le personnel de l’école qui auraient provoqué la mort du garçon. Armée de tout son attirail – instruments électriques, caméras et appareils photos – elle se lance pourtant dans des expériences pour prouver qu’aucun fantôme ne hante l’école…

Soutenue par Mallory qu’elle intrigue au plus haut point, et suivie de près par Tom (Isaac Hempstead-Wright – vous savez, Bran Stark dans Game of Thrones!), un jeune garçon solitaire, elle assiste bientôt à d’étranges phénomènes qui remettent sa rationalité en questions, et connaître la peur. Car ces faits qui la dépassent la mettent aussi face à ses propres fantômes…

  • La qualité british
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L’ambiance et l’esthétique captivante de cette vieille demeure servant de pensionnat, où évolue Florence… – Source: Imdb.com

On ne le dira jamais assez, les productions britanniques sont très souvent de bonne facture. J’entends par là que les mises en scène, même classiques, et l’image sont souvent impeccables. Cela est vrai pour La Maison des Ombres, empreint d’un certain classicisme dans son décor typique de films ou séries en costume très, très british. Les extérieurs filmés par mauvais temps sont magnifiques, tout comme les intérieurs du pensionnat, tour à tour sombre ou très lumineux. Ce ne sont d’ailleurs pas nécessairement les images les plus sombres qui nous ont le plus froid dans le dos…

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Robert Mallory et Florence Cathcart – Source: Allociné.fr

L’histoire distille une tension à couper au couteau, une inquiétude telle que même dans des pièces claires et en pleine lumière, on sent que le danger peut surgir. L’atmosphère ainsi créée, de cette jeune femme toute seule dans de grandes pièces pleines de courants d’air, ces bruits, sont un atout majeur du film. On s’y sent, malgré les pièces immenses et hautes de plafond, étrangement claustrophobe, en particulier quand l’histoire vire à l’huis clos avec le départ des enfants de l’école. Quelques scènes sont d’ailleurs magistralement tournées, et la part belle est faite à l’utilisation des photos anciennes, quand les plaques sont impressionnées par d’étranges et inquiétantes apparitions aux visages flous… Le visuel soigné ajoute donc à la fascination et aux attentes du spectateur.

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Florence va connaître ce qu’est la peur dans tout ce qu’elle a de plus irrationnelle… – Source: Allociné.fr

Le scénario est somme toute assez captivant. Les histoires de fantômes racontent toutes sensiblement la même chose. La Maison des Ombres ne révolutionne pas le genre, mais il n’en est pas moins efficace. Car comme dans toutes les histoires où les personnages sont « rationnels », il y a un moment, qu’on a du mal à percevoir, où absolument tout bascule. Comme l’histoire est construite autour de Florence, très agréablement interprétée par la ravissante Rebecca Hall (elle est un peu l’idée que je me fais de la beauté féminine « à l’anglaise »), c’est sur son personnage que va se concentrer l’attention du spectateur. Son évolution est intéressante car si elle apparaît extrêmement froide, blasée, voire hautaine et ironique au début du film, on découvre très vite, au fur et à mesure qu’elle évolue dans le dédale de cette immense maison inquiétante, une jeune femme très vulnérable et tourmentée par un passé qu’elle a préféré oublier… Et grâce à cela, le spectateur, déjà plaisamment titillé par le visuel, va de découverte en découverte jusqu’au twist final bien ficelé.

Si l’héroïne se révèle plus intéressante que prévu, on s’attache également aux personnages secondaires. Je pense à Mallory qui paraît de premier abord plutôt effacé, mais qui révèle un véritable sang-froid dans les situations difficiles, tout comme au jeune Tom. J’évoquais l’atmosphère, mais les occupants de la maison eux-mêmes, l’inquiétante gouvernante Maud Hill (Imelda Staunton – d’ailleurs, lui connaissez-vous un rôle sympa à son actif, récemment?) et le gardien du domaine, Edward Judd (Joseph Mawle), jaloux du passé guerrier de Mallory et très pressant, voire violent envers Florence, ajoutent à la tension ambiante, et participent au malaise de celle-ci, alors qu’elle doit faire face à des réminiscence de son passé particulièrement horribles.

  • Conclusion

Ma foi, si vous avez envie d’un agréable frisson et que vous cherchez un film sympathique et esthétiquement plaisant, je vous conseille vivement La Maison des Ombres. Outre la qualité de la réalisation, certes classique, je pense que si vous aimez les films en costume et les histoires de fantômes, celle-ci est susceptible de vous plaire. D’ailleurs, l’ambiance un peu claustrophobe que j’évoquais plus haut n’est pas sans rappeler Les Autres. Bien sûr, ces deux réalisations sont très différentes, avec des scénarii à l’opposé, mais je pense que si vous avez aimé l’un, vous pouvez apprécier l’autre.

Mais trêve de parlotte (j’avoue que les mots me manquent un peu, mon cerveau doit griller un fusible entre mes différentes activités, et je crois que mon écriture s’en ressent!), je vous laisse avec la bande-annonce, qui, j’espère, vous donnera envie de vous attarder un peu sur ce film… (En m’excusant pour la piètre qualité de l’image, à l’origine plutôt belle!)

Je vous souhaite un excellent visionnage, et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures littéraires et cinématographiques, et je l’espère encore, pour de nouvelles créations, sur Les Mondes de Blanche!

Blanche Mt.-Cl.

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse de livres et de films SFFF mais pas que (de tout ce qui raconte de bonnes histoires, en général), auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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