Une romance intemporelle? – « La Belle et la Bête » (1740/1757)

Très chers lecteurs et lectrices des Mondes de Blanche,

Voici, je l’espère pour votre plus grand plaisir, la présentation de l’un des contes les plus connus, dont il existe des variantes dans le monde entier. J’ai nommé cette fameuse histoire que nous connaissons en Europe sous le titre de la Belle et la Bête, qui nous raconte comment une belle et douce jeune fille s’est finalement attachée à une bête hideuse.

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Couverture de mon exemplaire personnel de La Belle et la Bête (Les illustrations présentées ensuite en sont extraites)

Avec la sortie de l’adaptation cinématographique signée Christophe Gans l’an dernier, le conte est redevenu à la mode et a été ré-édité dans différentes collections, ce qui n’est pas pour déplaire aux curieux avides de « folklore » et de littérature… Fascinée par les histoires de métamorphose comme la lycanthropie, et me questionnant sur la part d’animalité en chaque être humain, je n’ai évidemment pas pu résister à redécouvrir une histoire qui pour moi, est une des plus romantiques jamais écrites – et aussi l’un des seuls Disney que j’aime vraiment. Je me suis donc offert une très belle édition, avec des reproductions d’illustrations anciennes.

Mais qu’y ai-je découvert?

  • Un conte fixé au XVIIIe siècle

Mais de quel conte, ou plus exactement, de quelle version du conte s’agit-il? Dans l’intitulé des livres pour enfant, vous avez probablement déjà lu « d’après Madame Leprince de Beaumont ». Il s’agit en effet de la version la plus simple et la plus connue du conte, publiée vers 1757. Jeanne-Marie Leprince (1711-1780), qui ajoute à son nom de plume celui de son époux, avec qui elle n’est restée mariée que peu de temps avant annulation de leur mariage. Vivant une vie mouvementée comme gouvernante à l’étranger et en France après une éducation au couvent, elle est reconnue pour ses talents d’éducatrice et de femme du monde qui lui ouvrent des portes. Femme en avance sur son temps, elle entend par ses écrits promouvoir la femme par l’éducation, et dans un recueil destiné aux enfants, son Magasin des enfants, elle abrège l’histoire déjà existante de la Belle et la Bête, pour en faire la version la plus simple et la plus populaire que nous connaissons tous.

En effet, La Belle et la Bête a été publié pour la première fois en France par Madame Gabrielle-Suzanne de Villeneuve (1685-1755), femme issue de la noblesse Rochelaise, qui après dilapidation de sa dot par un époux joueur et un veuvage qui la laisse sans ressource, décide de se lancer dans la carrière littéraire pour s’assurer un revenu, ce qui lui attire les faveurs d’un dramaturge de l’époque, Crébillon père (1674-1762) – que nous avons oublié aujourd’hui. Elle aurait entendu pour la première fois le récit de la Belle et la Bête par l’une de ses femmes de chambre, au cours d’un voyage en bateau vers l’Amérique. L’histoire est alors publié en 1740, dans un recueil intitulé La Jeune Américaine et les contes marins. Le récit comprend une longue partie dédiée à l’histoire passée de la Bête, à ses origines, qui est passée sous silence par Madame Leprince de Beaumont.

  • Quelques différences dans le récit
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Le père de la Belle surpris par la Bête – Illustration en lithographie coloriée – ©RMN-Grand Palais (MuCEM)/ Franck Raux

Un riche marchand perd toute sa fortune et se voit contraint de partir vivre à la campagne avec ses trois fils et ses trois filles. Si les deux aînées sont capricieuses et futiles, la plus jeune cumule les qualités. Non-contente d’être une maitresse de maison accomplie capable de garder viable la modeste demeure, elle est d’un caractère à la fois doux et volontaire, mais cultive également son esprit par de nombreuses lectures et l’apprentissage de la musique. Et ce qui ne gâche rien, la demoiselle est plutôt jolie, d’où son surnom de la Belle. Si son père et ses frères l’adorent, ses soeurs en sont terriblement jalouses.

