Froide nuit d’hiver dans un cimetière en ruines… – Extrait de mes écrits: « Le Sang des Wolf » – Avril 2015

Très chers lecteurs de ce blog,

Voici le premier de mes écrits créatifs partagés sur ce blog! 🙂 Je l’avais annoncé, c’est chose faite! Cet extrait commémore ce jour où, il y a deux ans, je posais le point final au premier jet de mon roman Le Sang des Wolf. S’il a été depuis ré-écrit et si je l’ai mis en ligne sous forme de blog, je suis toujours à la recherche de nouveaux lecteurs, amateurs de fantastique, de polar, de surnaturel, d’humour et de meurtres en série sur fond de secrets de famille. Par ailleurs, j’ai eu des lecteurs de quinze à plus de quatre-vingts ans qui ont pareillement apprécié. Je profite donc de ce dimanche, où vous aurez peut-être du temps à tuer, installés sur votre canapé ou votre terrasse, armés de votre tablette ou de votre ordi portable… Prêts pour une incursion dans un cimetière en ruines?… C’est par ici!

PRÉLUDE: WOLFSBLUT

Des jurons brisèrent le silence. Des faisceaux lumineux balayèrent les arbres dénudés et les buissons noirâtres à travers le rideau de neige. Les bottes s’enfonçaient dans une boue grise, tandis qu’un vent glacé mordait les visages. Quatre soldats, armés de leurs torches et de leur révolver, suivaient les deux officiers de police s’aventurant en ces lieux obscurs.

« Si on m’avait dit que je pataugerais en pleine forêt vierge à Vienne…

− Mac Intosh, on vous a rien demandé !

− Bien, mon lieutenant. »

L’inspecteur Terwull menait la marche à travers le dédale végétal, écoutant distraitement les propos des soldats. Il avait appris un peu d’anglais lorsque la ville avait été libérée, et qu’il avait pu reprendre sa carrière dans la police en plein secteur américain. Cette nuit, on l’avait tiré de sa rêverie dans son bureau miteux pour l’amener avec son collègue Dorn au beau milieu de la jungle froide laissée par les Nazis en lieu et place du cimetière juif de Währing.

« J’aime pas ça, Rolf… » murmura Dorn entre ses dents, soufflant un léger panache cristallin devant lui.

Terwull demeurait silencieux. Il n’aimait plus vraiment parler depuis que de beaux messieurs blonds en long manteau noir étaient venus le chercher chez lui pour faire la causette, quelques années auparavant. Sur son passage, il scruta quelques pierres tombales brisées, à moitié couvertes de végétation morte, et scintillantes de givre à la lueur des lampes. Il y reconnut quelques étoiles de David. Il ne savait trop ce qu’il ressentait en ces lieux – indifférence, compassion envers les Juifs dont il avait en partie partagé le sort pendant la guerre, colère ou peur de ce qu’il allait découvrir.

« Que s’est-il passé exactement lieutenant Baker ? demanda Dorn aux Américains dans un anglais hésitant.

− On rentrait d’une patrouille, répondit Baker, un grand costaud avec une gueule d’affiche de cinéma. On s’est fait arrêter par deux types qui voulaient du feu pour leurs cigarettes. On est restés causer un moment avec eux, et c’est là qu’on a entendu… »

Il s’interrompit.

« C’était horrible. J’ai combattu dans la région en quarante-cinq, je sais reconnaître le cri presque inhumain d’un homme blessé…

− Je vous crois… » soupira Dorn d’un air las.

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Illustration du Sang des Wolf

Ah les cris, songea Terwull, encore fallait-il avoir encore la force de crier, pas comme ces pauvres diables qui s’étaient faits massacrer sans piper mot au camp… Il s’immobilisa soudain. Son regard s’était arrêté sur une traînée rouge maculant un tas pierreux entremêlé de racines et de croûtes de glace. Il s’écarta afin que ses compagnons admirassent le spectacle.

« Approchez-vous… Dirigez la lampe par là… asséna-t-il sèchement aux Américains, lorsqu’il contourna l’amas de pierres souillées.

