Un film Disney méconnu – L’Ile sur le toit du monde (Robert Stevenson, 1974)

Titre: L’Ile sur le toit du monde (The Island at the Top of the World)
Année de production: 1974
Réalisation: Robert Stevenson
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h34
Distribution: Donald Sinden, David Hartman, Mako Iwamatsu, Jacques Marin, Agneta Eckemyr, David Gwillim, Gunnar Öhlund…

Chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du film – Source: Wikipedia

Si vous avez un jour fait un tour du côté d’Eurodisney, outre le Chateau de la Belle au Bois Dormant, vous avez peut-être noté, non-loin du Space Mountain et du Nautilus, un café à l’entrée monumentale ornée de d’un dirigeable, et au décor intérieur résolument rétro-futuriste… le Café Hypérion. Il est l’un de mes endroits favoris du parc: c’est là que lors de ma première visite avec mes parents, j’avais assisté à un spectacle acrobatique sur le thème de Mulan, et qu’avec des amis, j’avais bu une boisson chaude en regardant de vieilles aventures de Mickey sur un écran géant. J’adore la décoration, l’architecture, et ce dirigeable à l’entrée! (J’aime les dirigeables à tel point que j’y ai consacré mon mémoire de fin d’études en fac d’Allemand!) Mais ne vous êtes-vous jamais demandé à quoi l’Hypérion il faisait allusion? Non?… Qu’à cela ne tienne, j’ai très envie de vous le dire! Le dirigeable Hypérion figure bien dans un film des studio Walt Disney, un long-métrage d’aventure sorti dans les années 1970, et peu connu en comparaison de monuments comme 20,000 Lieues sous les Mers, j’ai nommé… L’Ile sur le Toit du Monde.

Je l’ai découvert il y a quelques années, quand au hasard de promos VHS – nous n’avions pas encore de lecteur DVD à la maison – ma mère en a fait l’acquisition. Elle l’avait vu étant enfant et avait très envie de nous le faire découvrir à mon frère et à moi. Êtes-vous donc prêts à vous embarquer à bord du ballon avec moi pour un petit film d’aventures kitschou à l’ancienne?

NB: L’Ile sur le Toit du Monde étant très peu connu, je n’ai trouvé que peu d’images de qualité. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur.

  • Un homme à la recherche de son fils

L’histoire commence en 1907, en Angleterre. Sir Anthony Ross (Donald Sinden), un arrogant aristocrate anglais, fait appel à l’Américain John Ivarrson (David Hartman), un archéologue spécialiste de la civilisation viking pour lui présenter un étrange objet: une carte gravée sur une vertèbre de baleine, sur laquelle est indiquée la localisation d’une île mystérieuse, au nord du Groenland… L’île où les baleines viennent mourir. C’est lors d’une expédition vers cet endroit que Donald (David Gwillim), le fils de Sir Anthony, a disparu. Père et fils avaient des relations tendues, le jeune homme ne souhaitant pas reprendre les affaires familiales. Celui-ci est donc parti après une dispute, et s’est embarqué sur un navire en partance pour le Grand Nord… Sir Anthony voudrait, avec l’aide d’Ivarsson, monter une expédition pour le retrouver et le ramener en Angleterre – en même temps qu’à la raison.

Ivarsson et Sir Anthony à bord de l'Hyperion, conduits par Brieux - Source: Cinelounge.org
Ivarsson et Sir Anthony à bord de l’Hyperion, conduits par Brieux – Source: Cinelounge.org