Mais un jour, leur père reçoit une bonne nouvelle: des navires à lui, avec à leur bord une cargaison précieuse, ont été retrouvés, lui assurant ainsi un grand retour de fortune. Avant son départ pour la ville, ses filles aînées lui réclament des présents – robes, bijoux, animaux de compagnie, etc. … Quant à la Belle, elle lui demande une simple rose. Malheureusement, le père apprend que ses navires se sont abîmés en mer. Désespéré, le pauvre homme reprend le chemin du retour mais se perd en forêt. Quelle n’est pas sa surprise quand il se trouve face à un somptueux château. En rentrant pour demander l’hospitalité, il trouve une table prête et se rassasie, avant de se retirer dans une chambre et de dormir. Le lendemain matin, il parcourt les jardins et découvre un magnifique massif de roses. Il décide d’en prendre une pour la ramener à la Belle, mais à peine la touche-t-il qu’une bête affreuse apparaît, l’accusant de voler ses fleur après qu’elle lui ait offert son hospitalité pour la nuit. Suppliant pour garder la vie sauve, l’homme lui apprend qu’il tient à faire ce présent à sa plus jeune fille. La bête lui propose de rentrer faire ses adieux et de revenir vers lui, ou d’envoyer l’une de ses filles à sa place.

Effrayé, le marchand rentre chez lui et raconte l’histoire à ses enfants. Belle s’offre alors de repartir à sa place. Selon les versions, elle part seule ou accompagnée de son père. Une fois seule, elle découvre les merveilles du palais de la Bête. Chaque soir au dîner, elle rencontre la Bête qui lui demande de l’épouser, ou dans la version de Villeneuve, de coucher (!) avec elle. A chaque fois, la Belle, si elle assure le seigneur des lieux de son amitié, se refuse à lui. Sur son séjour, Madame de Villeneuve est plus bavarde. La jeune fille découvre des objets animés, de petits singes et des perroquets qui lui tiennent compagnie en attendant l’arrivée de la Bête au dîner, des miroirs magiques lui offrant une fenêtre sur les contrées les plus exotiques. La nuit, elle rêve d’un bel inconnu qui l’appelle à l’aide et dont elle s’éprend, bien qu’il s’agisse d’une vision.

Pourtant, aussi bien chez Madame de Villeneuve que chez Madame Leprince de Beaumont, la Belle se languit de sa famille et particulièrement de son père qu’elle voit dépérir de chagrin dans un miroir magique. Elle demande alors à la Bête de lui rendre visite. Celle-ci la laisse faire, contre la promesse de revenir très vite, sinon, la Bête en mourrait. La jeune fille promet de revenir et se met en route. Elle revoit sa famille et son père se rétablit quasiment… instantanément. Alors que la Belle se prépare à rejoindre la Bête, ses soeurs, jalouses de la beauté de ses vêtements et du confort qu’elle connaît au château de la Bête, la piègent pour l’empêcher de partir. Désemparée, la Belle parvient à s’enfuir et à rejoindre sa Bête, mais elle ne la trouve pas au palais. Elle l’attend, la cherche, l’appelle. Mais la Bête n’apparaît pas. La Belle finit par la trouver dans ses jardin, couchée et mourante de chagrin. Elle jure alors à la Bête de demeurer avec elle, de l’épouser car elle s’est rendue compte de ses sentiments. La Bête devient alors un beau prince.

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La Belle réconfortant la Bête – Illustration par Adolphe Mouilleron, 1844. ©Collection Jonas/Kharbine-Tapabor

Et voici que les deux versions divergent… car Madame Leprince de Beaumont achève son histoire ici, quand la Belle épouse la Bête devenu prince. Mais Madame de Villeneuve en fait le fameux amoureux onirique de la Belle, qui l’appelait à l’aide dans ses rêves, car il ne pouvait le faire sous l’apparence de la Bête. On apprend donc que ce prince a été victime d’une malédiction dans sa jeunesse, car sa mère, une fée, a commis la folie de s’unir à un humain – le roi et père du prince. Et alors là… rebondissement capillotracté s’il en est! En effet, la mère du prince ne veut pas de l’union entre son fils et la Belle, qu’elle n’estime pas digne de lui. Et à travers un autre récit, on découvre que la jeune fille n’est finalement autre qu’une enfant des fées, cousine du prince, cachée dans une famille humaine pour fuir la vindicte de méchante fée. Et cela explique bien sûr sa beauté et sa nature bienveillante, et sa destinée royale au côté d’un prince.