− Il faut suivre ces traces ! » s’exclama Baker, tandis que ses trois hommes levaient leurs torches en tremblant, perçant une trouée lumineuse devant eux.

Quelle perspicacité, les Yankees ! Terwull réprima un sourire amer. Allemands ou Alliés, les occupants se ressemblaient sur un point : ils savaient toujours tout faire mieux que les flics ! Non sans malice, l’inspecteur s’avança en bondissant sur la pierraille, évitant comme il pouvait la bouillasse dans laquelle pataugeaient les Américains. L’un d’entre eux jura lorsqu’une branche basse lui gifla le visage. L’inspecteur retrouva des éclaboussures écarlates dans la boue à moitié gelée. Il regarda aussi loin que portait la lumière des lampes, et remarqua que la végétation se clairsemait. Dans cette direction, le sang semblait avoir dessiné un ruban rouge serpentant entre les fourrés. Terwull accéléra le pas, n’attendant même pas ses compagnons qui peinaient à le suivre.

« Attends, Rolf ! » lui intima Dorn qui courait presque sur ses jambes courtes.

Terwull se figea quand enfin il déboucha sur un terrain dégagé. Dorn et les Américains le rattrapèrent, puis s’arrêtèrent à sa hauteur. Le silence tomba comme une chape de plomb. Le cimetière, ou du moins ce qu’il en restait, s’étendait devant eux. Des fosses sombres dont nul ne voulait connaître le contenu, alternaient avec des monticules pierreux et des stèles gisant dans la neige boueuse. On s’était tant acharné sur ce sol qu’il semblait ne plus rien supporter de ce que l’homme avait pu y construire ou y enterrer, comme frappé d’indigestion. Terwull entendit Dorn claquer des dents. Ils ne devaient pas s’appesantir, ils étaient là pour quelque chose…

Quelque chose qui se rappela à eux par un léger éboulis. L’inspecteur, Dorn, le lieutenant et ses troufions sursautèrent comme un seul homme. Ils tournèrent la tête et dirigèrent leurs torches dans la direction d’où leur semblait provenir le bruit.

« Là ! » s’écria un soldat.

Terwull s’élançait déjà à l’assaut d’un mausolée tombé en ruine, couvert de gel et de sang. Baker lui courut derrière, tandis que ses hommes et Dorn se tinrent prudemment en retrait, torche et révolver braqués sur les ténèbres environnantes, au bout de leurs bras tremblants. A présent, ils entendaient tous clairement un grondement. Terminant difficilement leur courte ascension, l’inspecteur et le lieutenant se hissèrent sur les restes d’une tombe gravée de signes hébraïques. Une piste sanglante s’offrit à leurs yeux en contrebas, là d’où montait toujours ce grondement obsédant. Ils virent d’abord comme deux billes luisant dans le noir, au-delà du cercle lumineux dispensé par la lampe de Baker. Retenant son souffle, Terwull regarda la lumière glisser sur une imposante stèle artistement sculptée. Un grand loup y gisait, le flanc se soulevant et se rabaissant au rythme de sa respiration saccadée, la fourrure rouge de sang.

« Quoi ? s’étonna Baker. Tout ça… pour un loup ?

− Oui, mais comment est-il arrivé ici ? » répliqua l’inspecteur, sous le coup d’un étrange pressentiment.

Il regarda attentivement autour de lui.

« C’était quoi ça ? cria soudain Dorn derrière.

− De quoi ? lui jeta Terwull avec irritation.

− Là-bas, ça bouge, mon lieutenant ! » renchérit un soldat.

Pour lire la suite, c’est par ici! Je vous invite à vous reporter au résumé et à la table des matières! N’hésitez pas à commenter et à me faire part de vos impressions! Je vous souhaite une bonne lecture à tous, et un excellent dimanche! A bientôt pour d’autres extraits ou sur le site Le Sang des Wolf!
Ce texte est protégé, et ne peut être reproduit sans autorisation écrite de ma part.

Blanche Mt.-Cl.

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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