Ceux-ci rejoignent le Groenland par la voie des airs, grâce au capitaine Brieux (Jacques Marin), un aéronaute et inventeur français qui met à leur disposition son dirigeable, l’Hypérion (aaaah, enfin le ballon! 🙂 ), à condition de pouvoir emmener avec eux son caniche Joséphine (c’est un Disney après tout, il fallait bien un petit chien!). Après leur arrivée dans un village eskimo de l’Arctique, ils apprennent que Donald y est passé, et font la connaissance de son ami Oomiak (Mako Iwamatsu), le dernier à l’avoir vu en vie. Mais celui-ci étant trop terrifié pour retourner sur les lieux où Donald a disparu, Sir Anthony le piège pour le forcer à se joindre à ses recherches à bord de l’Hypérion. Malheureusement, une tempête sépare les membres de l’expédition, et Brieux et emporté par le vent avec son dirigeable. Quant à Sir Anthony, le professeur Ivarsson et Oomiak, seuls dans le blizzard, ils sont attaqués par d’étranges guerriers vêtus de fourrure qui les escortent jusqu’à Astragard, île couverte de verdure au milieu du froid environnant, et occupée par une très ancienne colonie de Vikings, isolée du reste du monde depuis des siècles.

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L’Hypérion au-dessus des têtes des Eskimos – Source: CinémaFrançais.fr

Sir Anthony, Ivarsson et Oomiak ont la surprise d’y retrouver Donald épanoui et très bien intégré dans au sein d’une famille, parlant le vieil islandais et très impliqué auprès de la belle Freya (Agneta Eckemyr). Satisfait de sa nouvelle vie, il n’a aucune envie de rentrer en Angleterre. Nos explorateurs ne sont pas aux bouts de leurs surprises, leur arrivée déclenchant la colère du Godi (Gunnar Öhlund), une sorte de grand prêtre fanatique et gardien de la loi viking, qui les fait emprisonner et condamner à mort…

L’aventure ne fait que commencer, au coeur de cette île sur le toit du monde…

  • Un récit d’aventures de facture classique

L’Île sur le Toit du Monde étant très peu connu, je n’ai pu glaner que peu de renseignements lors de mes recherches. Basé sur sur un roman paru dans les années 60, The Lost Ones, les scénaristes de chez Disney ont transposé l’histoire dans l’Europe du début du XXe siècle, époque de rêve et de grandes inventions, des pionniers de l’aéronautique. On retrouve donc des aventures à la Jules Verne, une histoire d’explorateurs à bord d’une grosse machine, en voyage pour un territoire hostile, au-delà du cercle polaire. Tous les ingrédients qui en font un récit assez simple et efficace, facile à suivre et sans trop de prise de tête, tout à fait adapté à un public très jeune avide de découverte.

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Vue sur l’île d’Astragard – Source: CinéLounge.org

Surtout que toute la partie, consacrée au voyage à bord de l’Hypérion qui survole les océans glacés en direction du Groenland, s’y déroule comme une sorte de « leçon de choses »: on en apprend un peu sur l’aviation et la façon de remonter une hélice au-dessus du vide, sur les différentes sortes de baleine, un peu sur les Eskimos et sur les Vikings… Bref, de quoi ravir les plus jeunes et éveiller leur curiosité en matière d’histoire naturelle et même archéologique. On en oublie les effets spéciaux un peu vieillis et certains décors peints, pour s’émerveiller face aux paysages de glace ou frissonner aux péripéties de nos héros, et partager l’enthousiasme de l’archéologue Ivarsson qui voit en cher et en os les peuples qu’il étudie depuis des années. Quant aux plus petits, ils souriront au cabotinage de Joséphine, la petite chienne de Drieux.

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La belle Freya au secours de Donald, Sir Anthony et Ivarsson – Source: Disney Wikia

On assite aussi à l’évolution d’un homme froid et arrogant, Sir Anthony. Tout au début du film, il nous apparaît comme un être détestable, qui se sert de son pouvoir et de son argent pour plier les autres à ses volontés. Il manipule et force plus ou moins la main à Ivarsson, menace Drieux de ne plus financer ses travaux aéronautiques, et va même jusqu’à piéger ce pauvre Oomiak pour qu’il les suive à bord du dirigeable… Si cela donne lieu à une scène plutôt comique – l’Eskimo est monté à bord de l’appareil posé pour le visité, et Sir Anthony donne l’ordre à Drieux de décoller… Oomiak ouvre alors la porte du dirigeable sur le vide et recule en hurlant – il n’en demeure pas moins que pour nous, il reste, disons-le, un sale con. Homme habitué à ce que rien ne lui résiste, il a du mal à se faire à l’idée que son fils puisse être heureux ailleurs. Mais comme on s’en doute, il va finir par se radoucir. Il va tout d’abord fondre pour le petit chien de Brieux, et au fil des épreuves, apprendre à accepter l’homme qu’est devenu son fils, jusqu’à se réconcilier avec lui. Nous sommes, après tout, dans une production Disney!