  • La morale de l’histoire

J’avais entendu parler de la psychanalyse des contes de fées par Bettelheim, et je m’attendais à percevoir, derrière des propos très innocents, une certaine tension sexuelle entre les personnages – à savoir l’attraction de la Belle pour cette bestialité en face d’elle. Je connaissais de plus les ré-interprétation d’Angela Carter dans son recueil La Compagnie des Loups, colorée d’un érotisme très subtil. Or, hormis cette demande de la Bête de dormir auprès de la Belle – certes osée pour l’époque – dans la version de Madame de Villeneuve, je n’ai rien vu de tout cela. Il en est de même pour le côté romantique du conte, toujours présenté comme « une histoire d’amour légendaire », impression confortée par les différentes adaptations que j’aie pu en voir.

J’ai été très étonnée de n’y déceler aucun romantisme, et de voir que les sentiments des protagonistes ne soient pas plus mis en avant. Sans doute à cause de mon point de vue de lectrice du XXIe siècle. De plus, il y était clairement dit dans la morale de l’histoire que la vertu d’une jeune femme était toujours récompensée. J’y ai donc vu une sorte d’injonction aux femmes du XVIIIe siècle, avec cet attachement de la Belle à son geôlier, à épouser le premier mari qu’on leur imposerait, et de supporter patiemment ses approches, même si le larron était vilain comme un cul de singe, car l’amour « pouvait toujours venir »… Bref, rien de très, très ragoutant et glamour pour moi, rien qui puisse flatter ma fibre romantique. Finalement, au vu des parcours des deux auteurs, j’ai quelque peu révisé mon jugement.

Tout d’abord, dans ses écrits relatifs à l’élaboration de La Belle et la Bête, Madame Leprince de Beaumont, très pédagogue et intéressée à l’édification de la jeunesse, expliquait vouloir apprendre à ses jeunes élèves à faire la distinction entre beauté extérieure et beauté intérieure, entre laideur extérieure et laideur intérieure, à admettre que derrière une apparence affreuse pouvait se cacher un être digne d’intérêt de par ses grandes qualités morales. En soi, c’est encore quelque chose qu’on nous apprend quand on est enfant. Cependant, j’ai fait l’erreur de ne voir en la Belle qu’une petite fille soumise à un père indigne qui la laisse se sacrifier à sa place, atteinte d’un fichu syndrome de Stockholm.

Mais j’ai découvert – cela n’engage que moi – une autre façon de lire le conte. Je mentionnais dans la première partie de ce post les idées de Madame Leprince de Beaumont concernant l’éducation des filles et leur émancipation. Mais si l’on prend en compte la situation des femmes en ces temps-là, elles n’étaient pour la plupart considérées que comme des marchandises et mariées selon les projets et intérêts des familles, comme les jeunes hommes car personne ne s’appartenait vraiment dans les sociétés occidentales d’Ancien Régime. Mais à la différence des hommes, leur éducation ne les poussait pas à développer leurs capacités ou à s’épanouir dans un métier, mais juste à devenir épouse et maitresse de maison. Nous avons aussi pu voir que mesdames de Villeneuve et Leprince de Beaumont ont toute deux fait des mariages malheureux et ont oeuvré pour garder leur indépendance financière. Je me demande donc si par « vertu », elle n’entendrait pas, outre cette « sacro-sainte » virginité imposée aux filles de l’époque, non-seulement les qualités morales, mais aussi les capacités intellectuelles. N’oubliez pas que la Belle, douce et compatissante, ne néglige pas de lire et de faire de la musique. Dans l’opus rédigé par Madame de Villeneuve, elle s’intéresse au monde qui l’entoure et voit des pièces de théâtre à travers les fenêtres magiques de la Bête. Elle n’est donc pas aussi unidimensionnelle qu’elle peut le paraître au début, à l’instar de la Blanche-Neige du conte de Grimm.

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La Belle s’émerveillant devant la volière de la Bête – Illustration pour Contes de fées, Hachette, 1866. © Collection Kharbine-Tapabor

Je n’aurai malheureusement jamais l’opportunité de poser la question à ces dames de Villeneuve ou de Beaumont… mais finalement, c’est bien la Belle qui fait tourner la baraque, si j’ose dire. Son père est devenu pauvre et doit s’exiler dans une chaumière à la campagne?… Qu’à cela ne tienne, comme un bonhomme, elle n’hésite pas à se salir les mains pour aller s’occuper du jardin et du potager, pour soutenir son père, quand ses deux soeurs, des enragées coquettes, se complaisent dans leur malheur et refusent de mettre la main à la patte. Quant à ses frères, ma foi, les auteures ne développent pas sur ce point, et je n’ai aucune idée de ce qu’ils font vraiment. C’est donc la Belle le pilier de la maisonnée, le « soutien de famille », comme on le dit aujourd’hui. Et quand bien même elle paraît vulnérable face à la puissance de la Bête, elle n’est plus, à la fin, la demoiselle en détresse qui attend après son prince, mais c’est elle qui par sa détermination va partir retrouver la Bête et la sauver de l’infâme malédiction dont elle est victime.

De même, lorsqu’elle se refuse à la Bête, outre cet « honneur » de jeune fille qu’elle pourrait souhaiter conserver, la Belle exprime plus un sentiment personnel – à savoir qu’elle s’excuse auprès de la Bête de son incapacité à pouvoir lui offrir autre chose que son amitié… car elle ne trouve pas son compagnon attirant. D’ailleurs, dans la version de Madame de Villeneuve, la transformation du prince en bête, n’est pas que physique, mais aussi mentale. Son âme est emprisonnée dans la sauvagerie et la « stupidité » de l’animal, d’où l’obligation de communiquer par des rêves avec la Belle. La Bête est donc doublement repoussante pour une jeune fille avec de la jugeotte. Cette honnêteté m’a bien plu. D’ailleurs, les filles, on a beau être adorables et bienveillantes, soyons honnêtes… vous partageriez votre plumard avec la Bête? Surtout si en plus d’être laid, difforme, velu, cornu ou tout ce que vous voulez, il vous paraît bébête? On peut être gentille, mais il y a un moment où ça ne doit pas devenir dégradant non-plus!

Fait intéressant: si la Belle finit par développer un réel attachement pour la Bête, elle n’y est pas contrainte. Je pense donc qu’en un sens, Madame de Villeneuve comme Madame Leprince de Beaumont, femmes de lettre à la vie peu conformiste, veulent montrer aux jeunes filles qu’elles sont des individus à part entière, qu’elles n’ont pas à céder, qu’elles peuvent développer leurs capacités et leur personnalité, et peut-être avoir la chance de trouver un compagnon digne d’elles, avec qui partager leur vie, et et avec des qualités propres à les rendre heureuses – il faut savoir que les deux auteures ont aussi eu, une fois leurs mariages malheureux terminés, une vie sentimentale… digne d’un roman. J’ai donc nuancé mon jugement quant au message adressé aux filles dans ce conte, quand bien même il ne suit pas une certaine conception de l’amour romantique, passionné et déraisonnable, et ne s’attarde pas sur les sentiments.

  • Conclusion – Réinterprétation et adaptations

Ce sont finalement les adaptations du conte qui ont influencé notre perception de ce conte très populaire.

Jean Cocteau en a fait en 1946 une sorte de fable onirique à la beauté formelle inégalée, nous emmène dans un manoir où les objets murmurent et s’animent, ou passer une porte transforment une tenue de fille de ferme en robe somptueuse, où les bougies s’allument seules pour éclairer la route du visiteur. Cocteau s’est également penché sur les travers des protagonistes de l’entourage de Belle: ceux-ci, entre la lâcheté du frère de Belle, Ludovic, et l’arrogance et l’avidité d’Avenant, le beau jeune homme (incarné par Jean Marais) amoureux de Belle, qui souhaite récupérer à la fois la fille et la fortune de la Bête, mettent l’accent sur cette différence entre beauté physique et beauté morale. Cocteau est donc resté dans l’optique du conte de fée avec sa morale, et après cette oeuvre, je m’attendais à trouver dans le conte « original » la même magie.