Seul petit point noir pour des spectateurs du XXIe siècle… On y retrouve quelques clichés, notamment envers les peuplades de l’Arctique et, dans une moindre mesure, sur le rôle des femmes. Tout d’abord, quand bien même le petit village eskimo est très pittoresque, et les autochtones en tenue de fourrure très sympathiques… ils sont quand même un brin naïfs. Est-ce juste forcer le trait pour bien faire comprendre au spectateurs à quel point leur culture est différente? À dire vrai, je n’en sais rien… Autant le personnage d’Oomiak peut paraître agaçant et un brin lâche – en particulier lorsqu’il s’enfuit quand les autres personnages sont faits prisonniers sur les ordres du Godi – mais dans d’autres moments, il se montre extrêmement brave, puisqu’il finit par rejoindre ses compagnon pour, comme il le dit, « se battre comme un ours » à leurs côtés. A-t-il peur du fait de croyances différentes? Est-il lâche ou tout simplement plus malin qu’on ne le croit? Quant à la seule femme de l’histoire, Freya, elle est évidemment très belle – il faut bien une raison de retenir Donald chez les Vikings – apparaît en robe légère… En revanche, petite nuance par rapport aux « beautés locales » auxquelles nous ont habitués les vieux films, elle est assez dégourdie. Elle n’hésite pas à prendre des risques pour venir sauver l’homme qu’elle aime et ses compagnons. Et une femme qui « en a », on aime ça, forcément…

  • Conclusion
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La bande au complet: Donald, Sir Anthony, le professeur Ivarsson, le capitaine Brieux et Oomiak – Source: CinéLounge.org

Que dire? Eh bien malgré ses faiblesses, je trouve que L’Ile sur le Toit du Monde est un petit film d’aventures sans prétention qui se laisserait bien regarder en famille pendant un après-midi d’automne, avec petits gâteaux, thé, café. Effets spéciaux et personnages typés prêtent certes à sourire, mais je dois avouer qu’il me plait au même titre que de vieilles adaptations de Jules Verne comme 20,000 Lieues sous les Mers ou encore Voyage au Centre de la Terre. C’est un peu affectif, lié à mon enfance bercée par Jules Verne et autres récits d’aventures, et au charme quelque peu désuet du film.

Et également parce que cela m’a rappelé Stargate, un film dont j’étais fan étant enfant… En effet, on retrouve ces explorateurs, dont un spécialiste, qui partent et retrouvent une civilisation ancienne encore vivante, qui la libèrent du joug d’un tyran… Même le final y ressemble y ressemble – sans la Porte des Etoiles, bien sûr!

Enfin j’ai trouvé que malgré ses bons sentiments, ses quelques clichés et l’exagération du comique sur Oomiak, il ne méritait pas l’impasse qui est souvent faite dessus, tout comme L’Apprentie Sorcière. En effet, il apporte quelque chose de différent des Disney habituels, sans ces chansons et ces pitreries habituelles, et ajoute une petite noirceur sous-jascente de bon aloi. Même s’il ne fait pas partie des grands chefs d’oeuvre de Disney, je pense qu’il mérite tout de même un détour. Ne serait-ce que pour l’Hypérion, et pour les scènes d’évasion à travers le cimetière de baleines, les glaces et les laves environnant Astragard… Mais avant de spoiler, je vous laisse avec la bande annonce!

Je reviens très bientôt avec une chronique livresque qui, je l’espère, vous plaira!

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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