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La Belle retrouvant la Bête mourante – Illustration en lithographie coloriée – ©RMN-Grand Palais (MuCEM)/ Franck Raux

Cette magie a été également mise en avant dans La Belle et la Bête réalisé par Christophe Gans en 2014, dans des décors colorés et foisonnants, qui font la part belle à la végétation et aux objets luxueux, tout en explorant librement le passé de la Bête, par rapport à la version de Madame de Villeneuve. Quand bien même cette intrigue secondaire n’existe pas dans les contes, j’ai apprécié le retour sur cette histoire d’amour malheureuse entre ce prince et sa précédente épouse, et sur cette punition des dieux pour la bestialité dont faisait preuve ledit prince lors de ses parties de chasse. C’est d’ailleurs le seul point qui m’ait plu, avec cette présence de Vincent Cassel, dont le magnétisme animal collait parfaitement au rôle de la Bête, car je n’ai pas adhéré au jeu des acteurs – en particulier Léa Seydoux qui n’a pas vraiment rendu la Belle attachante malgré son petit côté effronté qui aurait pu la rendre intéressante – et à la débauche d’effets spéciaux dans la scène finale de l’attaque du Palais. C’est bien dommage, car il y avait vraiment de quoi donner un souffle à cette très belle histoire.

Etrangement, pour moi, l’une des meilleures adaptations qui en a été faite date de 1991… Il s’agit du dessin animé de Disney, La Belle et la Bête. Peut-être parce qu’il a réussi à mettre l’accent à la fois sur la magie des lieux, avec la création d’objets animés inspirés du film de Cocteau, sur le contraste entre la douceur potentielle de la Bête et la bêtise et la violence humaines incarnées par ce gros con de Gaston (imaginez Avenant du film de Cocteau avec le Q.I. de Johnny Bravo…), et sur la force des sentiments qui unissent les deux protagonistes principaux. La Belle y est une sorte d’alter-ego de la Bête, dans le sens où elle est différente – le nez dans les bouquins, la tête dans la lune, une sorte de proto-geek, peu encline à céder aux avances de Gaston considéré comme beau mais qu’elle trouve inintéressant – isolée et somme toute assez solitaire. Elle ne peut que compatir à la situation de la Bête, qu’elle pousse à donner le meilleur d’elle-même. Elle est à mon sens la parfaite synthèse entre la Belle des dames de Villeneuve et de Beaumont et d’une jeune fille moderne, forte et sûre de ses choix (quand bien même elle devient une princesse à la fin…) qui n’hésitera pas à faire la première une déclaration d’amour passionnée et désespérée. Finalement, et de façon inattendue car les productions Disney ne brillent pas nécessairement par leur subtilité, ce sont bien les studios du bon vieux Walt qui ont su capter l’essence du sentiment amoureux – dans les gestes des personnages, c’est flagrant! – et donner à cette histoire le souffle romantique qu’il lui manque au lecteur moderne dans les deux versions présentées ci-dessus. Car il faut aussi comprendre que c’est bien plus tard, avec la vague romantique, que les sentiments ont fait leur grand retour en littérature!

En revanche, elles sont une véritable mine d’or pour qui est curieux de littérature et d’histoire des mentalités. Et surtout, j’espère vous avoir donné quelques clés pour ne pas commettre la même erreur que moi en jugeant trop sévèrement ces oeuvres. Sur ce, je vous laisse avec les références de mon livre pour le plaisir des yeux, et vous souhaite une bonne lecture!

Titre: La Belle et la Bête
Auteur: Madame de Villeneuve/ Madame Leprince de Beaumont
Editions: Editions du Chêne
Collection: Littérature
160 p.
Parution: Octobre 2013
Prix: dès 10,90 € en occasion

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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